Guerre de ruchers

Par superadmin
Guerre de ruchers
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Denis Leblanc, un apiculteur de Sainte-Monique, ainsi qu’Alexandre Côté, un apiculteur nouvellement implanté dans la région, se livrent un véritable bras de fer depuis quelques mois en raison de la proximité de leurs ruchers à plusieurs endroits dans la région.

M. Leblanc est mécontent que M. Côté ait installé ses ruchers à proximité des siens. Il se dit consterné par l’attitude de M. Côté. «De coutume, les apiculteurs se respectent, et c’est pour cela que nos ruchers sont éloignés les uns des autres d’une distance d’environ 3 km de façon à ne pas déranger la production des autres», croit-il.

 

Pour faire entendre son point de vue, M. Leblanc affirme avoir fait plusieurs démarches pour faire bouger les ruchers d’Alexandre Côté. «Nous avons placé plusieurs appels téléphoniques, envoyé des lettres, fait paraître des lettres ouvertes dans le journal de notre fédération, mais rien ne change», dit-il.

Des recommandations, mais pas de législation

Or, au Québec, les règlements en matière d’occupation du territoire sont plutôt flous. Il s’agit de recommandations plutôt que de législation. De plus, aucun registre public n’est tenu pour tenir l’inventaire et la situation géographique des ruchers.

Jocelyn Marceau du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) estime que c’est une question de «bonnes pratiques.» «Pour son propre bénéfice, ce n’est pas à l’avantage d’un apiculteur d’installer ses ruchers trop près d’un autre apiculteur. C’est à lui de faire son enquête et de faire sa cartographie», dit-il.

 

Quant à la distance requise entre deux ruchers, M Marceau croit que cela dépend notamment de la densité florale du secteur. «Or, selon le Guide de gestion optimale du rucher publié en 2002 par le Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) au moins deux kilomètres entre les ruchers seraient recommandés», affirme-t-il.

 

De son côté, Alexandre Côté estime que les distances à respecter sont relatives et dépendent de plusieurs critères. Même s’il convient que de telles recommandations sont faites par le MAPAQ, il affirme qu’elles sont les mêmes depuis plusieurs années et que depuis, les cultures ont changé.

 

De plus, M. Côté ne croit pas que l’installation de ses ruchers ait nui à la production des autres apiculteurs. Même qu’à son avis, si l’on respectait à la lettre ces recommandations, il n’y aurait plus aucun endroit au Québec pour placer davantage de ruchers et que selon certains experts, le Québec aurait avantage à doubler le nombre de ruches déjà en place.

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