Dans les mailles des malfaiteurs

Par Joanie Mailhot
Dans les mailles des malfaiteurs
Les frères Junior et Karl Grondin

FAITS DIVERS. L’histoire des frères Karl et Junior Grondin, de Bécancour, est digne d’un film américain! À l’hiver dernier, avec la complicité de leur mère, ils ont exécuté un stratagème permettant d’identifier des fraudeurs professionnels qui procédaient à des arnaques téléphoniques de type «arnaque grands-parents».

Tout a commencé le 1er février, quand Simone Leblanc a reçu un appel provenant soi-disant de son fils cadet, Junior. En fait, elle ne savait pas de qui il s’agissait, mais prise au dépourvu, elle a possiblement laissé échapper le nom d’un de ses fils, l’indice qu’attendait sans doute impatiemment son interlocuteur. Au bout du fil, l’homme lui disait avoir besoin d’argent rapidement parce qu’il venait d’être arrêté par les policiers et même impliqué dans un accident.

Dans le scénario, le fils était en prison et faisait promettre à sa mère de ne pas parler de sa situation à personne. Il lui demandait aussi de ne pas essayer de l’appeler. Puis, pour éliminer les doutes que pourrait avoir la dame, un «policier» prend le téléphone pour la rassurer, en lui disant qu’ils vont bien s’occuper de son fils, en prendre soin, etc.

Immédiatement en mode action, Mme Leblanc a accepté et a donné rendez-vous au fraudeur pour lui remettre la somme demandée. Une fois que le soi-disant avocat est sur place pour récupérer l’argent, le faux policier appelle en indiquant que le cas est plus grave que prévu et qu’un surplus monétaire serait nécessaire. Le stratagème a ainsi permis aux bandits de lui soutirer plusieurs milliers de dollars.

«C’est tout de même étonnant, car ma mère sait que je suis sobre depuis quelques années et le gars au bout du fil a réussi à lui faire croire que j’avais bu et que j’avais conduit après avoir consommé plus d’alcool que la limite permise, soutient Junior. Elle m’a même avoué, après coup, qu’elle ne trouvait que la voix me ressemblait. Le pouvoir de persuasion de ces gens-là est très fort.»

Quand Facebook met la puce à l’oreille

Vers 20h le soir même, Simone Leblanc se rend à son ordinateur et décide de naviguer sur Facebook. C’est à ce moment qu’elle voit que son fils Junior est connecté. Elle lui écrit donc un message privé en lui disant textuellement ceci: «Tu as droit à ton téléphone?»

Tranquille chez lui, Junior la questionne, ne comprenant pas l’origine de ses interrogations. Puis, pour éviter toute confusion, il appelle sa mère. «Au téléphone, je ne la reconnaissais pas. Elle était hystérique… elle me faisait part de ses inquiétudes, mais je ne comprenais rien. Je pensais presqu’elle était en train de devenir folle!», lance Junior Grondin.

Une fois qu’ils ont tous les deux compris ce qui s’était passé, le jeune homme a contacté un avocat, puis la police.

Plus tard en soirée, les deux fils ont rendu visite à leur mère et ont rencontré la police de Trois-Rivières pour porter plainte. Après une rencontre de 2 heures avec les policiers, ceux-ci ont avisé le trio qu’il était possible que les malfaiteurs rappellent le lendemain, pour tenter leur chance à nouveau. À ce stade-ci, les deux frères avaient une vision différente de la suite des choses: Karl ne croyait pas que les gars rappliqueraient, tandis que son frère penchait pour le contraire.

La suite ici, dans le texte «Les deux fils et la mère jouent les héros»

À lire aussi: Une arnaque ciblée et bien ficelée

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