Améliorer sa santé mentale grâce aux chevaux

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Par Stéphanie Paradis
Améliorer sa santé mentale grâce aux chevaux
Geneviève Bélanger, propriétaire du Centre Équilibre. (Photo : courtoisie Louise Cornelissen)

PIERREVILLE.  Détresse psychologique et crise psychosociale; Geneviève Bélanger accompagne et intervient auprès de personnes qui en souffrent afin qu’elles retrouvent leur équilibre. Et c’est grâce à des ateliers pas comme les autres qu’elle y arrive. En effet, ses ateliers et thérapies tirent leur efficacité de l’énergie des chevaux qui accompagnent la clientèle de l’entreprise pierrevilloise, le Centre Équilibre.

Les adolescents et les adultes peuvent faire affaire avec le Centre Équilibre en cas d’idées suicidaires, de choc post-traumatique, de deuil, d’agressions sexuelles, d’anxiété, d’estime de soi. « Je suis une intervenante de crise. »

Pourquoi la thérapie par le cheval? « Le cheval, c’est une proie. C’est un des animaux les plus peureux et émotionnels, explique Geneviève Bélanger. C’est donc puissant de travailler avec lui en thérapie, parce que le cheval ressent nos émotions et aura un comportement qui variera selon notre état. Si on est très nerveux ou en colère, par exemple, le cheval n’aura pas envie d’être en connexion avec nous et va nous le démontrer par des signes de son corps. Il sera nerveux et voudra fuir. Ainsi, plus on travaille sur nous-mêmes, plus le cheval veut connecter avec nous. C’est vraiment puissant! », assure-t-elle.

Il existe d’ailleurs plusieurs types d’ateliers en compagnie du cheval, comme l’art thérapie et la communication intuitive. L’art thérapie se pratique en trois volets et débute avec la méditation pour que les gens se connectent avec l’énergie des chevaux. Par la suite, les gens peuvent utiliser spontanément la peinture sur le corps des chevaux, ce qui permet de le toucher et de ressentir son énergie. « On les lave après, sans brosse ni éponge, car on recherche le contact avec les mains. Dans l’après-midi, les gens font une toile intuitive, avec les doigts, pendant que les chevaux entourent le groupe. Pas besoin de savoir peindre! », explique Mme Bélanger.

Quant à la communication intuitive, Geneviève Bélanger la décrit comme étant une forme de télépathie. « On peut recevoir des messages venant des animaux. C’est de plus en plus connu qu’on est capable de se connecter avec un animal. Pendant les deux jours que dure l’atelier, on apprend à se déposer, à laisser tomber tous les tabous, à se laisser emporter et à regarder si on peut recevoir des messages des animaux », révèle Mme Bélanger.

D’ailleurs, les chevaux de Geneviève Bélanger sont particulièrement dociles, car ce ne sont pas n’importe quelles bêtes qui peuvent se prêter à l’expérience de la thérapie. « J’ai deux grands chevaux et un cheval miniature, et ce sont des chevaux qui sont habitués, ce sont des chevaux de zoothérapie qui sont très calmes. Effectivement, ça ne pourrait pas être dans n’importe quel centre équestre qu’on pourrait donner ces ateliers pour une question de sécurité », assure la pierrevilloise.

En plus de la thérapie par le cheval, Geneviève Bélanger offre des services de zoothérapie (chats, chiens, lapins et chevaux) et, au printemps prochain, un service d’hypnose thérapeutique et médicale viendra s’ajouter à l’offre de services du centre. « Je vais offrir de l’hypnose pour les clients, mais on va également faire des journées de groupe en hypnose avec l’énergie des chevaux. Ça fait longtemps qu’on me le demande! », révèle Mme Bélanger.

Pour redonner à son tour

Geneviève Bélanger a elle-même bénéficié de la thérapie par le cheval dans le passé. Lorsqu’elle était toute petite, elle et sa famille vivaient sur une grande terre en compagnie de chevaux. Alors qu’elle avait trois ou quatre ans, elle s’est fait mordre à la main par un cheval parce qu’elle y tenait une pomme. « Après, j’ai développé un traumatisme avec tous les animaux, mais mon intérêt envers les chevaux, ça a toujours resté, raconte Mme Bélanger. Même adolescente, j’avais toujours besoin de me faufiler dans toutes les écuries que je trouvais sur mon chemin pour essayer de trouver des chevaux », poursuit-elle en riant.

« Mais je n’étais pas capable de les approcher, j’avais vraiment peur d’eux. Par contre, si on me mettait sur la selle, je pouvais partir au galop, je pouvais faire de l’équitation! », nuance la thérapeute.

Il y a plusieurs années, le père de Geneviève Bélanger s’est suicidé, un deuil qui a été extrêmement difficile à faire. Alors qu’elle vivait dans une profonde dépression, elle a entendu parler de la thérapie par les chevaux. Le déclic s’est immédiatement fait. « J’aimais tellement les chevaux, mais ils ne faisaient plus partie de ma vie, et mon père, c’est ce qu’il aimait le plus. Donc ça a été spontané, intuitif. J’ai fait des recherches et je suis allée faire une thérapie avec une psychoéducatrice à Mirabel », se souvient Mme Bélanger.

« Parallèlement, j’étais suivie par un neuropsychologue, parce que j’avais un gros choc post-traumatique et j’avais vécu de la violence conjugale. J’avais essayé plein de thérapie, mais c’est vraiment ça qui a été le coup d’envoi pour ma réhabilitation », dit-elle.

« À ce moment-là, je travaillais dans le milieu financier, mais je me disais que quand j’allais être à ma retraite, j’allais offrir des thérapies par le cheval. J’ai donc commencé à faire des études à temps partiel et du bénévolat dans des centres d’équitation thérapeutique. Je donnais beaucoup de mon temps dans des organismes avec des chevaux, mais à un moment donné, l’envie est devenue si forte que j’ai laissé mon travail et je me suis lancée dans mon rêve! », conclut Geneviève Bélanger.

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