La révolution de la marqueterie

Par superadmin
La révolution de la marqueterie
Photo Le Courrier Sud

Nancy Bordeleau est une enfant du bois. La jeune femme de St-Grégoire a en effet grandi dans une famille d’ébénistes, mais avait choisi le design d’intérieur comme métier. C’était avant que la passion de la fibre ne la reprenne et la pousse à créer une méthode révolutionnaire de fabrication de marqueterie.

«Je suis tombée dans la marqueterie un peu par hasard, et au début ça devait être un passe-temps», explique celle qui voulait en effet, par amour du dessin, trouver une façon de reproduire ses œuvres en grand format. «La peinture ne m’a pas accroché. Je me suis alors dit que je pourrais découper en bois ces grandes calligraphies japonaises que je faisais», se souvient-elle.

Femme déterminée, Nancy Bordeleau n’a pas fait les choses à moitié. «J’ai fait beaucoup de recherche et j’ai découvert qu’une technique de découpage au laser existait», raconte celle qui a ainsi immédiatement commandé l’équipement en question, disponible seulement en Autriche!

Quand je l’ai reçu, j’ai réalisé que la technique proposée prenait beaucoup de temps. J’ai changé des choses, j’ai modifié la technique et j’ai développé un système où le découpage peut se faire beaucoup plus rapidement», explique-t-elle.

Un contact avec l’artiste trifluvien bien connu Jean Beaulieu, qui devant la qualité du travail acceptait de lui proposer de ses dessins si particuliers, et NX Marqueterie était né. «Les gens sont surpris, parce que ça réinvente la marqueterie, qui est encore perçue comme du bricolage avec du bois ou un mélange de bois dans un plancher!», note Mme Bordeleau. «Moi, je ne fais pas de plancher. J’ai une production très artistique: des tableaux grands formats, des tables de bistro, des meubles divers.» Des produits haut de gamme, sur commande, pour lesquels des essences de bois aussi diverses qu’exotiques sont utilisées. «Je peux utiliser plus de 400 variétés de bois. De l’érable pommelé, du wingui, du hêtre, du merisier, de l’acajou, du sapelé», explique-t-elle. «Ils ont chacun une couleur, une texture… ce sont mes tubes de peinture à moi!»

Entrepreneure structurée, la jeune femme a tôt fait de comprendre aussi que l’amour de l’art ne suffirait pas à faire vivre une entreprise aussi spécialisée que la sienne. «En tant qu’artiste qui travaille avec le bois, j’ai de grands défis d’éducation à faire auprès de la clientèle, pour montrer les possibilités et ce que peut donner un travail bien fait», détaille Nancy Bordeleau. «Mais je dois aussi manger!», s’exclame celle qui a gagné à l’automne le prix «Coup de cœur» au concours Gagnez votre entreprise.

C’est pourquoi elle a mis sur pied un deuxième volet à son entreprise, où elle assurera une production plus commerciale et accessible. «Je vais fabriquer et distribuer des médaillons de planchers, qui pourront être achetés tout faits et prêts à être installés. Les tests de résistance sont faits, j’ai trouvé le vernis à séchage UV nécessaire, ça sera aussi résistant qu’un plancher pré-verni et très accessible côté prix», explique-t-elle.

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