La fin de la Reine des Érables?

Par superadmin

Elles sont loin les années où Roland Charbonneau avait la motivation et l’énergie pour accueillir des autobus scolaires bondés d’enfants impatients de se sucrer le bec à la Reine des Érables, une érablière située sur le 10e rang, à Saint-Wenceslas.

«Pendant les 32 dernières années, j’ai donné mon 110%. Dans les années 80, on pouvait recevoir jusqu’à 12 000 clients pendant la saison des sucres et une quarantaine de groupes louaient notre salle par année! Aujourd’hui, quelque 4000 personnes nous rendent visite pendant la saison et environ quatre groupes louent la salle annuellement», raconte-t-il.

Depuis deux ou trois ans, M. Charbonneau croit avoir perdu la flamme qui l’animait autrefois pour maintenir son commerce à flot. «Oui, l’achalandage et la demande dans la région sont moins grands qu’auparavant, mais c’est aussi parce que je suis tanné de la restauration. Je n’ai plus d’énergie à mettre là-dessus, donc la motivation en prend un coup», note M. Charbonneau.

Il y a quelques années, la Reine des Érables a pris des mesures pour réduire ses heures d’ouverture et ses effectifs. «Nous avons décidé de n’ouvrir que les fins de semaine pendant les sucres, puis d’implanter le concept de buffet afin que les gens se servent eux-mêmes. Ce qui a fait en sorte nous n’acceptions plus les groupes d’enfants et d’âge d’or», explique-t-il.

Par ailleurs, les nouvelles normes gouvernementales en matière d’alimentation n’ont fait que rajouter un fardeau supplémentaire. «C’est rendu très complexe de gérer un service de restauration. Sans compter que la gestion de personnel est aussi devenue ardue. Imaginez devoir recruter 24 employés pour six fins de semaines consécutives et devoir recommencer le tout à chaque année! C’était devenu trop exigeant», soutient celui qui avait acquis l’endroit des mains de Gaston Bergeron et d’Antoinette Dionne en 1980.

Il affirme aussi que le domaine de la restauration dans la région bat de l’aile. «Prenez par exemple le restaurant le Lys qui a fermé ses portes ou encore le Madrid qui sera remplacé par du "fast-food". La véritable restauration n’est pas un domaine très prisé par les temps qui courent…», croit-il.

À la recherche d’une relève

C’est donc dire qu’au printemps, si aucune relève ne se manifeste, l’homme d’affaires mettra la clé dans la porte de la Reine des Érables.

Il désire donc vendre son fond de commerce, qui comprend quatre bâtisses et un terrain de 37 acres et demie, pour un montant de 495 000$. «Mes deux garçons ne sont pas intéressés à reprendre le flambeau dans ce domaine. Or, si quelqu’un se manifeste, je suis prêt à l’aider en lui laissant le nom, les recettes, les équipements, etc. Avec de la motivation et du cœur au ventre, je crois que nous pourrions faire tripler le chiffre d’affaires qui est actuellement d’environ 100 000$» soutient-il.

D’autres avenues commerciales pourraient également être empruntées pour exploiter les lieux, à son avis. « Pourquoi pas démarrer une micro-brasserie, ou encore, un relais pour les motoneigistes? Le site serait idéal!»

Selon lui, l’endroit est unique en son genre. «Ici, c’est la tranquillité assurée. Nous n’avons pas de voisin à moins d’un demi-kilomètre et il y a une possibilité de 4000 entailles. De plus, il y a beaucoup d’espace si quelqu’un voulait agrandir», songe M. Carbonneau. « Le potentiel est vraiment là pour une personne qui a le goût de se lancer en affaires. Quant à moi, je rêve de l’année où je ferai autre chose que du sirop!», conclut-il.

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