Six marathons en six jours… à la marche

Six marathons en six jours… à la marche

Jean-François Duval, éducateur physique à lécole secondaire La Découverte.

Crédit photo : courtoisie

DÉFI. Au moment où vous lisez ces lignes, Jean-François Duval est quelque part entre Ottawa et Saint-Léonard-d’Aston, lui qui a décidé de parcourir une distance d’environ 255 kilomètres à pied.

C’est le défi que s’était lancé l’éducateur physique dans le cadre de la campagne de financement Terry Fox de l’école secondaire La Découverte. Pour la cause, il s’était engagé à marcher un kilomètre par tranche de 20$ de dons amassés pour la recherche contre le cancer.

Un objectif de 6000$ avait été fixé pour qu’il parte d’Ottawa et se rende jusqu’à Saint-Léonard-d’Aston, soit une moyenne de 50 kilomètres par jour pendant six jours. Comme la campagne s’est finalement soldée à 5100$, il fera quelques bouts en voiture, mais tout de même l’équivalent d’un peu plus de six marathons, à vitesse de marche, en six jours!

«Trouvez vos propres défis sans le stress de la performance.»

– Jean-François Duval, éducateur physique

Le 31 octobre, il s’est rendu à la statue de Terry Fox pour saluer ce héros national. À partir de là, il a marché jusqu’à Montebello sur 45 kilomètres. Le lendemain, il partait de Hawkesbury pour se rendre à Mirabel, en passant par Lachute, soit un autre 45 kilomètres.

Vendredi, son itinéraire se fera de Mirabel à Saint-Roch-de-l’Achigan (45 km). Il parcourra un autre 45 km le samedi, entre L’Épiphanie et Berthierville. Il prendra le traversier pour ensuite partir de Sorel et se diriger vers Saint-Elphège (40 km), le dimanche.

Il finira par un «petit» 35 km, le lundi, entre Saint-Elphège et Saint-Léonard-d’Aston. Il sera attendu à l’école secondaire La Découverte dans l’après-midi.

Il marchera donc à une vitesse moyenne d’environ 5 kilomètres à l’heure à partir de 7 heures le matin jusqu’en début de soirée. Il prévoit faire des tranches d’une quinzaine de kilomètres, avant de s’accorder des pauses de 45 minutes.

Une équipe d’une dizaine de personnes, composée d’amis et de professeurs de l’école, se relaiera pour le soutenir dans son épreuve. S’il souhaite parcourir le tout en solo, ceux-ci l’approvisionneront en eau et en nourriture, lui apporteront des vêtements de rechange, le conduiront à des endroits où coucher, etc. «Je serai toujours en contact avec quelqu’un», souligne-t-il.

Un défi accessible

Bien qu’il soit conscient que son défi sera un accomplissement physique, Jean-François Duval estime qu’il s’inscrit bien dans l’esprit de Terry Fox, pour qui «tous les exploits personnels ne se mesurent pas au chronomètre».

Un homme qui, faut-il le rappeler, avait parcouru 5373 kilomètres en 143 jours, soit 37 kilomètres par jour, sur une seule jambe… avec comme objectif de traverser le Canada d’un océan à l’autre.

Son «marathon de l’espoir» s’était finalement terminé au nord-est de Thunder Bay, le 1er septembre 1980. Encore aujourd’hui, on parle de son accomplissement qui a permis d’amasser 24,1 millions $, soit un dollar par personne vivant au Canada à cette époque.

Bien que ça puisse sembler contradictoire, vu l’importance de la distance à parcourir, Jean-François Duval a voulu envoyer un message aux jeunes, comme quoi on n’a pas toujours à tomber dans l’extrême.

«En marchant, je ne voulais pas faire une performance. Pour leur montrer que leur défi, ça leur appartient. Qu’on n’est pas obligé de toujours battre un record», souligne l’éducateur physique, qui voulait réaliser un défi qui soit accessible pour tous.

Dans une lettre envoyée aux jeunes, il a cité Richard Séguin pour illustrer son défi. «Face à l’individualisme triomphant, à la plainte et au repli sur soi, à la dictature de la performance, en ces temps où on nous dicte le rythme à prendre, marcher devient un geste de résistance, une sorte de pied de nez à l’accélération. Marcher, c’est tourner le dos aux exigences qu’on nous impose.»

Il entend d’ailleurs réaliser son défi sans le stress de la vitesse ou du temps, afin d’en apprécier chaque moment. Il souhaite d’ailleurs que la résilience que générera la fatigue de son défi lui amène un état d’esprit plus ouvert et plus réceptif.  «Ce sera mon Compostelle», illustre-t-il.

Une source de motivation

Pour se préparer à son défi, Jean-François Duval a fait du jogging au cours des dernières semaines, en plus de marcher de longues distances à quelques reprises. Il a déjà réalisé des sept à huit heures de marche. Il a aussi fait la distance entre l’école et sa résidence de Saint-Grégoire: un trajet de 23 kilomètres qu’il a réalisé en près de cinq heures.

L’éducateur physique se sert également de son défi pour motiver les jeunes dans ses cours. «Les élèves m’en parlent souvent. Ils me souhaitent bonne chance et ils trouvent ça le fun, poursuit-il. Ça leur sert aussi de motivation. Quand ils chialent pour faire un peu de jogging, je cours avec eux autres. Je leur rappelle combien de kilomètres j’aurai à faire. Je montre l’exemple et j’essaie d’être un modèle.»

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