Une pièce du mythique Pierrepont mise en valeur

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Par Sébastien Lacroix
Une pièce du mythique Pierrepont mise en valeur
Le vice-président de la Société historique de la région de Pierreville, Jean-Christophe Proulx, montrant le hublot ayant appartenu au Pierrepont. (Photo : Sébastien Lacroix)

PIERREVILLE. Une magnifique pièce de l’histoire du Bas Saint-François est sur le point de refaire surface après avoir été conservée pendant plus de 80 ans dans tout son éclat d’antan.

Il s’agit d’un hublot en laiton qui se trouvait sur le Pierrepont, un bateau à vapeur qui a servi à transporter la population du Bas Saint-François, de 1910 à 1930. Ce serait l’unique pièce qui reste de ce mythique navire.

C’est une personne de Drummondville qui a approché la Société historique de la région de Pierreville parce qu’elle cherchait à vendre cet objet qui était entreposé chez elle depuis de nombreuses années dans une boîte en bois. Celle-ci avait été conservée pendant toutes ces années dans la famille des derniers propriétaires du bateau, Joseph L. et Edgie Ally de Notre-Dame-de-Pierreville.

Le Pierrepont.

Après quelques négociations, l’organisme a acquis la pièce en collaboration avec la Municipalité de Pierreville, qui a avancé 100$ et accepté de l’exposer dans les locaux municipaux. «À la Société historique, on s’était dit qu’on ne l’achèterait pas si on n’avait pas d’endroit où l’exposer. On a approché la Municipalité et ils ont embarqué avec nous», raconte le vice-président, Jean-Christophe Proulx.

C’est lui qui a fabriqué la structure qui servira à exposer le hublot de 16 pouces de diamètre. Pour rester dans le thème, il s’est servi de bois recyclé provenant de la maison d’un navigateur pour former la structure. Une photo d’époque du bateau ainsi qu’une plaquette qui raconte brièvement sa petite histoire complètent le montage.

Jean-Christophe Proulx est d’ailleurs un passionné de patrimoine, comme en témoigne son implication dans la Société historique depuis une dizaine d’années. C’est d’ailleurs lui qui est derrière le projet remise en valeur des cloches de l’ancienne église Saint-Thomas, à l’entrée du village.

Il a en effet dessiné le trépied en plus de dénicher une copie exacte de la croix de l’ancienne église. D’autres améliorations sont d’ailleurs prévues pour doter le tout d’un mécanisme qui permettra de faire sonner les trois cloches lors de différents événements.

Plus de 150 ans d’histoire

Le hublot qui sera bientôt dévoilé aurait environ 150 ans d’histoire. Il avait été coulé dans une fonderie de la compagnie J&J Woods, en Angleterre. Il avait ensuite été transporté en Écosse où le navire a été fabriqué.

Sa structure et tous ses éléments avaient ensuite traversé l’océan pour être assemblés à Kingston, en Ontario, où il avait été inauguré, en septembre 1871.  À ce moment-là, le navire à vapeur de 121 pieds de longueur par 18 pieds de largeur était, semble-t-il, plus grand que ce qui avait été lancé à cet endroit.

L’événement avait bien entendu fait l’objet d’une manchette dans le <@Ri>Daily News<@$p>. Il faisait la fierté des propriétaires Georges M. Kinghorn et Coleman Hinckley, qui avait peint en grosses lettres noires sur ses deux arches blanches le nom de «Pierrepont».

Au départ, le bateau a servi pour le transport de marchandises et de bétail, avant d’être modifié pour transporter des passagers. Il a par la suite été acquis par la St Lawrence River, en 1899, puis par la famille Ally qui l’a amené dans le Bas Saint-François. Plusieurs photos témoignent d’ailleurs de sa présence à l’ancien quai situé près de l’ancien pont ferroviaire, sur une portion de la rive située dans les faits à Odanak.

De 1910 à 1930, soit avant l’apparition du pont David-Laperrière, en 1932, il avait servi à déplacer des passagers du Bas-Saint-François. Le Pierrepont ne servait toutefois par à relier Pierreville et Saint-François-du-Lac, puisque pour traverser d’une rive à l’autre, on se servait plutôt d’une barge.

Le Pierrepont.

Il était davantage utilisé pour les passagers qui voulaient faire de plus longues distances pour aller vers Notre-Dame-de-Pierreville, Sorel ou Nicolet, par exemple.  La Société ne dispose toutefois pas d’information sur le trajet exact qu’il empruntait.

Le navire est par la suite disparu, après avoir laissé entendre son dernier sifflement en 1935, alors que le transport maritime sera remplacé par le ferroviaire. Il a été démantelé et la famille a décidé de conserver le hublot en souvenir. Quelques photos en noir et blanc témoignent encore de son passage, mais cette pièce serait ce qu’il reste de plus concret.

On croit d’ailleurs que le hublot occupait une place importante sur le Pierrepont. «Si on remarque, sur les photos, les autres fenêtres sont de forme carré, et il y en a seulement trois rondes dans la capitainerie, ajoute M. Proulx. C’est l’une de ceux-là.»

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