L’évolution des monuments funéraires

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Par Patrick Vaillancourt
L’évolution des monuments funéraires

PIERRES TOMBALES. Comment l’industrie des pierres tombales a évolué au fil du temps? Est-ce que l’industrie est moins prospère aujourd’hui avec la popularité des crémations? TC Media a voulu en savoir plus en discutant avec deux entreprises de la région: Monuments Trudel à Shawinigan et Monuments Boucher à Trois-Rivières.

Les deux propriétaires évoquent le même point: les monuments funéraires sont moins populaires qu’il y a 20 ans en raison de l’augmentation des incinérations au Québec. «Je me demande pourquoi les familles achètent des urnes plutôt qu’un monument familial, soutient Marjolaine Trudel des Monuments Trudel. Ça reviendrait moins cher d’acheter un monument que toutes des urnes. Je crois que la popularité des crémations est en hausse parce que les gens veulent garder un souvenir de la personne décédée de son vivant en ne la voyant pas dans le cercueil. Personnellement, c’était une belle image pour moi de voir mon père dans son cercueil, et de l’imaginer qu’il est en terre de tout son long. Ça serait plus difficile pour moi de le voir bien dans une petite boîte.»

De son côté, le propriétaire de Monuments Boucher, Jean Boucher, abonde dans le même sens. «Nos ventes ont diminué parce qu’il y a beaucoup plus d’incinérations aujourd’hui. Mais comparativement aux années 1980 où on était trois fabricants de monuments à Trois-Rivières, je suis seul aujourd’hui alors c’est ce qui me permet de dire que je survis. Aussi, nous répondons à des clients des secteurs ruraux qui sont plutôt restés dans les mœurs des vieilles traditions avec l’enterrement, ce qui n’est pas le cas pour Trois-Rivières ou Cap-de-la-Madeleine.»

Personnalisés

Depuis une quinzaine d’années, les monuments funéraires sont beaucoup plus personnalisés. «Souvent, les gens arrivent avec une image qu’ils veulent voir être reproduite sur la pierre. Par exemple, nous venons de faire un monument pour une personne de Saint-Tite qui voulait voir la ferme sur la pierre. Ça donne un beau cachet», ajoute M. Boucher.

«Avec la technologie, la clientèle a changé, les gens sont plus renseignés. Ils vont voir sur Internet avant de venir nous voir, et ils savent ce qu’ils veulent», ajoute M. Boucher.

Est-ce que les entrepreneurs anticipent la vague de mortalité à venir avec la population vieillissante et la génération des baby-boomers? «Environ 40% des monuments qu’on fait sont pour des personnes qui ne sont pas encore décédées. Les gens prennent leur précaution en s’occupant de leur préarrangement funéraire de leur vivant», indique M. Boucher.

De son côté, Mme Trudel n’avait pas songé à ce point. «Nous allons nous adapter lorsque la vague arrivera.»

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