«On va aider comme on peut»

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Par Marie-Ève Veillette
«On va aider comme on peut»
Yvan Perreault, Michel Matteau, Danielle Lacoursière et Claude Marcotte. (Photo : (Photo Marie-Eve Veillette))

BÉCANCOUR | PIERREVILLE. Pour Michel Matteau, qui pilote le projet humanitaire Espérance et Dignité 2023, il n’y a pas de prérequis pour faire de l’aide humanitaire : « Si tu ne sais rien faire, t’es admissible ! », lance-t-il à la rigolade… tout en étant des plus sérieux !

« Il y a du travail pour tout le monde. Ça peut être peinturer des murs, brasser du béton, transporter des blocs ou autre, selon ce qu’il y a à faire. Tu donnes ce que tu es en mesure de donner, ne serait-ce que tasser le tas de sable qu’il faut tasser… », illustre-t-il. « Si tu es essoufflé après deux pelletées, tu arrêtes et tu reprends plus tard, tout simplement. »

Au début de 2023, sept bénévoles l’accompagneront à Cabarete, en République Dominicaine, pour construire ou rénover des maisons. Claude Marcotte, de Pierreville, ainsi que Danielle Lacoursière et Yvan Perreault, de Bécancour, seront du groupe. Les trois se connaissent bien et partagent le même enthousiasme devant la mission qui les attend. « Ça fait longtemps qu’on veut faire ça », soulignent-ils.

Leur fébrilité est palpable. Ce sera une grande première pour eux. « On passera quatre semaines là-bas, dans un secteur entouré d’une lagune (la Cienega). C’est un endroit où il y a tellement de végétation qu’à chaque fois qu’il pleut, la lagune déborde. L’eau s’en va directement dans les habitations ; des abris de fortune, bien souvent en décrépitude et construits directement sur le sable », raconte Danielle Lacoursière.

Nouveaux travailleurs humanitaires

C’est le 27 janvier prochain qu’ils deviendront officiellement des travailleurs humanitaires. Il s’agit d’un projet de retraite pour Claude Marcotte et Yvan Perreault, deux collègues de l’Aluminerie de -Bécancour, et d’une occasion à saisir pour Danielle Lacoursière. « Je suis travailleuse autonome et comme c’est plus lousse en début d’année, ça fonctionnait [avec mon horaire]. Quand on s’est mis à parler d’aide humanitaire, Yvan et moi, je me suis dit que si je ne disais pas oui maintenant, je retarderais encore… »

Il faut dire qu’il y a déjà un bon bout de temps que Mme Lacoursière entend parler des projets humanitaires de Michel Matteau puisqu’il s’agit de son oncle. « Je lui avais dit plusieurs fois que ça me tenterais un jour [de l’accompagner]. C’est là que ça se passe ! »

« Danielle et moi sommes amis depuis longtemps, mentionne Yvan Perreault. C’est lors d’un souper qu’on a parlé de voyage humanitaire. C’est quelque chose que j’avais mis de côté car ma conjointe est très nerveuse lorsqu’elle est seule. Mais maintenant, mon garçon habite à côté de chez nous, alors elle est plus à l’aise de me laisser partir longtemps. »

Danielle lui a présenté Michel, et ç’a cliqué : « Plus je le connais, plus j’ai le goût de faire des voyages humanitaires ! C’est un rassembleur », affirme M. Perreault.

Claude Marcotte a emboîté le pas : « J’ai fait beaucoup de bénévolat par le passé et quand Yvan est arrivé avec ce projet, je suis embarqué ! C’est réalisé avec des personnes de confiance. On sait que 100 % de l’argent donné sert au projet ; il n’y a pas de frais administratifs. C’est important pour moi ».

D’ailleurs, tous les participants du projet humanitaire Espérance et Dignité 2023 payent leur hébergement, leurs repas et leur vol, en plus de faire un don de 1000 $ au projet par l’entremise de l’organisme Comité de solidarité Tiers-Monde (CSTM) Trois-Rivières. Ils mènent également une campagne de financement pour recueillir un maximum d’argent pour soutenir leur action humanitaire. Les donateurs, tout comme les participants, bénéficieront d’un crédit d’impôt en guise de reconnaissance.

« La campagne a démarré en septembre. Ça va bien. On sollicite les gens autour de nous et il est possible de donner via le formulaire disponible sur la page Facebook Espérance et Dignité. »

Le projet

Le projet 2023 vise à (re)construire et rénover quatre maisons. Il commence au début de janvier et se termine en avril. Les participants se succèdent par petits groupes. Le trio de la Rive-Sud y passera tout le mois de février.

« On sait déjà que la première maison de la liste est condamnée. Les termites sont dedans. Il va falloir la refaire au complet », mentionne Michel Matteau, qui se réfère à un prêtre local, le Padre Nelson, et à un comité de la paroisse pour sélectionner les familles qui bénéficieront du soutien d’Espérance et Dignité. « Ce sont eux qui nous orientent là où sont les besoins. »

Tout dépendant des travaux à faire, les coûts de réfection pour chacune des maisons sont évalués entre 5000 $ et 7000 $ canadiens. En plus des travailleurs humanitaires, des locaux donnent un coup de main.

Durant leur séjour, les participants sont logés dans une auberge « correcte, peut-être trois étoiles », selon Michel Matteau, où ils ont accès à un poêle, un réfrigérateur, une douche et un lit.

Le travail commence vers 7 h ou 8 h et se termine à 14h : « Après ça, c’est trop chaud ».

Plus « prêts » que jamais !

Claude Marcotte, Danielle Lacoursière et Yvan Perreault ont hâte de mettre l’épaule à la roue, même si c’est encore de l’inconnu pour eux. « e n’ai pas d’attentes en particulier, je veux juste vivre pleinement le moment », indique M. Marcotte. « Je ne veux pas arriver là avec une idée préconçue. Je sais qu’on va faire face à la pauvreté, et ça ne m’effraie pas. J’y ai été confronté par le passé, en voyage au Costa Rica. »

« Même chose pour moi, renchérit Mme Lacoursière. Des surprises nous attendent sûrement. On négociera avec ce qui se présentera à nous. »

« Pour ma part, je veux constater et garder en tête à quel point on est privilégié chez nous, et transmettre ça à mes -petits-enfants. Quand tu baignes -là-dedans (la pauvreté et la misère), tu deviens moins chialeux », commente M. Perreault, qui a eu un avant-goût de ces conditions il y a quelques années, alors qu’il était en mission de reconnaissance au Nicaragua pour le Fonds humanitaire des Métallos : « Je suis resté marqué… ».

Bref, les trois acolytes entendent profiter pleinement de leur expérience. Qui sait, peut-être auront-ils la piqûre et retourneront-ils à Cabarete une autre année pour poursuivre le travail amorcé ? « On projette de construire un dispensaire », leur a d’ailleurs déjà fait savoir Michel Matteau… À suivre !

Intéressé à contribuer ou à en savoir plus ? On peut joindre Yvan Perreault au 819 384-0092.

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