Des nouvelles places en garderie…qui devront attendre

Par Joanie Mailhot
Des nouvelles places en garderie…qui devront attendre

ENFANCE. L’ajout des 361 places dans des CPE et garderies du Centre-du-Québec, annoncé en janvier dernier, est reporté d’au moins un an. En effet, le ministère de la Famille du Québec a récemment avisé 9 CPE et services de garde de la Mauricie et 13 du Centre-du-Québec que leur projet d’agrandissement était reporté.

Le report prévu pour les différents projets est généralement de deux ou trois ans, mais il peut être de quatre ans dans certains cas. Ce changement de cap apparaît moins d’un an après l’annonce, par l’ancien gouvernement péquiste, de l’attribution de nouvelles places en services de garde à 7$ dans la région.

Sur la Rive-Sud, ce renversement de situation touche trois établissements: les Ateliers éducatifs Préface et le CPE Gripette, de Nicolet, et le CPE Chez-moi chez-toi de la MRC de Bécancour. La concrétisation de ces trois projets devait débuter en 2014 et se poursuivre graduellement.

D’abord, pour la garderie Les Ateliers éducatifs Préface, on prévoyait l’ajout de 15 nouvelles places, soit 5 en pouponnières et 10 pour les plus de 18 mois. «Il s’agit de faire des rénovations en vue de réaménager la garderie. On pourrait donc utiliser le local au-dessus», indique la propriétaire Lily Huang. Celle-ci mentionne ne pas avoir eu de lettre de confirmation, mais croit que si le projet est accordé, il devrait se réaliser en 2017.

Du côté du CPE Gripette, le projet était de plus grande envergure. Il était question de la construction d’un deuxième pavillon, permettant d’accueillir quelque 39 enfants, soit l’équivalent de 40 à 45 familles, selon la directrice générale. Le nouveau bâtiment devait être érigé sur l’ancien terrain des Sœurs du Précieux-Sang, à proximité de l’endroit où sera construite la nouvelle bibliothèque de Nicolet.

«Le projet, d’une valeur entre 700 000$ et 900 000$, devait se réaliser en 2014-2015, mais j’ai reçu la confirmation que ça irait en 2018-2019. Heureusement pour nous, nos partenaires nous ont confirmé qu’ils réembarquaient dans le projet», souligne Myrianne Boily.

Scénario similaire en ce qui concerne le CPE Chez-moi chez-toi, alors qu’une nouvelle garderie de 39 places devait voir le jour dans le secteur Saint-Grégoire. «Initialement, la réalisation était prévue en septembre 2015. L’engagement avait été pris par le Parti québécois, mais le nouveau gouvernement ne l’a pas maintenu, déplore la directrice générale Lucie Allard. L’arrivée du nouveau gouvernement nous a donc forcés à revoir l’échéancier.»

Ainsi, elle précise qu’à la révision des dates et en fonction du temps écoulé, le CPE avait accepté volontairement de reporter le projet à l’année suivante, soit en 2016. Cette extension a été refusée par le gouvernement, qui impose que l’année de réalisation soit 2018-2019. «Ils disent «année de réalisation», mais ce n’est pas clair si on parle de la construction ou de l’ouverture du point de services, ajoute Mme Allard. Ils n’ont pas clairement expliqué pourquoi ils décalent le projet de 2 ans.»

À son avis, le délai imposé aura des conséquences sur la réalisation du projet. «Quand on monte un projet dans le cadre d’une entente avec le Ministère, on doit être le plus réaliste possible. On doit donc déjà avoir discuté avec un promoteur au sujet de l’achat de terrains, par exemple. Mais bien sûr, il n’attendra pas à l’infini! Donc, il est fort probable qu’au moment venu, l’échéancier soit dépassé pour le promoteur.»

Actuellement, le CPE Chez-moi chez-toi tente d’en savoir un peu plus sur les critères et les justifications du Ministère. Lucie Allard assure qu’elle et ses acolytes feront tout en leur possible pour devancer l’échéancier.

Le ministère de la Famille s’est basé sur trois principaux critères:

• La priorité donnée aux projets issus des plans 2011 et antérieurs.

• Le respect de la chronologie recommandée par les comités consultatifs régionaux pour les projets, en permettant un déploiement des places équitables en les régions.

• La prise en compte des déficits de places dans les sous-territoires de bureaux coordonnateurs, la capacité du promoteur à respecter son échéancier de réalisation et le soutien offert par le milieu.

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