Une rentrée… sans rentrée!

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Par Marie-Ève Veillette
Une rentrée… sans rentrée!
Jean-Yves Doucet. (Photo : MArie-Eve Veillette)

SAINT-LÉONARD-D’ASTON. Comme tous les nouveaux retraités de la Commission scolaire de la Riveraine, Jean-Yves Doucet n’aura pas à se rendre au boulot, le 22 août, pour préparer la rentrée des élèves. Ce sera la première fois, en 47 ans, qu’il ne vivra pas la fébrilité de la rentrée scolaire entre les murs de l’école secondaire La Découverte.

«Ça va être spécial de rester seul, chez moi, avec mon journal et mon café», anticipe M. Doucet. Il sait déjà qu’il aura un petit pincement au cœur de ne pas retrouver ses confrères et consoeurs, avec qui il entretenait de très bonnes relations.

Cependant, au moment de notre rencontre, la semaine dernière, le nouveau retraité se sentait davantage en vacances qu’à la retraite. C’est ce jeudi que l’ancien prof et responsable des sports de l’école réalisera pleinement qu’une nouvelle étape s’amorce pour lui. «J’aurai presque un deuil à faire», confie celui qui s’y prépare toutefois depuis deux ans et qui avait, en ce sens, demandé une tâche réduite.

Pour bien vivre ce deuil, Jean-Yves Doucet compte s’entourer de nombreuses personnes… fréquentant La Découverte et ayant, comme lui, l’institution tatouée sur le cœur! Il continuera d’ailleurs à s’y impliquer activement, notamment à titre de coprésident de la toute nouvelle fondation de l’école et dans le volet Terry Fox du Polycourons.

«J’y tiens! Ça va faire dix ans cette année que ce volet existe. Je veux faire la tournée des classes pour expliquer aux jeunes c’est quoi, vivre avec le cancer. Ils sont rarement confrontés à la vraie vie, et le Polycourons Terry Fox est une belle occasion de leur montrer l’empathie», insiste celui dont l’épouse a été emportée par le cancer il y a une dizaine d’années.

Jean-Yves Doucet songe aussi à offrir ses services comme moniteur à l’école et à continuer à entretenir la parcelle de terrain où il a planté des arbres. «Je ne peux pas partir complètement», sourit-il, l’air espiègle.

Un peu de lui reste aussi à l’école, d’ailleurs. «L’an passé, j’ai fait un journal de bord que j’ai laissé à mon successeur. Tous les jours, j’écrivais ce que je faisais dans ma journée. Je voulais qu’il ait une référence, pour bien passer les traditions.»

Jean-Yves Doucet.

Car à La Découverte, les traditions, c’est du sérieux! Surtout chez les équipes sportives, Les Broncos, à qui il a consacré la majeure partie de sa longue carrière. «On a réussi à développer une notoriété et une grande fierté autour des Broncos. C’est extraordinaire ce qui se passe ici», poursuit M. Doucet, qui explique ce succès par l’embauche de coachs talentueux, entièrement dédiés à l’entraînement de leurs joueurs et exempts de tracasserie administrative.

Plus largement, il admet croire dur comme fer aux vertus du sport. «La vie et le sport, c’est pareil. On en tire beaucoup de leçons. On apprend à travailler en équipe. On est confronté à de la pression, et on apprend à y faire face.»

L’avenir, c’est tout de suite

Malgré ses 47 ans passés au sein de l’école secondaire La Découverte, Jean-Yves Doucet n’a que 60 ans. «J’y suis entré comme élève, avant d’y travailler comme concierge pendant mes études et comme appariteur sportif. Ensuite, j’ai obtenu un poste d’enseignant [permanent]. C’était il y a 35 ans. J’ai attendu ce poste pendant 11 ans!», raconte ce diplômé en éducation physique.

Peu importe son mandat, chaque année en a été une de pur bonheur. Il entrevoit la retraite de la même façon. «La vie m’a appris que l’avenir, c’est tout de suite», évoque-t-il avec l’intention de savourer pleinement chaque jour.

Les projets sont d’ailleurs nombreux! En plus de l’implication bénévole prévue à l’école, il poursuivra les cliniques de balle rapide qu’il donne depuis des années avec son ami Michel Leclair dans les camps de jour, entre autres. Il continuera à se dévouer à son école de hockey l’hiver, comme il le fait depuis maintenant 27 ans. Il entraînera aussi, pour une cinquième fois, l’Équipe Québec masculine de balle rapide (21 ans et moins) en prévision des Jeux du Canada, édition 2021.

«En même temps, je veux m’occuper de mon petit-fils Louis, continuer l’entraînement physique, prendre des cours de guitare et d’anglais et lire», énumère ce mordu de biographies, qui a aussi l’intention d’entamer un grand ménage dans son bureau, où des dizaines de cartables verts remplis de notes servent littéralement de décoration au mur.

Il est par ailleurs convaincu que son téléphone sonnera suffisamment souvent pour qu’il ne puisse pas dire oui à tout… ce qu’il ne souhaite pas, de toute façon! «À travers tous ces projets, je veux aussi garder un peu plus temps pour moi et ma conjointe. Je veux voyager. L’Europe m’appelle. Les voyages sportifs aussi.»

 

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