Une tape sur les doigts pour Métaux 132

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Par Sebastien Lacroix
Une tape sur les doigts pour Métaux 132
Un conducteur de l'entreprise avait été impliqué dans un grave accident en juin 2016. (Photo : Le Courrier Sud - Archives/Sébastien Lacroix )

JUSTICE. La Commission des transports du Québec vient de modifier la cote de sécurité de l’entreprise Métaux 132, de Pierreville, en la faisant passer de «satisfaisant» à «conditionnel» en plus de lui imposer des mesures correctives.

Dans un jugement rendu il y a quelques semaines, la Commission estime que le comportement des conducteurs de Métaux 132 inc. à l’égard de la conduite d’un véhicule lourd est «inquiétant».

Dans son analyse, le juge administratif Christian Jobin, fait valoir que le nombre d’infractions révèle qu’il ne s’agit pas d’événements isolés et démontre une «récurrence de comportements déficients» qui compromettent la sécurité des usagers de la route.

On se souviendra qu’un conducteur de l’entreprise avait été impliqué dans un grave accident, en juin 2016, lorsqu’il avait dû freiner rapidement alors que des véhicules le précédant étaient immobilisés sur le boulevard des Acadiens, à Saint-Grégoire. La pelle mécanique qu’il transportait s’était déplacée de son chargement pour tomber sur le toit d’une voiture qui s’en venait en sens inverse.

Afin d’éviter une récidive de ce genre d’accident, l’achat d’une remorque plus spécialisée a été effectué par l’entreprise. Lors des transports, les véhicules sont dorénavant arrimés avec des chaînes à courtes mailles, davantage résistantes. De plus, ils sont fixés à partir de six points d’ancrage plutôt que quatre, selon ce qu’a fait valoir l’un des administrateurs devant la Commission.

Plusieurs infractions

En plus de l’implication dans les accidents, les trois conducteurs de l’entreprise ont commis un nombre d’infractions de juillet 2014 à juillet 2016. Ceci a fait dépasser le nombre de points au dossier PEVL à ne pas atteindre. C’est pourquoi le dossier de Propriétaire et exploitant de véhicules lourds (PEVL) de l’entreprise a rebondi devant la Commission des transports.

Le conducteur impliqué dans la collision entre une pelle mécanique et un véhicule était d’ailleurs responsable de cinq des neuf infractions inscrites au dossier. Selon le témoignage enregistré devant la commission, il s’agirait toutefois d’un «excellent conducteur qui a été malchanceux d’avoir eu autant de constats d’infraction».

Parmi les infractions commises par l’entreprise, deux concernaient des excès de vitesse, soit de 80 km/h et de 69 km/h dans une zone de 50 km/h.  Celles-ci a fait l’objet d’avertissements verbaux seulement et aucun avis a été transmis au conducteur.

À cela s’ajoutent des manquements à la sécurité des opérations, mais également plusieurs qui ont trait à des chargements qui ne respectent pas les normes d’arrimage. Au cours de l’année 2017, trois infractions routières ont été commises par l’entreprise, dont deux qui découlent de la transgression des normes réglementaires en lien avec les chargements transportés.

De plus, avant l’embauche d’un mécanicien, il y a quelques mois, aucun calendrier préventif ni de registre de mesures de l’usure des freins n’a été tenu par l’entreprise.

Lors de leurs témoignages, les administrateurs de l’entreprise ont fait valoir que l’un des conducteurs responsables de deux infractions dans la zone «Charges et dimensions» n’est plus à l’emploi de l’entreprise, ayant de la difficulté à se conformer aux directives; que l’une des infractions fait l’objet d’une contestation et qu’une autre est attribuable à un permis spécial que s’est maintenant procuré l’entreprise.

Manque de connaissances

Dans son jugement, la Commission des transports du Québec estime que plusieurs infractions semblent être attribuables à un manque de connaissances à l’égard des obligations d’un exploitant de véhicules lourds.

L’absence de politique écrite en matière de sécurité routière et de sanctions disciplinaires reflète une méconnaissance des exigences, a fait valoir le juge administratif, Christian Jobin.

Pour remédier aux déficiences constatées, la Commission a imposé à Métaux 132 de faire suivre une formation à ses gestionnaires et à ses conducteurs de véhicules lourds. La Commission réclame aussi que les attestations de formations lui soient transmises avant le 2 mars prochain.

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