Une Zone d’Innovation confirmée à Bécancour?

Par Boris Chassagne | Initiative de journalisme local
Une Zone d’Innovation confirmée à Bécancour?

BÉCANCOUR. Le Parc industriel et portuaire de Bécancour (SPIPB) pourrait d’ici peu être désigné comme l’une des futures et très sélectes Zones d’Innovation du Québec (ZI). Ces futures Zones d’Innovation doivent d’ici peu peupler plusieurs régions de la province. Une douzaine, si la rumeur se confirme.

La Société du parc industriel et portuaire de Bécancour est l’une des candidates. Le gouvernement du Québec croit que les ZI peuvent contribuer à réduire l’écart de productivité que le Québec accuse par rapport à d’autres provinces ou pays. Une ZI est une zone géographique désignée par Québec où travailleront en synergie des instituts de recherche, la grande industrie, des incubateurs d’entreprises et des fonds d’investissement.

Le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, a travaillé dur pour qu’une ZI soit désignée sur son territoire. Mais il se fait timide quand on lui demande d’en révéler les détails. «Tant qu’il n’est pas jugé comme officiel, on ne peut rien dire. Notre travail est fait en ce qui nous concerne». Bécancour cogite ce projet depuis près de deux ans. À sa table, le commissaire industriel de la Ville de Bécancour, Pierre-Michel Auger et une soixantaine de partenaires de différents milieux. La future Zone d’Innovation de Bécancour doit, selon M. Auger, agir comme un levier de développement pour toute la région de Bécancour. «Le terrain de jeu, c’est le Parc industriel et portuaire.»

Le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, va plus loin. « Le port de Bécancour, le parc industriel, les entreprises du parc, les projets… On est en discussions avec beaucoup, beaucoup de promoteurs, ça bouillonne. Ça fait 25 ans que je fais du développement économique régional et la démarche de mobilisation à l’égard des ZI, la concertation avec les différents milieux, moi je n’ai jamais vu ça» constate M. Martel.

On le sait très au fait de ce qui se trame derrière les portes closes. «Je ne sais pas combien on va en désigner (de ZI). Tous les projets qui ont un potentiel de développement économique vont être soutenus par le gouvernement du Québec», affirme celui qui se réjouit du plan d’affaires de 333 pages que Bécancour a déposé. «C’est le résultat d’une consultation que je dirais historique entre le milieu municipal, le milieu des affaires et l’UQTR. Mon but est de faire prendre conscience du potentiel incroyable du parc industriel comme outil de développement économique. On a sous-utilisé cet espace-là», affirme M. Martel.

«Dans la région Mauricie–Centre-du-Québec, on a un réseau routier, des ports, des autoroutes, un parc industriel, on a des outils pour renverser la vapeur. Le projet de ZI… c’est évident que ça va amener beaucoup de nouvelles entreprises et de la recherche et développement (R&D) dans le parc de Bécancour. L’esprit qui s’est créé autour de l’UQTR, on a construit du solide», peu importe l’issue du projet, estime M. Martel. «Je m’attends à ce qu’il y ait des modifications (au projet déposé). Le ministère a un plan d’affaires complet sur son bureau et on va s’ajuster», laisse filtrer M. Martel.

Des universités de partout sur la planète auraient démontré leur intérêt pour la ZI de Bécancour. «Il y a un potentiel vraiment plus grand que ce que j’aurais pensé au départ», soutient M. Martel. Pierre-Michel Auger renchérit. «J’espère que des programmes seront attachés au développement de ces ZI.»

Le député Martel et le commissaire industriel de Bécancour nous confirment ainsi la vocation en R&D de la future ZI du SPIPB. «Le créneau de R&D pourrait cibler en priorité la réduction des émissions de GES par la grande entreprise, nous dit M. Martel. Ça pourrait avoir un impact important au parc et au Québec et pour des entreprises partout sur la planète».

Pour Maurice Richard, président et directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, «on est la seule société d’État qui appartient au gouvernement du Québec. On n’est pas mal positionnés», dit-il sourire en coin. Il serait en effet étonnant que le gouvernement barre la route à la SPIPB, d’autant que ses installations tournent à la moitié de leur réelle capacité.

La future ZI de Bécancour pourrait donc d’ici quelques mois prendre ses aises sur les 7 000 hectares dont dispose la SPIPB et même se déployer dans le parc Laprade qui la jouxte, affirme Maurice Richard. «Ce que ça a fait, les ZI, c’est de mettre les gens à la même table pour réfléchir. Les premiers partenaires qui ont embarqué dans le jeu sont nos propres clients, les grandes entreprises. Elles font toutes des investissements majeurs dans la recherche», souligne Maurice Richard.

En attendant la confirmation de Québec, le commissaire industriel de la Ville Bécancour fait les cent pas. «On est en mode attente. On ose espérer qu’on a un bon projet», dit-il. Certains anticipent des annonces lors du prochain budget de Québec. Des financements devraient s’y rattacher.

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