Jours sombres au Manoir Ste-Monique

Par superadmin
Jours sombres au Manoir Ste-Monique
Le Courrier Sud.

À peine un an après avoir ouvert officiellement le Manoir Ste-Monique, son propriétaire Daniel Vendette est contraint de vendre précipitamment les lieux. Atteint d’une maladie rare, qui s’attaque à ses muscles, l’homme dans la quarantaine cherchera ailleurs qu’au Québec une façon de sauver sa vie.

«C’est une vente de feu que je fais. Ça fait un an que j’ai des symptômes, mais les médecins m’ont juste confirmé il y a deux mois ce que j’avais. Et ils m’ont dit de tout arrêter. D’ailleurs, je suis tellement fatigué que je ne peux pas être fonctionnel plus de trois ou quatre heures dans une journée», explique celui qui a perdu plus de 50 livres en six mois.

Pourtant, tout semblait aller pour le mieux dans l’univers de Daniel Vendette, qui a ouvert sa nouvelle résidence pour personnes âgées à l’été 2007 et qui y a investi plus d’un demi-million$. «Le projet dépasse nos attentes. On a le vent dans les voiles. Le personnel est bon, les 9 chambres sont louées et 4 des 5 appartements qu’on a sont déjà occupés, on a même déjà atteint le seuil de rentabilité», affirme Daniel Vendette, qui vient néanmoins d’afficher sa résidence à 395 000$. «Je vends tout, tout de suite. J’avais une autre résidence pour personnes âgées à Granby et une entreprise à Montréal spécialisée dans la préservation de scènes de crime. J’ai tout liquidé. Il ne me reste que le Manoir Ste-Monique», détaille le propriétaire, découragé par la tournure des événements. «Le neurologue et tous les médecins n’arrêtent pas de me dire qu’il faut que j’arrête tout, mais il n’y a pas vraiment de traitement ici pour ce que j’ai. Je vais aller voir aux États-Unis, j’espère que là ils pourront m’aider. C’est le petit espoir qu’il me reste», raconte-t-il, visiblement ébranlé par la situation et blessé par les rumeurs auxquelles elle a déjà donné naissance. «J’ai annoncé la nouvelle à mes employés il y a deux mois. Tous ceux qui me connaissent savent que c’est très difficile. Il y a des rumeurs folles. J’entends toutes sortes de choses: que je fais faillite, que je cache la vérité et qu’en réalité j’irai en prison parce que j’aurais battu ma femme. Vous savez quoi? Ça c’est né parce qu’elle a subi une opération à la gencive qui a entraîné un bleu à la joue pendant quelques jours», raconte avec un étonnement encore entier celui qui croyait avoir gagné la confiance des citoyens des alentours. «Être dans les résidences pour personnes âgées, ce n’est pas une histoire d’argent, c’est une vocation sociale. Oui, il faut faire ses frais, mais on donne aussi beaucoup. Ici, par exemple, je prête la piscine intérieure et la salle de réception à des groupes de l’âge d’or quand ils en ont besoin. Il se donne des cours d’aquaforme, il y a des activités sociales. Ça ne me rapporte rien, mais c’est important de donner au milieu dans lequel on est», estime-t-il.

Au moment d’écrire ces lignes, Daniel Vendette est parti prendre quelques jours de vacances. S’il ne sait pas quand il se départira du Manoir Ste-Monique, il souligne que le retour ne pourra pas être bien long. «J’ai travaillé 15 heures par jour ici depuis que j’ai acheté. Je me suis vidé», avoue Daniel Vendette, en glissant qu’il ne peut s’empêcher d’espérer, mais que le temps presse.

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