Une coalition citoyenne souhaite une alternative à ProjetBécancour.ag

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Par Marie-Ève Veillette
Une coalition citoyenne souhaite une alternative à ProjetBécancour.ag
François Poisson, Pier-Olivier Boudreault, Véronique Houle et Marc Brullemans, porte-paroles d'Alternatives Bécancour. (Photo : Marie-Eve Veillette)

BÉCANCOUR. Une coalition citoyenne s’oppose au projet d’usine d’urée et de méthanol (ProjetBécancour.ag) qui se prépare à voir le jour dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour. Jugeant que le projet va à l’encontre des engagements climatiques du Québec, elle souhaite y proposer des alternatives, d’où son nom: Alternatives Bécancour.

La nouvelle coalition regroupe huit groupes écologistes actifs du Centre-du-Québec et de la Mauricie, de même que des centaines de citoyens aux expertises variées: sciences infirmières, chimie, biologie, biophysique, etc.

«Si elle était construite, cette usine d’urée et de méthanol générerait plus de 630 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année, notamment par l’utilisation de gaz naturel dans ses procédés. Cela représente l’équivalent de 180 000 automobiles supplémentaires», font remarquer les porte-paroles.

Un non-sens dans un contexte de lutte aux changements climatiques. «On ne peut pas s’engager dans cette lutte et, en même temps, financer des projets super-polluants et grands émetteurs de GES», souligne Pier-Olivier Boudreault, de la coalition citoyenne.

«Il est nécessaire de réduire de 90% notre émission de GES d’ici 2050, rappelle pour sa part Marc Brullemans, autre porte-parole du groupe. J’ai de la difficulté à concevoir que Bécancour se démènerait pour être la ville qui serait la plus émettrice de GES au Québec sur le plan industriel.»

«L’usine va consommer [du gaz naturel] pendant des décennies et va émettre plusieurs mégatonnes de GES. Ce n’est pas le système de plafonnement et d’échange de droits de crédit carbone qui va changer quoi que ce soit à ça», poursuit-il.

M. Brullemans ajoute que l’usine projetée consommera 1,45 milliard de mètres cubes de gaz naturel par année, ce qui représente 22% de la consommation de gaz naturel du Québec.

«C’est loin d’être négligeable! Et comme le Québec n’est pas un producteur de gaz naturel, il fera importer ce gaz naturel de l’ouest canadien ou du nord-est des États-Unis. Il en résultera le forage et la fracturation de nouveaux puits de gaz avec les risques que cela comporte. Des [risques] dont ne tient pas compte l’étude d’impacts de SNC Lavalin», dit-il.

Les émissions en aval du projet l’inquiètent également: «Il y aura production de méthanol et d’urée. L’urée sera distribuée par la Coop fédérée, entre autres, puis épandue dans les champs. Cette urée va libérer des quantités significatives de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre qui réchauffe encore plus la planète que le méthane».

Des impacts sur la santé

L’infirmière Véronique Houle, une autre porte-parole d’Alternatives Bécancour, craint quant à elle les conséquences du projet sur la santé.

«Il est reconnu et documenté que les changements climatiques menacent la vie sur terre. La pollution atmosphérique augmente les risques d’infarctus, d’AVC, de maladies pulmonaires et de cancers», dit-elle, avant d’ajouter que des chercheurs travaillent actuellement avec des agriculteurs pour optimiser des pratiques qui pourront nourrir la population sans polluer l’air, l’eau et les sols. «Des solutions technologiques existent. Le gaz naturel n’est plus une option viable», clame-t-elle.

Oui aux investissements et à la création d’emplois

De son côté, le Bécancourois François Poisson tient à préciser qu’Alternatives Bécancour ne s’oppose pas à l’investissement, ni à la création d’emplois qu’apportent de grands projets. C’est la réalisation de ProjetBécancour.ag qui pose problème.

«On ne veut pas de gaz naturel comme combustible dans le procédé de fabrication. On ne veut pas d’urée, qui appartient à l’agriculture industrielle, à laquelle on veut tourner le dos pour se tourner davantage vers la culture biologique et la permaculture. L’usine [projetée] est déjà passée date. On refuse que l’on prenne l’avenir en otage avec des choix d’un autre siècle, alors qu’il en existe de meilleurs pour le Parc industriel et portuaire de Bécancour, de même que pour l’ensemble du Québec.»

Comme alternative possible, il évoque l’énergie solaire ou éolienne, entre autres. «On a commencé à investiguer. On fait des recherches, on se renseigne pour voir ce qui conviendrait. On est ouvert aux solutions de tout un chacun. Tout le monde a des connaissances, des idées, et on est ouvert à entendre tout ce qui sera amené comme proposition éventuelle pour une société carboneutre.»

Il indique également qu’Alternatives Bécancour a déjà entamé un dialogue avec les décideurs et les gens de développement économique. «Les canaux de discussions sont ouverts. On a demandé à les rencontrer.»

En gros, l’objectif sera de faire du «démarchage vert». «Est-ce que ça existe? Est-ce qu’il y a des commissaires industriels verts? Ça a l’air que non, qu’il faut l’inventer. C’est ce qu’on va commencer à faire», conclut M. Poisson.

 

 

Les membres de la coalition Alternatives Bécancour

La Planète s’invite au parlement – Mauricie-Centre-du-Québec
Mobilisation Climat Trois-Rivières
Comité citoyen carboneutre de la MRC de Maskinongé
Association sportive et écologique de Batiscan (ASEB)
Fondation Coule pas chez nous
Comité Vigilance Hydrocarbures de Trois-Rivières
Comité Vigilance Hydrocarbures des municipalités de la MRC de Maskinongé
Comité Vigilance Hydrocarbures de la MRC des Chenaux

 

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