Utilisation d’une arme de support: un tiroir de sécurité innovant

Utilisation d’une arme de support: un tiroir de sécurité innovant

Alex Leblanc, agent moniteur en emploi de la force et armurier à la Direction de la police de Trois-Rivières.

Crédit photo : (Photo Marie-Eve Alarie)

INNOVATION. Quand les policiers de Trois-Rivières devaient utiliser une arme de support lors d’une opération, ça prenait trop de temps pour la sortir de son boitier de sécurité, estime Alex Leblanc, agent moniteur en emploi de la force et armurier à la Direction de la police de Trois-Rivières.

«Les trois quarts des opérations où une arme de support peut être requise ont lieu en situation de pénombre. C’est un environnement plus difficile pour déverrouiller des cadenas à chiffres. Souvent, les policiers formés pour cette arme sont appelés sur un événement qui est en cours et ça presse d’arriver sur les lieux. Le processus complet prenait plusieurs minutes si on ne se trompait pas. C’était trop lent», raconte Alex Leblanc.

C’est lui qui a eu l’idée de base du tiroir de sécurité qui est maintenant installé dans six véhicules de la police de Trois-Rivières. Il a fait parvenir une esquisse de base aux Travaux publics de la Ville de Trois-Rivières.

«Ça a pris peu de temps. Ils ont été très enthousiastes, si bien qu’en quelques semaines, j’avais un prototype dans un véhicule. Le système a été amélioré jusqu’à celui qu’on utilise aujourd’hui et qui est très sécuritaire», précise-t-il.

L’utilisation du tiroir permet un transport sécuritaire de l’arme tout en préservant la calibration des systèmes de visée. Avec la mise en place d’un mécanisme d’ouverture dissimulé, l’arme n’a plus besoin d’être cadenassée dans le boitier et seul l’utilisateur peut y avoir accès.

Le tiroir de sécurité est solidement installé dans le coffre de la voiture de police, de sorte à éviter divers chocs au boitier contenant l’arme de support. Ce nouvel outil permet aux policiers d’avoir accès beaucoup plus rapidement à l’arme en cas de besoin.

Quatre cadenas dans les pattes

Auparavant, les policiers devaient déverrouiller trois cadenas à numéros pour ouvrir le boitier, en plus de devoir déverrouiller l’arme également puisque le boitier n’était pas sécurisé comme actuellement dans le coffre du véhicule.

En situation de stress, dans la pénombre ou lors de grands froids, par exemple, cette manœuvre nécessitant des tâches plus fines dans la dextérité s’avérait beaucoup plus ardue.

Maintenant, les policiers déverrouillent les cadenas du boitier et de l’arme directement au poste de police, avant de commencer leur quart de travail. Ils vérifient l’intégrité de l’arme et la corrélation des mires avant de replacer l’arme dans son boitier, puis dans le tiroir qui se bloque automatiquement lorsqu’il est refermé.

«Déjà, quand on déverrouille les cadenas au poste, sans le stress et à la clarté, ce sont des tâches fines à exécuter. En situation de stress intense, on perd ces tâches fines. Ça prend une tâche plus brute pour que ce soit simple. Cette situation m’a interpellé, surtout que c’était trop long. Quand c’est là qu’il faut agir, on n’a pas deux minutes pour déverrouiller des cadenas», explique M. Leblanc.

On pourrait voir cette innovation ailleurs au Québec, puisque plusieurs municipalités ont approché la Direction de la police de Trois-Rivières pour en obtenir les plans et devis. L’avantage est que le système est simple et peu coûteux pour les municipalités.

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