Les «verts» contestent le recours à la centrale thermique

ENVIRONNEMENT. En dormance depuis plusieurs années, la centrale thermique de Bécancour pourrait reprendre du service pour combler des besoins d’Hydro-Québec en période de pointe hivernale.

Mais pas si vite… le Regroupement des organismes environnementaux en énergie (ROEE) a annoncé son intention de s’opposer à la demande devant la Régie de l’énergie.

Selon eux, pour chaque 100 heures d’utilisation, tel que prévu dans la demande, Hydro-Québec accroîtrait les émissions de gaz à effet de serre, de 20 000 à 60 000 tonnes annuellement, soit l’équivalent de 5000 voitures.

Pour le ROEÉ, les centrales thermiques constituent «une option de dernier recours». Dans un communiqué émis, mardi, le groupe estime aussi que «les besoins en puissance électrique peuvent être satisfaits par une meilleure gestion de la demande à la pointe et des efforts accrus en efficacité énergétique, notamment en maximisant les programmes d’Hydro-Québec.»

Selon le Regroupement, Hydro-Québec peut notamment compter sur un potentiel technico-économique de 1360 MW de puissance à la pointe simplement en relançant son programme de biénergie qu’elle offrait autrefois à ses clients du secteur commercial et institutionnel.

Le ROEE indique que «de nouvelles technologies émergent et qu’il est imprudent de s’engager pour vingt ans encore dans l’achat d’électricité de source fossile. Nous pensons par exemple aux perspectives de systèmes de stockage d’énergie de grande capacité pour réseaux électriques, permettant de répondre aux pointes de demande des réseaux électriques.»

D’autant plus que dans la perspective de la sortie prochaine des propositions du gouvernement Couillard pour une nouvelle politique énergétique, le ROEÉ insiste sur le fait que les cibles d’Hydro-Québec en matière d’efficacité énergétique sont bien en deçà du potentiel.

«L’ajout d’énergie électrique produite à partir de combustible fossile, au Québec, apparaît comme une aberration à l’aube du sommet de Paris sur le climat», rappelle Christian Simard, de Nature Québec et membre du Regroupement.

Déjà un milliard $ de perte

On se souviendra que la centrale de cogénération, qui pouvait également produire de la vapeur pour les entreprises du parc industriel et portuaire de Bécancour, a été construite alors que le gouvernement Charest voulait combler les besoins en énergie anticipés à cette époque et rencontrait énormément de contestation pour son Projet du Suroît, une centrale thermique qui devait produire 836 mégawatts à Beauharnois.

La fermeture de plusieurs grandes industries a fait en sorte que la Société d’État nage dans des surplus depuis quelques années, si bien qu’elle n’aura été opérationnelle que pendant quelques mois seulement.

Depuis 2008, elle a été utilisée à quelques reprises, et environ 1 milliard $ a été versé en compensation à TransCanada, mais Hydro Québec Distribution remet sur le tapis le spectre des besoins énergétique, et ce, à partir de 2018.

Le regroupement fait remarquer qu’il est difficile d’évaluer avec précision les coûts supplémentaires que devra verser Hydro-Québec à la compagnie TransCanada pour ce nouveau contrat d’une durée de 20 ans, étant donné que «le texte déposé à la Régie de l’énergie a été caviardé en invoquant la position concurrentielle de l’entreprise».

 

Sébastien Lacroix (@Sebas_Lacroix)