Un devoir de mémoire pour Pierre Savard

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Par Stéphane Lévesque | Initiative de journalisme local
Un devoir de mémoire pour Pierre Savard
Pierre Savard. (Photo : Stéphane Lévesque)

NICOLET. La journée ensoleillée du 10 mai était parfaite pour les travaux autour de la maison ou une randonnée pour Pierre Savard. Mais comme il le fait chaque année, c’est plutôt à l’École nationale de police du Québec (ENPQ) que le policier retraité était droit comme chêne à l’occasion de la cérémonie commémorative des policiers morts en service. Un devoir de mémoire et de respect pour l’ancien du Service de police de la ville de Montréal qui a vu un de ses frères d’armes sacrifier sa vie pour assurer la sécurité de ses concitoyens.

«Je suis un ancien de l’École nationale de police. Quand j’ai pris ma retraite, c’était tout à fait naturel de continuer de participer à ce type de cérémonie. C’est important de se recueillir et de se souvenir. À Montréal, avant d’arriver à Nicolet, j’étais à un coin de rue de l’un de mes collègues qui a été blessé par balles. J’ai aussi en mémoire mon collègue Yves Phaneuf qui a été tué sur mon quart de travail en 1991. J’étais là aujourd’hui pour lui et pour tous ceux qui ont laissé leur vie», relate Pierre Savard d’un ton laissant cours à une tristesse bien normale et salvatrice.

Cette expression d’émotion n’est d’ailleurs plus un tabou pour les futurs policiers formés à Nicolet.

«Un décès d’un policier peut amener un choc post-traumatique chez ses collègues. C’est un sujet que l’on aborde avec nos futurs policiers. Un accompagnement est nécessaire et cela prend des moments pour partager sa peine comme aujourd’hui. Cela fait partie du deuil. Depuis une dizaine d’années, on a réellement avancé au niveau de l’aide, mais il reste encore du travail à faire. Les policiers ne doivent pas hésiter à parler», souligne Pierre St-Antoine, directeur général de l’ENPQ.

Notons que la cérémonie s’est déroulée sur le site commémoratif de l’ENPQ. Diffusé sur le web en direct, le moment de recueillement a débuté par l’appel nominal des 188 policiers morts en service depuis 1852. Une minute de silence a été observée et des couronnes ont été déposées aux monuments dédiés aux policiers morts en service.

Rappelons que le site commémoratif de l’ENPQ a été aménagé il y a 15 ans sur le campus de l’ENPQ. Il comporte 5 cénotaphes, soit celui de la Sûreté du Québec, celui conjoint du Service de police de la Ville de Montréal et de l’Association des directeurs de police du Québec, celui de la Gendarmerie royale du Canada, le cénotaphe autochtone, ainsi que celui de l’École nationale de police du Québec.

 

 

 

 

 

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