Un lieu de rassemblement et de prière en cadeau

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Par Stéphanie Paradis
Un lieu de rassemblement et de prière en cadeau
Carmen Proulx devant sa Croix de chemin, sur le rang Val-Léro, à Saint-Célestin. (Photo : Stéphanie Paradis)

SAINT-CÉLESTIN. Encore de nos jours, même si la tradition se perd, il n’est pas impossible de croiser des Croix de chemin lorsque l’on sillonne les rangs de campagne. Toutefois, Carmen Proulx, établie dans sa maison du rang Val-Léro à Saint-Célestin depuis 1966, déplore que les Croix de chemin soient presque toutes disparues du territoire.

C’est d’ailleurs depuis les années 60 que Mme Proulx rêve de posséder sa propre Croix de chemin. Lorsque son petit-fils Frédérick était âgé d’à peine 13 ou 14 ans, il avait dit à sa mamie qu’un jour, il allait lui en fabriquer une. À cette époque, il avait amassé du bois pour sa construction, mais n’avait pas pu aboutir son projet, faute de ressources.

Une quinzaine d’années plus tard, le samedi saint 2021, son petit-fils est finalement arrivé avec un cadeau qui rendrait Carmen Proulx immensément heureuse et émotive: une magnifique Croix de chemin fabriquée des mains de son petit-fils et peinte par la fille de Mme Proulx, Maryse.

Cette Croix de chemin arbore un ange représentant Notre-Dame-de-Lourdes.

C’est l’Abbé Jacques Duhaime, que Carmen Proulx connait depuis une quarantaine d’années, qui a accepté d’aller bénir la croix du rang Val-Léro, même si ce dernier, maintenant âgé de 87 ans, a pris sa retraite. « Ma croix a été bénie selon mes intentions, soit celles de protéger ma famille. C’est également ce que mon mari souhaitait », raconte la dame. Le mari de Mme Proulx est décédé en 2001.

Une signification qui se perd

« Les Croix de chemin, ça fait partie de mon éducation, de ma culture, de mon enfance », témoigne Carmen Proulx.

« Je suis née en 1938. Dans ce temps, dès qu’on se déplaçait dans les rangs, il y avait des Croix de chemin partout. Quand mon grand-père ou mon père arrivait à une Croix de chemin, il enlevait sa casquette. Le dimanche, alors qu’on allait à la messe, on était trois ou quatre voitures qui se suivaient, et chaque monsieur posait ce geste », se rappelle Mme Proulx.

Les Croix de chemin étaient également des points de rassemblement lors du mois de Marie, du 1er au 31 mai. « Chaque soir, les gens se réunissaient au pied de la croix du rang. Ils disaient le Notre Père, des chapelets, chantaient des cantiques, et après tout le monde discutait et les enfants jouaient ensemble. C’était un point d’arrêt, après le long hiver où on ne se voyait à peu près pas. C’était de la gaieté », confie Carmen Proulx.

« La croix nous réunissait dans les campagnes. »

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1 mois

[…] parution fait référence à un article paru dans le Courrier Sud : Un lieu de rassemblement et de prière en cadeau. La journaliste Stéphanie Paradis a fait la […]