Zoom sur les femmes Tharues au Musée des religions

Photo de Marie-Eve B. Alarie
Par Marie-Eve B. Alarie
Zoom sur les femmes Tharues au Musée des religions
L'exposition «Elles, le périple des femmes Tharues» est présentée jusqu'au 5 mai au Musée des religions du monde de Nicolet. (Photo : Sébastien Lacroix)

NICOLET. Le Musée des religions du monde accueille présentement l’exposition ELLES, le périple des femmes Tharues, dont les photographies, signées par Julie Gascon, proviennent du livre du même nom.

La photographe trifluvienne a eu l’opportunité d’accompagner l’organisme Her International au Népal pour témoigner du quotidien des femmes Tharues, un peuple autochtone du sud-ouest du Népal, qui étaient soumises à l’esclavagisme avec leurs enfants jusqu’au tournant des années 2000.

Également regroupées dans le livre ELLES: Le périple des femmes Tharues vers leur liberté, les photographies montrent ces femmes qui rebâtissent leur vie et qui doivent retrouver de nouveaux repères et gagner en autonomie.

«Certaines de ces femmes étaient des enfants lorsqu’elles sont devenues des esclaves. Elles n’ont jamais connu une vie normale, raconte Julie Gascon. Je me souviens d’une jeune femme que j’ai photographiée. Elle avait l’air triste. Je lui ai demandé pourquoi. Elle m’a répondu: « Quand j’étais une esclave, j’avais l’illusion d’avoir une famille. Là, je suis seule ». Il y avait une immense solitude dans son cœur.»

Julie Gascon, photographe.

Il s’agissait de sa première expérience en matière de photoreportage documentaire. Certaines des photos exposées peuvent notamment rappeler le style du National Geographic dans l’approche proposée.

«J’y suis allée avec ma fille Éliane, qui est devenue mon éclairagiste. Pendant trois semaines, j’ai travaillé jour et soir. Je prenais entre 500 et 1000 photos quotidiennement et j’en faisais le tri avant de recommencer le lendemain. Un traducteur, qui était un ancien enfant de la rue, nous accompagnait. L’accueil était exceptionnel», souligne la photographe.

«J’ai été très libre dans ma démarche, poursuit-elle. Pour le livre, je savais que j’allais photographier principalement des femmes, mais il y avait aussi des enfants et des personnes âgées. Les couleurs, les tissus et les textures m’ont beaucoup inspirée.»

Les photos exposées valsent entre des moments du quotidien croqués sur le vif et des portraits assumés, entre des visages souriants et des regards intrigants et puissants.

L’exposition dégage également une grande émotion, mais aussi beaucoup de sérénité et de résilience. C’est d’ailleurs ce que Julie Gascon voulait faire ressortir. Elle admet avoir elle-même eu la larme à l’œil en voyant pour la première fois le résultat de ses photos imprimées sur de grandes bannières de tissu.

Julie Gascon est revenue de ce voyage fortement marquée par ce peuple qu’elle a découvert.

«C’est un peuple qui a souffert, mais qui est aussi très combatif et conciliant. Les femmes réussissent à garder le sourire malgré tout. Ça m’a beaucoup aidée personnellement. J’étais anxieuse et là-bas, elles vivent au jour le jour. Il y a quelque chose de zen. C’est un peuple très débrouillard qui vit en clan. Elles s’entraident beaucoup pour s’en sortir. Ça m’a émue», confie la photographe.

Elle espère maintenant voir cette exposition devenir itinérante pour lui permettre de voyager au Québec et au-delà. Elle a d’ailleurs commencé à faire des approches à différents endroits au Canada et ailleurs, notamment dans l’espoir de faire connaître les femmes Tharues et la cause.

 

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