Le chanvre: une culture qui pose plusieurs défis

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Par Sebastien Lacroix

AGRICULTURE. La culture du chanvre demeure expérimentale pour RDR Grains et Semences qui vient de lui consacrer environ 10% des 500 hectares qu’elle possède sur la Rive-Sud.

L’entreprise nicolétaine avait un peu d’expérience dans le domaine pour en avoir battue pour d’autres producteurs dans de petits champs, à Sainte-Angèle-de-Laval et à Gentilly, il y a deux ans, mais sans plus.

L’an prochain, l’entreprise prévoit planter 33 hectares. Peut-être plus, si jamais le «blé d’automne» ne pousse pas comme prévu à certains endroits. Du chanvre pourrait donc faire son apparition à Nicolet, Saint-Grégoire, Sainte-Angèle ou Sainte-Monique, où l’entreprise possède un total de 500 hectares.

L’entreprise pourra tirer profit des erreurs qu’elle aura commises, alors qu’elle en était à sa première tentative à grande échelle. Cette année, la principale cause de la perte de rendement s’est faite lors du semis, si bien que la levée n’a pas été bonne.

L’entreprise avait un vieux semoir qu’elle réglait manuellement et qui ne s’ajustait pas à la fermeté et à la nature du sol. Si bien que le grain ne s’est pas planté systématiquement à un demi-pouce. «Si on dépasse les trois quarts de pouce de profondeur, le grain ne sortira même pas du sol», explique le propriétaire.

C’est pourquoi l’entreprise souhaite se procurer un nouveau semoir qui a été présenté à l’exposition agricole de Saint-Hyacinthe. Muni d’une toute nouvelle technologie, il est en mesure de détecter le type de sol pour s’ajuster et contrôler la profondeur à laquelle il sème la graine.

On ne sème pas non plus le chanvre à n’importe quel endroit. «Il faut un sol drainé, nivelé et riche. Sinon, ça ne fonctionnera pas», explique le propriétaire, qui estime qu’une plantation de chanvre ne peut pas revenir au même endroit avant 2, 3 ou 4 ans.

Les sept à dix premiers jours après les semences sont critiques. S’il pleut et qu’il fait ensuite très chaud dans les jours suivants et qu’il se forme une croûte, c’est foutu. «Le chanvre n’aura pas la puissance nécessaire pour sortir du sol, souligne David Proulx. Une fois que la plante est sortie, c’est même mieux s’il y a une croûte, parce que ça empêche la mauvaise herbe de pousser.»

Les étapes suivantes ne sont pas non plus de tout repos. Lors des récoltes, il faut apporter une attention de tous les instants puisque le chanvre risque de s’enrouler sur les éléments de moissonneuse-batteuse et peut même causer un incendie de l’imposante machinerie, qui se détaille entre 300 000$ et 600 000$.

Par la suite, le traitement en usine demande aussi plusieurs particularités. D’abord, comme le chanvre est récolté avant maturité, les grains sont encore humides. «Il faut qu’il soit déchargé et séché immédiatement pour ensuite être traité pour enlever les impuretés», ajoute David Proulx.

Comme le client demande que le tout soit «sans gluten», un nettoyage extrêmement minutieux doit être effectué afin de s’assurer qu’il ne soit pas en contact avec d’autres productions qui en contiennent, comme le blé.

 

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