Le défi d’une vie pour Josée Demers

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Par Stéphanie Paradis
Le défi d’une vie pour Josée Demers
Josée Demers s'est qualifiée pour le Ironman de Kona, à Hawaii, le 6 octobre prochain. (Photo : Stéphanie Paradis)

SAINTE-CÉCILE-DE-LÉVRARD.  En 2017, Josée Demers ne savait pas nager et ne possédait pas de vélo de route. Pourtant, à peine 5 ans d’entrainement plus tard, elle réussissait à se qualifier pour le Ironman World Championship de Kona à Hawaii, une épreuve de triathlon comprenant 3,86 km de nage dans la baie de Kailua, 180,2 km de vélo de route et 42,2 km de course. Le défi d’une vie qu’elle s’offre pour ses 40 ans!

C’est au Ironman de Tremblant, le 21 août dernier, que la magie a opéré. Alors que Josée Demers complétait l’épreuve en 11 :58 :41, elle se classait 6e dans sa catégorie d’âge. La chance lui a souri, car cinq places étaient disponibles pour Kona par catégorie d’âge, et l’une des participantes qui la précédaient s’est « désistée » par son absence, laissant le champ libre à la Trifluvienne d’adoption.

« Sur le coup, j’étais contente! Maintenant que tout a été réservé à Kona, je suis énervée et j’ai hâte! Je veux en profiter, je veux m’amuser! Mes preuves sont faites, alors je vais juste là pour le vivre et le savourer, et je n’ai pas d’attentes de performances. Je veux juste être capable de le faire au complet, parce que la portion nage, c’est épeurant dans le Pacifique! », révèle Josée.

D’ailleurs, l’épreuve de Kona sera différente en quelques points de celle de Tremblant. Tout d’abord, étant donné la température de l’eau à Hawaii, qui se situe en moyenne à 24 degrés Celsius, il est interdit de porter une combinaison isothermique (wetsuit), une différence notable, car cette dernière aide à la flottaison. « Depuis Tremblant, je m’entraine en eau libre sans wetsuit, mais ici c’est froid! Alors ce n’est pas évident! », lance l’athlète en riant.

Pour ce qui est du trajet à vélo, ce n’est pas le dénivelé qu’elle appréhende, mais plutôt les forts vents et la chaleur. « Il fait toujours 35 ou 36 degrés avec l’humidex », dit-elle. « Quant au parcours de course, il est en partie sur les laves de volcan, alors le sol est très noir. Il parait que la chaleur est vraiment impressionnante! », ajoute-t-elle.

L’Ironman de Kona se déroulera le 6 octobre prochain, mais Josée Demers a prévu bien plus qu’un aller-retour à Hawaii! « J’ai un ami avec qui je m’entraine qui s’est aussi qualifié, alors on s’est loué un condo. On va avoir du temps avant pour s’acclimater, on va avoir du temps après. On va en profiter pour aller visiter entre les entrainements, mais la semaine avant la course, c’est toujours tranquille pour permettre à notre corps de récupérer », mentionne Josée.

Quand la persévérance est payante!

Bien que Josée Demers habite aujourd’hui Trois-Rivières depuis l’âge de 17 ans, elle a gardé un lien important avec Sainte-Cécile-de-Lévrard. En plus de sa famille qui y demeure toujours, elle travaille à temps partiel à la Municipalité comme inspecteur municipal en plus de son emploi principal. Et elle trouve tout de même le temps de s’entrainer plus de 20 heures par semaine!

Josée a toujours été sportive et a touché à de nombreuses disciplines : ringuette, volleyball, basketball, équitation, patinage artistique, etc. Ce n’est qu’en 2015 qu’elle a commencé à courir et qu’elle a complété son premier 5k. Comment passe-t-on d’une course de 5 kilomètres à un triathlon? « En 2017, je suis allée monter le mont Washington avec un groupe d’amis de Sainte-Cécile, et on y a rencontré des triathloniens. Un de mes amis m’a dit : Il me semble que tu serais bonne là-dedans! Ça m’a joué un peu dans la tête! », se remémore Josée. Il n’en fallut pas plus pour qu’elle s’inscrive à des cours de natation et qu’elle se procure un vélo de route!

C’est en 2018 à Nicolet qu’elle a terminé son tout premier triathlon distance sprint (750 m de natation, 20 km de vélo et 5 km de course). Elle a tellement aimé son expérience qu’elle s’est tout de suite inscrite à un autre triathlon, celui-ci en eau libre, où elle a terminé 3e dans sa catégorie.

Voyant son potentiel, elle s’est inscrite à un triathlon distance olympique, soit le double de la distance sprint, dans la baie de Beauport. « C’était difficile, parce que c’était dans le fleuve. Il y avait des vagues, il y avait du vent, il y avait du courant, on avait de la difficulté à aller chercher les bouées parce qu’on était déporté », raconte Josée Demers. Lors de la nage, elle s’est même retrouvée à sens inverse. « Je ne voyais rien, j’avais des lunettes fumées et il faisait noir! », lance-t-elle.

« Il fallait faire deux tours. Il fallait revenir sur la plage, y courir et retourner à l’eau. Après le premier tour, j’étais découragée et j’ai même pensé abandonner. La nage, c’est ma bête noire », avoue-t-elle. C’est grâce à la présence de ses garçons à la course qu’elle a refusé de baisser les bras, prêchant par l’exemple, car elle ne cesse de leur répéter l’importance de ne jamais abandonner. « Je suis retournée à l’eau et j’ai fait mon tour. Par la suite, j’ai dépassé à vélo, j’ai dépassé à la course, pour finir finalement 2e parmi les femmes! », mentionne-t-elle, offrant un exemple parfait que la persévérance finit toujours par payer.

Ce n’est pas la seule course où l’abandon aurait pu être la solution facile pour Josée Demers. La veille de son triathlon de Charlevoix, elle s’était fait mordre à la cuisse par un chien Saint-Bernard, une blessure ayant nécessité 15 points de suture. Après hésitation, elle a tout de même pris son départ… pour terminer 3e de sa catégorie!

« J’ai des courses qui ont bien été, d’autres qui ont moins bien été. Il faut se lever, il ne faut pas arrêter et il faut persévérer malgré les petites blessures et les obstacles. C’est tellement d’entrainement! Ce n’est pas comme le hockey où tu joues des matchs chaque semaine et que tu peux te reprendre. Des triathlons, tu en fais deux ou trois par année, alors les incontrôlables, il faut passer par-dessus! », dit-elle.

« Si tu donnes le minimum, tu vas avoir le minimum. Si tu donnes le maximum, eh bien tu vas peut-être avoir de belles choses », conclut-elle.

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