Une danse, un clip pour redonner des ailes au monde de l’aviation

Boris Chassagne
Une danse, un clip pour redonner des ailes au monde de l’aviation
Manuelle Belisle et Gabriel Vincent.

NICOLET. Manuelle Belisle et Gabriel Vincent adorent l’altitude et le voyage. Ils travaillent tous les deux pour la compagnie Air Transat qu’ils ont tatouée sur le cœur. La première est agente de bord, basée à Vancouver. L’autre est directeur de vol, ancré à Montréal. Manuelle a 35 ans et son collègue en a 10 de moins. Ils sont tous deux originaires de Nicolet.

La pandémie les a frappés de plein fouet. Ils ont dû ranger leurs uniformes. Manuelle s’est en attendant tournée vers la photographie. Gabriel en a profité pour reprendre le chemin de l’école et des airs. Il tend la main à son rêve d’enfance et suit une formation pour devenir pilote de ligne. Ils gardent espoir de voler de nouveau bientôt.

Ils ont tous les deux récemment dansé pour leur ligne aérienne et participé au Jerusalema Challenge. La chanson Jerusalema est devenue depuis 2020 une espèce d’hymne à l’unité, à l’espoir et à l’optimisme. La danse et la chanson traversent les continents (Madagascar, Kazakhstan, Antigua & Barbuda, Austrian Airlines, Helvetic Airlines). Des lignes aériennes du monde entier ont monté des chorégraphies sur ce tube chanté en Zulu par la chanteuse Nomcebodu sur un rythme du DJ sud-africain Master KG. Air Transat a produit sa version. Près de 150 employés basés à Toronto, Montréal et Vancouver s’y sont déhanchés. Des équipes au sol et d’entretien, des agents de bord, employés de billetterie, pilotes et agents de sécurité ont tous dansé pour le Défi Jerusalema.

Manuelle Belisle.

Manuelle Belisle a sauté à pieds joints dans le tournage de Jerusalema. «C’était une occasion de remettre mon uniforme, de repartir pour l’aéroport, avec mes amis, mes collègues. De danser dans l’aéroport vide, c’est merveilleux. Ça nous donnait un sentiment d’espoir tellement grand! Quand j’ai vu la vidéo, j’ai pleuré. C’est tellement une belle famille Air Transat; on l’a dans le cœur, l’étoile. Ça fait vraiment du bien de faire ça en pleine pandémie. Ça donne espoir. On a tous appris la danse chez nous. On est super fiers», nous dit Manuelle qui espère retrouver ses ailes bientôt. D’autant que «ça fait deux ans que je n’ai pas vu ma mère à Nicolet et toute ma famille en fait. J’ai espoir que l’industrie reviendra rapidement.»

C’est en partie à Nicolet que Manuelle Belisle a grandi… en fait entre l’âge de 12 et 18 ans. Son père Jean-Pierre Belisle est l’un des anciens directeurs de l’Union des producteurs agricoles de Nicolet. Il a aussi été pendant près de 20 ans chroniqueur pour le Courrier Sud! Manuelle habite à Vancouver depuis 2012 avec son mari et ses trois enfants. Elle dégote un poste chez Air Transat en 2012, parmi 10 000 candidatures. «J’étais à Vancouver et ils cherchaient des gens qui parlent bien français et qui ont d’autres diplômes dans la vie». Ses études en architecture ne lui servent plus vraiment aujourd’hui. «Je m’ennuyais du contact avec le public et de voyage. C’était attirant pour moi». Manuelle voyage surtout en Europe et dans le Sud à partir de Vancouver. Et les long-courriers ne la gênent pas. Au contraire. « C’est vraiment le fun, c’est une belle ambiance.»

Manuelle ne connait pas Gabriel Vincent en chair et en os. Ils se sont croisés via les médias sociaux il y a quelques jours à peine. Gabriel a 25 ans. Originaire lui aussi de Nicolet, il habite Montréal. Pour lui, le tournage de Jerusalema à l’aéroport Pierre Elliott Trudeau a duré presque toute la journée. Il s’est retrouvé aux côtés d’une centaine d’employés qui, comme lui, ont bénévolement répondu présents.

Gabriel Vincent.

«J’avais déjà vu ces vidéos, je trouvais ça tellement beau! J’ai accepté sans hésitation. Le but était de toucher les gens et de redonner de l’espoir. C’était une belle opportunité de remettre l’uniforme après autant de mois sans avoir revu mes collègues. Je voulais absolument participer à cette journée-là. C’était très touchant. On était fiers de représenter Transat. On est une famille. Les voyages, ça va repartir. On est résilients. On s’est tous réorientés et on va revenir en force dès que les mesures sanitaires vont nous le permettre. On vit pour le voyage», avoue M. Vincent qui suit sa formation au privé au Centre Pluridisciplinaire d’Aviation du Québec pour devenir pilote de ligne.

Le prochain appareil que Gabriel va piloter sera un Piper Aztec bimoteur. Il devra accumuler des heures pendant près de deux ans avant d’être pilote de ligne. Il sera probablement diplômé avant de retrouver sa veste de directeur de vol.

Tous les deux disent voler avec la meilleure ligne aérienne canadienne.

 

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