Une murale artistique au Belcourt

Une murale artistique au Belcourt

Mario Courchesne a annoncé publiquement la réalisation de l'œuvre de Maxim Charland lors de son intervention avant le spectacle de Jérémy Demay.

ARTS. Une toute nouvelle murale artistique a fait son apparition en plein cœur du village de Baie-du-Febvre.

Sur le mur extérieur du Belcourt, l’œuvre visible depuis la rue de l’Église (route 255), offrira assurément un point d’intérêt pour les touristes de passage dans la municipalité.

C’est l’artiste Maxim Charland qui a réalisé l’œuvre qui visait à représenter le mariage entre le théâtre et la bibliothèque dans un seul et même lieu à travers les arts, tout en donnant un rappel d’une envolée d’oies avec des livres, sur une aurore boréal et une gamme des notes de musique.

«Le départ de la murale commence avec un jeune enfant qui fait voler un cerf-volant. À ce même moment, c’est comme si son imagination s’envolait. On y retrouve en pièce centrale un fou du roi qui joue de la guitare (avec un livre comme tapis volant), qui est le fil conducteur. À la fin, à droite, l’idée était de mettre un ange et diable qui dansent ensemble. Comme quoi l’art réunit tout le monde sans indifférence…», explique l’artiste muraliste.

Son œuvre a d’ailleurs suscité beaucoup de curiosité lors de sa réalisation, du 29 septembre au 2 octobre. D’autant plus qu’une partie de sa réalisation a été faite durant la soirée, alors que plusieurs spectateurs sont allés le voir à l’œuvre durant l’entracte du spectacle de l’humoriste Jérémy Demay.

C’est qu’à la noirceur, Maxim Charland se servait du principe des ombrages chinois pour tracer à la craie les contours de ses formes et de ses personnages. Durant la journée, il revenait pour apposer les couleurs avec la peinture en aérosol.

Le tout est garanti pour durer au moins cinq ans au soleil, mais comme le mur est davantage situé à l’ombre durant la journée, on espère qu’il puisse être dans un bel état pour une bonne dizaine d’années.

La murale a pu être réalisée grâce à un projet déposé par le Théâtre Belcourt au Fond culturel de la MRC de Nicolet-Yamaska pour encourager les artistes. La Municipalité de Baie-du-Febvre a aussi collaboré financièrement à la réalisation de la murale, dont le coût s’est élevé à un peu plus de 2 000 $. Le Théâtre a quant à lui offert son mur en plus d’un soutien technique.

Le directeur artistique, Mario Courchesne, qui avait d’abord approuvé son esquisse, était très heureux du résultat. «Ça amène de la vie et ça crée un lien avec le théâtre en évoquant les arts», souligne-t-il.

Une série de murales

Cette œuvre sur le Théâtre Belcourt est en fait la deuxième murale réalisée par Maxim Charland à Baie-du-Febvre, après les quatre grosses oies qu’il avait peintes sur le Centre d’interprétation dans le cadre du passage de l’émission La Petite Séduction.

Une série de murales que l’artiste aimerait poursuivre sur la Rive-Sud, et qui même s’inscrire dans un circuit touristique. «C’est un phénomène qui existe dans les grandes villes et il y a des visites guidées en vélo, en bus, etc., raconte l’artiste. Ce serait génial d’avoir ça éventuellement à Nicolet.»

Le petit-fils du regretté Jean-Paul Charland avait d’ailleurs déposé un projet au Budget participatif citoyen pour construire un mur par-dessus celui du Korvette pour réaliser une murale représentant une mosaïque de lieux de Nicolet.

Soumis au vote populaire, son projet a finalement terminé au sixième et dernier rang pour le nombre de points récoltés. Ce qui n’a pas eu pour autant l’effet de le décourager. «Du tout. C’était une cool expérience. Il avait des projets super intéressants devant moi. Puis, je sais que c’était ultra cher dû au fait qu’on devait bâtir un mur, commente-t-il. Si je peux trouver un mur existant c sûr que je le ferai. Car 80% des coûts du projet étaient reliés à la construction du mur. Je dois continuer ma chasse au mur!»

Sa murale à la fois abstraite et éclatée l’ancienne bibliothèque, au centre-ville de Nicolet, avait également piqué la curiosité et suscité de nombreuses réactions. Celle-ci est toutefois temporaire, puisque le bâtiment est appelé à être démoli pour faire place à un stationnement.

Son travail suscite d’ailleurs de l’intérêt au sein de la communauté puisqu’il aurait été approché par des municipalités, mais également des particuliers pour réaliser un projet. Il serait d’ailleurs en discussions avec le Collège Notre-Dame-de-l’Assomption (CNDA).

Selon ce qu’il nous a été permis d’apprendre, les jeunes usagés du «skatepark» souhaiteraient également qu’ils peignent sur les modules extérieurs au parc Marguerite-d’Youville. Une pétition qui compte déjà plus de 125 noms sera bientôt déposée au conseil municipal pour débloquer un petit budget afin d’embellir l’endroit.

Nicolet a aussi un projet, qui est à l’état embryonnaire, pour une murale à la bibliothèque. La thématique serait en lien avec les adolescents. Récemment, la Ville avait également confié à Maxim Charland la décoration de la Remise-O-Jeux dans le parc Thérèse-Boisvert-Allard.

La symbolique de la murale au Belcourt

Un enfant s’amuse à regarder voler son cerf-volant. Conduit par des couleurs d’aurore boréale celui-ci se mêle à la musique illustré par une portée de notes voguant vers le personnage centrale : un énorme « lutin fou-du-roi » d’allure classique se plait à jouer du lute en se servant d’un livre comme tapis-volant. L’embarcation, toujours porté par la magie de l’aurore boréale se dirige vers deux personnages d’origine naturellement opposé, mais qui, enivré par la forte atmosphère d’exaltation, se lie par les mains pour danser. Le jeune couple se regarde et se sourie mutuellement, laissant croire qu’ils voudraient voir le temps se caraméliser dans cet euphorique instant. (Propos recueillis par Vincent Bélisle)