Le e-commerce: une valeur ajoutée

Par Sylvie Branch
Le e-commerce: une valeur ajoutée

Le commerce en ligne est une tendance encore timide en région. Les produits sont autant disponibles en magasin que sur le Web. Arrivera-t-il le jour où l’on achètera tout depuis notre écran d’ordinateur?

«Il y a de nouveaux modèles d’affaires qui ont été développés avec Internet. Je pense par exemple aux échanges entre particuliers et au phénomène Ebay où les enchères sont revenues au goût du jour», indique William Menvielle, professeur en Marketing à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Les commerçants peuvent envisager d’exploiter une vitrine Web afin d’avoir plus de visibilité ou même pour offrir les produits et services en ligne. Par contre, ces changements ne se font pas sans coûts et l’entrepreneur doit être bien préparé.

«Je pense que l’aspect transactionnel en ligne fait partie de l’avenir. Il faut cesser d’avoir peur. Il peut y avoir autant de fraudes en magasin que sur Internet. Les gens vont devoir faire confiance», déclare Steve Renaud, président de la Jeune Chambre de commerce de la Mauricie.

Un modèle

Concernant le modèle d’affaires, les entreprises locales peuvent s’inspirer de ce qui est offert sur Internet. «Quand vous achetez un roman policier sur Amazone, le système va vous dire ce que les autres clients ont aussi acheté en se procurant le roman. Si l’ordinateur le fait, peut-être que le magasin pourrait adopter cette approche», soutient M. Menvielle.

Selon lui, il ne faut pas être alarmiste face au e-commerce. C’est une tendance parmi tant d’autres. «Il ne faut pas paniquer, mais dans certaines catégories de produits des commerces ont peut-être vu un déplacement des ventes parce que les gens trouvaient des items moins chers ailleurs. Il y a aussi l’effet nouveauté», ajoute le professeur.

Il est conscient que la vente en ligne peut représenter une charge de travail supplémentaire pour un petit commerçant. Tout comme dans le magasin, il faut gérer le système, mettre à jour l’inventaire et en plus il faut s’assurer de l’envoi des colis.

Frileux

Les transactions en ligne ont pris de l’ampleur en 2009 au Canada selon une enquête de Statistique Canada. Le pourcentage des utilisateurs d’Internet à domicile qui commandent des biens ou des services via le Web est de 50%.

«Il y a une certaine stagnation concernant le commerce en ligne au Québec. Peut-être que c’est dû à la population vieillissante. Une chose est certaine, il y a toujours des craintes quand vient le temps de dévoiler son identité ou de donner ses informations bancaires sur Internet», explique William Menvielle.

D’après le professeur, le choix est plus limité pour les internautes québécois. Les entreprises avec des sites Internet en français sont plus rares. Il y a un risque de tomber sur une page Web en Europe. «Si l’internaute a des craintes pour acheter en ligne, imaginez lorsque vient le temps de commander de l’autre côté de l’océan! À ça s’ajoute la peur de ne pas recevoir son colis dans un bon état ou même de ne pas le recevoir du tout», confie M. Menvielle

L’exemple de l’Écomarché

Depuis un an, l’Écomarché.ca offre d’acheter son épicerie localement et en ligne.

L’entreprise basée à Trois-Rivières fonctionne bien. En moyenne, de 60 à 100 commandes sont passées par semaine pour des factures tournant autour des 50$.

«Sans Internet, ça aurait été difficile de voir naître un concept comme celui-là. Le Web nous permet d’être polyvalents et rapides», observe Nadine Boisvert, cofondatrice de l’Écomarché.ca.

L’entreprise a un point de livraison dans des Chenaux et un à Trois-Rivières. Vu l’engouement des utilisateurs, des projets sont en branle du côté de Shawinigan et dans le secteur Cap-de-la-Madeleine.

80% du chiffre d’affaires est basé sur Internet. Quelques ventes sont faites en magasin, mais c’est minime comparé au Web. Bien que l’Écomarché.ca se caractérise comme un commerce en ligne, les consommateurs ne paient pas sur le Web. Ils font leur commande et s’engagent à payer au point de livraison. «Puisque les gens n’ont pas à payer sur Internet, peut-être que ça leur donne plus confiance et envie de commander leur épicerie en ligne. On est conscient qu’on change les habitudes», souligne Mme Boisvert.

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