Sept municipalités déversent leurs égouts dans la nature

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Par Audrey Leblanc
Sept municipalités déversent leurs égouts dans la nature
En 2017

EAUX USÉES. En 2017, sept municipalités de la Rive-Sud déversent toujours leurs égouts dans l’environnement. La plupart d’entre elles ne sont pas dotées d’installations pour le traitement des eaux usées.

Selon des informations obtenues par la Loi sur l’accès à l’information, chacune des municipalités concernées a déposé un plan d’action au ministère de l’Environnement pour remédier à la situation.

Elles doivent toutefois faire vite puisque les travaux devront être réalisés au plus tard en décembre 2020. C’est ce que stipule une réglementation adoptée en 2013 par le gouvernement. Pour répondre aux exigences, les municipalités sont tenues de construire des installations de traitement des eaux usées ou de moderniser l’équipement existant.  

Pour les plus petites municipalités, les dépenses liées à de tels travaux sont importantes. C’est pourquoi elles comptent beaucoup sur l’aide financière du gouvernement pour réduire la facture.

À Saint-Pierre-les-Becquets, le projet est évalué à 15M$. C’est la seule municipalité de la Rive-Sud qui ne possède aucun système de traitement des eaux usées. Tout est rejeté directement dans le fleuve. On retrouve notamment dans la municipalité une école secondaire, un CHSLD et une résidence pour personnes âgées.

«On est à l’étape de l’étude préliminaire, indique Yves Tousignant, maire de Saint-Pierre-les-Becquets. Après, ce sera les appels d’offres. On aimerait que ça se fasse à l’hiver 2017 pour que le projet soit fini en 2018. C’est sûr qu’on veut que ce soit le plus tôt possible.»

Bientôt de nouvelles installations

À Sainte-Monique, le maire Marc Descôteaux fait du traitement des eaux usées sa priorité. «Je suis revenu pour un deuxième mandat juste pour ça, lance-t-il. C’est environ une centaine de résidences qui sont concernées.»

«Les eaux usées se jettent dans la rivière, ajoute-t-il. On veut faire une captation au bout pour assainir les eaux. On a déjà fait plusieurs tests. J’espère que ce sera fait en 2017. Ce n’est pas évident, on doit jongler avec les requêtes du gouvernement et les différents programmes.»

La municipalité de Saint-Zéphirin-de-Courval déposera son projet au printemps. Celui-ci consiste à construire une nouvelle station. «On a des étangs présentement, mais ce n’est pas conforme. La nouvelle station, c’est un investissement de plus d’un million de dollars. Environ 140 maisons sont touchées, incluant le nouveau développement domiciliaire», précise le maire, Mathieu Lemire.

À Pierreville, il faut refaire au complet l’usine d’épuration. Il s’agit d’un projet d’environ 2M$. L’objectif du conseil municipal est que les travaux soient exécutés d’ici un an et demi. «On va aller dans les résidences pour faire des tests pour s’assurer que tout le monde est conforme. On va aussi offrir le choix aux citoyens qui ont des fosses septiques de se brancher au réseau municipal», mentionne André Descôteaux, maire de Pierreville.

Premiers balbutiements

La municipalité de Sainte-Sophie-de-Lévrard vient tout juste de se pencher sur le problème. «On a engagé un consultant pour connaître nos options pour qu’on puisse faire le meilleur choix. On verra ce qu’on fera chez nous, mais on veut connaître les options avant», explique le maire, Jean-Guy Beaudet.

Du côté de Sainte-Marie-de-Blandford, le maire Louis Martel et son conseil cherchent aussi la solution idéale. «On a une idée de ce qu’on va faire, mais les travaux ne sont pas commencés, précise M. Martel. Il y a environ 200 résidences concernées par cette situation.»

Pour ce qui est de Sainte-Cécile-de-Lévrard, un projet avait été entrepris il y a 10 ans, mais a dû être recommencé puisque les règles du ministère ont été resserrées entre temps. «Maintenant, on est à l’étape des tests. On va bientôt recevoir le rapport de ces tests. Après, on va pouvoir aller en appel d’offres. C’est un projet de plus d’un million de dollars. On veut que ce soit fait d’ici 2 ou 3 ans», indique Amélie Hardy-Demers, directrice générale de la municipalité.

Zone grise

Quant à la municipalité de La Visitation-de-Yamaska, elle se retrouve dans une zone grise. Le système qu’elle détient n’a pas été déclaré non conforme jusqu’à présent. Toutefois, il a atteint le maximum de sa capacité. Aucune autre maison ne peut donc être rajoutée sur le système.

«On a un système de décantation et ce n’est pas fréquent. Il y a 33 résidences sur ce système, indique Suzanne Bibeau, directrice générale de La Visitation-de-Yamaska. C’est un problème de ne pas pouvoir rajouter de maisons sur le système si on veut développer au niveau résidentiel.»

Une étude sur la façon de faire de la municipalité a été entreprise il y a un an. Le conseil municipal attend les résultats de cette étude pour ensuite les transmettre au ministère. «On va voir ce que le ministère va nous dire en fonction de l’étude. Ça nous permettra de nous orienter pour savoir quoi faire par la suite. On connaîtra nos options pour un éventuel développement résidentiel», mentionne Mme Bibeau.  

Liste des municipalités concernées sur la Rive-Sud

  • Saint-Pierre-les-Becquets
  • Pierreville (secteur Notre-Dame-de-Pierreville)
  • Sainte-Cécile-de-Lévrard
  • Sainte-Marie-de-Blandford
  • Sainte-Monique
  • Sainte-Sophie-de-Lévrard
  • Saint-Zéphirin-de-Courval
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