Un projet qui mettra Bécancour sur la carte

Un projet qui mettra Bécancour sur la carte

L'usine sera située sur le terrain situé voisin de la centrale thermique.

ÉCONOMIE. Quelques semaines après avoir confirmé la viabilité d’une usine de transformation du fer pré-réduit briqueté à chaud à Bécancour, la Société internationale métallique (SIM) a fait le point sur son méga projet évalué à un milliard de dollars.

Le projet de deuxième transformation, qui est actuellement en phase de développement, doit avoir une capacité annuelle de 2 millions de tonnes de fer pré-réduit briqueté à chaud communément appelée HBI. Cette source de fer pratiquement pur permet ensuite de produire de l’acier de haute qualité.

La seule présence d’une usine permettra au Canada de se hisser au 6e rang mondial de fer pré-réduit. «Ça mettra Bécancour sur la carte en devenant un marché central pour le HBI», a fait valoir le président et chef de la direction de SIM, Daubeny Cooper, devant une centaine d’intervenants réunis dans les bureaux de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour (SPIPB).

Pour l’entreprise, il s’agissait d’un emplacement stratégique étant donné sa proximité avec la voie navigable, ce qui favorisera l’accès à un minerai de fer qui arrivera par bateau de la Côte-Nord. Un quai dédié au projet devra d’ailleurs être construit spécifiquement pour le projet, ainsi qu’un convoyeur qui longera la rue Thibault pour amener le produit primaire vers l’usine.

La présence de gaz naturel, d’eau et d’électricité, la situation géographique et la disponibilité de la main-d’œuvre qualifiée ont aussi fait pencher l’entreprise pour la région.

Une forte demande

La demande pour le HBI est actuellement très grande sur les marchés mondiaux, d’où l’intérêt de l’entreprise de se lancer dans la course. On estime en effet que la consommation augmentera de 4% par année. SIM prévoit qu’une opportunité de marché autour de 7 millions de tonnes métriques de HBI se développera à court ou moyen terme.

Actuellement, d’autres usines du genre ont été construites, au cours des derniers mois, mais elles desservent les besoins d’entreprises en particulier. Celle de Bécancour serait la seule à être destinée à toutes les compagnies.

«À notre connaissance, il n’y a pas d’autres joueurs dans le monde, souligne le directeur de projet, Denis Rivard. C’était un marché qui était dominé par le Venezuela, mais la production s’est écroulée au cours des dix dernières années, pour des questions de nationalisation et des problèmes au niveau des industries. Juste pour ça, il y a déjà une demande sur le marché.»

Pour suffire à la demande, l’entreprise prévoit d’ailleurs fonctionner en continu, dès 2020, à raison de 24 heures par jour et de 365 jours par année. Environ 175 emplois seront nécessaires pour exploiter l’usine, soit surtout des «super-opérateurs» qui seront formés sur tous les postes de la chaîne de production.

Le projet représentera des investissements de plus d’un milliard de dollars pour l’acquisition de terrains, le développement de la technologie et la construction des différentes unités de production. Durant la construction, dont le début est prévu en 2018, on prévoit l’embauche de 1400 travailleurs provenant d’entrepreneurs locaux.

D’autres étapes à venir

En 2016-2017, l’entreprise complètera les études de faisabilité, économique et environnementale du projet en plus de mener des consultations.

Un processus d’information et de consultation a déjà été lancé par la mise en ligne du site imetallique.ca où il est possible de se renseigner sur les impacts et les retombées de l’usine prévue à Bécancour.

Une partie cruciale sera aussi l’étape du financement qui n’est toujours pas réglé. Des ententes devront intervenir d’ici quelques mois avec différents partenaires que ce soit les banques internationales, les éventuels clients, le gouvernement, etc.

«Pour le moment, le milliard est sur la table en terme de potentiel, a souligné Denis Rivard. Il y a des lettres d’intention qui ont été reçues, mais il y a des choses à régler. L’étude de faisabilité va confirmer les investisseurs potentiels.»