À la recherche d’une nouvelle vocation

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Par Sebastien Lacroix
À la recherche d’une nouvelle vocation
La Ville de Nicolet estime que le bâtiment renferme un énorme potentiel de revitalisation.

NICOLET. Après avoir cédé la maison mère au CNDA un peu plus tôt cette année, les Sœurs de l’Assomption tentent de se départir d’un imposant bâtiment situé à l’arrière.

L’édifice de cinq étages comprend notamment une chapelle de 800 places qui pourrait pratiquement être considéré comme la «deuxième cathédrale» de Nicolet! Il abrite également un vaste auditorium de 550 places, des salles communes, des chambres ainsi que de multiples pièces pour des usages complémentaires.

Construit entre 1955 et 1962, l’immeuble a été offert pour la somme symbolique d’un dollar à la Ville de Nicolet puisque la congrégation est sur le point de se retirer pour regrouper ses activités au pavillon Sainte-Marie.

Comme le nombre de religieuses est en déclin, les Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge (SASV) n’arrivent plus à soutenir financièrement les frais d’exploitation qui s’élèvent à 350 000 $ par année.

D’autant plus que l’immeuble présente certains défis, dont une problématique d’affaissement en raison de la nature du sol nicolétain. Ceci entraînera possiblement des frais supplémentaires pour des travaux de pieutage.

«On n’a pas d’estimations, mais on sait que le Pavillon Leduc, que l’on avait regardé pour y établir notre bibliothèque représenterait des coûts de 1,2M$ pour le stabiliser. C’est toutefois différent, parce qu’en plus, il penche. Il a une inclinaison d’environ douze pouces, indique le directeur général, Pierre Genest. Tandis que le bâtiment en question s’enfonce, mais au moins d’une façon égale.»

De nombreuses idées

À ce moment-ci, la Ville de Nicolet n’a toutefois pas l’intention d’en faire l’acquisition. Elle est plutôt à la recherche de gens d’affaires intéressés à réaliser un projet de grande envergure, qui dépasse les frontières de la région. Un peu comme les promoteurs de l’Hôtel Montfort l’ont fait avec l’ancien monastère des pères Montfortains.

Une séance regroupant une quarantaine d’intervenants provenant des milieux économique, social, touristique et culturel a été tenue, vendredi matin, afin de faire le point et de recueillir des idées. «Ce qui est ressorti beaucoup, c’est l’habitation. Que ce soit des résidences pour personnes âgées ou des logements communautaires et abordables», a fait savoir la mairesse Geneviève Dubois.

«Il y a eu aussi des projets en lien avec l’éducation et la culture. Des expériences immersives pour faire vivre des choses aux gens en lien avec le bâtiment et son histoire. On souhaite aussi respecter un certain cadre par rapport à l’œuvre des sœurs», a-t-elle souligné, ajoutant que la congrégation des SASV n’a pas mis de contraintes par rapport à l’usage, mais qu’il devra tout de même respecter une cohabitation avec l’école secondaire.

Il faut dire que le temps presse pour éviter la démolition des lieux, alors que les religieuses doivent s’en aller en mars prochain. Elles ne peuvent pas se permettre de maintenir les lieux pour encore longtemps. «On parle d’un échéancier qui est dans la prochaine année», a fait savoir la mairesse de Nicolet qui a été mise devant l’urgence d’en devenir propriétaire.

Un enjeu à venir à Nicolet

Toutes les idées qui ont été lancées ont d’ailleurs reçu une écoute attentive de la Ville de Nicolet qui sera bientôt aux prises avec une problématique avec son impressionnant parc de bâtiments religieux. Construits à l’époque de l’âge d’or de la «ville aux cent clochers», ceux-ci devront eux aussi être éventuellement avoir une nouvelle vocation.

Difficile de se fier sur le gouvernement pour financer les projets étant donné le nombre d’églises en péril un peu partout au Québec, mais la Ville de Nicolet est prête à faire un bout de chemin pour aider financièrement un éventuel promoteur.

La politique de la ville pour la transformation d’anciens édifices religieux comme celui des Montfortains offre un crédit sur trois à cinq ans ainsi que quelques facilités. Comme les bâtiments religieux sont non imposés, leur valeur est ramenée à zéro et l’évaluation tient compte de qui est en fait.

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