«Tout Bécancour en parle»

Par Martin Sylvestre
«Tout Bécancour en parle»
Jean-Marcel Rheault et Nicole Pépin

C’est à la manière de la populaire émission «Tout le monde en parle» que s’est déroulé le 26e rassemblement annuel des autorités de la Chambre de commerce et d’industrie de Bécancour. Une nouvelle formule qui a été fort appréciée par la centaine de convives présents à l’activité.

«Tout Bécancour en parle», voilà la thématique sur laquelle les conférenciers (Jean-Marcel Rheault, Nicole Pépin, Maurice Richard, Luc Bouvet, Guillaume Langlois et Ghislain Bourque) devaient se prononcer. Ces derniers devaient également répondre aux mille et une questions de l’animateur Marc Rochette et du fou du roi de la soirée, l’ex-maire de Bécancour Jean-Guy Dubois.

C’est à Jean-Marcel Rheault et Nicole Pépin, deux retraités de la Ville de Bécancour, qu’est venu l’honneur de briser la glace. Tour à tour, ils ont transporté l’auditoire dans l’histoire de la municipalité en y allant de plusieurs anecdotes, de leur début jusqu’au moment de leur retraite. Ils ont fait sourire l’auditoire lorsque l’animateur leur a posé la traditionnelle question qui tue. Que pensez-vous du fait qu’aujourd’hui près de 90 personnes sont nécessaires pour faire le travail que vous faisiez à cinq?

«On travaillait», a répondu tout de go M. Rheault. «C’était avant qu’ils se syndiquent», a renchéri Mme Pépin.

Le point de vue du maire

Le maire de Bécancour Maurice Richard était un des interlocuteurs les plus attendus de la soirée. Après avoir raconté sa passion pour la politique et surtout, pourquoi il en était toujours un acteur majeur, «car vous ne voulez pas y être», a-t-il lancé en blague aux gens d’affaires, il a abordé les grands dossiers qui prévalent actuellement dans la municipalité.

De la nature complémentaire de Bécancour vis-à-vis Trois-Rivières, Victoriaville et Drummondville en passant par la perte de l’Académie mondiale de boxe, de la centrale nucléaire Gentilly II et le développement du parc industriel et portuaire de Bécancour, le maire Richard n’a pas joué à l’autruche lorsque questionné sur la présence d’un train rapide sur la rive sud.

«S’il arrête partout, rive nord ou rive sud, il ne sera pas bien bien rapide. Dans ma tête à moi, c’est Québec, Montréal, les États-Unis ensuite bye bye. Un train rapide, c’est un train rapide pas une «run» de lait.»

Sujet chaud, non seulement à Bécancour, mais aussi dans toute la province, l’exploitation des gaz de schiste n’a pas fini de faire jaser.

«On devrait faire comme dans le nucléaire et dans notre industrie agroalimentaire en bâtissant notre propre expertise québécoise petit à petit. Je dis autorités gouvernementales que c’est intéressant d’aller voir ce qui se fait dans l’Ouest et aux États-Unis, car c’est bric-à-brac et ainsi on voit ce qu’il ne faut pas faire», a-t-il avisé.

L’héritage de Ghislain Bourque

Après avoir pris tout le monde par surprise dernièrement en annonçant son retrait du poste de recteur de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Ghislain Bourque faisait sa première sortie publique. Un départ dans lequel M. Bourque se sent très à l’aise puisqu’il ne laisse pas une université en mauvaise posture. Implantation de divers centres hors campus dont un à Drummondville, atteinte du déficit zéro dans les finances ainsi qu’une augmentation du nombre d’étudiants sont au nombre des principales réalisations du recteur.

La santé, un enjeu majeur

En guise de conclusion, les médecins Luc Bouvet et Guillaume Langlois ont fait le point sur la situation de la santé à Bécancour. Ils ont notamment soulevé de nombreuses inquiétudes à propos d’une possible pénurie de médecins. La raison est qu’un «vieux» médecin traite actuellement de 4000 à 5000 dossiers et qu’un plus jeune ne peut en prendre que 900.

«Il y a matière à s’inquiéter, car nous sommes cinq médecins dans la cinquantaine qui ont la majorité des dossiers», a annoncé M. Bouvet.

«Une des solutions est de se regrouper en communauté comme nous l’avons fait à Ste-Gertrude, à la Coop de santé et solidarité», a pour sa part établi Guillaume Langlois.

«Si on organise bien les services et on enlève la partie administrative, on peut doubler l’efficacité d’un médecin de famille», a-t-il rajouté.

Les deux professionnels de la santé ont aussi fait savoir que l’implantation d’une faculté de médecine à Trois-Rivières faisait en sorte que la pénurie de médecins annoncée il y a quelques années est maintenant en veilleuse.

Finalement, la soirée s’est terminée dans la bonne humeur avec la présence de Michel Mailhot et Bonhomme, du Carnaval de Gentilly. Le plus vieil événement du genre, entièrement bénévole, au Québec.

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