Pour soutenir le développement accéléré de Sainte-Eulalie

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Par Sebastien Lacroix
Pour soutenir le développement accéléré de Sainte-Eulalie
Le ministre de l'Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne était à Sainte-Eulalie pour un importante annonce. (Photo : Sébastien Lacroix)

POLITIQUE. Les ministres François-Philippe Champagne et André Lamontagne étaient à Sainte-Eulalie, mardi matin, pour faire l’annonce d’importantes subventions pour le traitement des eaux de la Municipalité.

Grâce à un investissement de 5,5 millions $, dont 2,8M$ proviendra du fédéral, et 1,8M$ du provincial, la Municipalité s’apprête en effet à remplacer son système de traitement des eaux usées et à construire un nouveau poste de pompage.

«On repart de zéro. Ce sera une usine complètement neuve, souligne le maire Gilles Jr Bédard. Nos bassins pour accumuler l’eau étaient à pleine capacité. On aura de nouveaux bassins de rétention avec une usine qui traitera les boues.»

En plus d’assurer la préservation de cours d’eau, l’usine permettra au village de se développer. Ce qui n’était plus possible avec les infrastructures actuelles. «On ne pouvait plus avoir de nouvelles entreprises, de nouveaux commerces ou de nouveaux terrains résidentiels», souligne le maire.

C’est que, comme l’a souligné le député de Nicolet-Bécancour, la municipalité a connu un développement accéléré au cours des dernières années, notamment en raison de l’intersection des autoroutes 20 et 55 qui ont amené des opportunités commerciales et industrielles. À cela s’ajoutent la construction de nouvelles maisons et l’industrie de la canneberge qui entraîne un volume assez important de rejets.

Une fois que l’usine sera en opération, en janvier 2020, la capacité de traitement des eaux usées sera maintenant plus que doubler. Puisque l’usine va rouler probablement à 45% ou 50% de sa capacité lors de son démarrage.

Il y aura donc possibilité de continuer le développement du parc industriel et commercial 20-55, alors que la première phase arrive pratiquement à pleine capacité. «On est en attente pour voir s’il y a possibilité d’avoir d’autres terrains pour pouvoir continuer le développement. Il reste un terrain à construire et deux qui sont en zone inondable. On essaie d’évaluer si on les déshumidifie ou qu’on les réhabilite pour être capable de les vendre, indique le maire de Sainte-Eulalie. On pourrait déboiser, mais il faudrait faire l’achat de terrains pour être capable de faire une phase 2.»

Des zones ont aussi été ciblées pour le développement résidentiel, mais on est en attente de décisions de la CPTAQ pour savoir si on peut aller de l’avant en raison de la nature agricole du secteur.

Une pression supplémentaire

Le projet doit avoir été livré pour le 31 mars 2020, sans quoi la Municipalité risque de perdre son financement. Un stress supplémentaire que le maire de Sainte-Eulalie a signifié aux ministres Champagne et Lamontagne.

Puisque dans le processus, il faut avoir l’aval de du ministère l’Environnement. «On ne peut pas aller plus vite que l’Environnement, explique le maire Gilles Jr Bédard. Il faut avoir les autorisations légales pour continuer le projet.»

Si on ne croit pas avoir de problème, ce sont tout de même environ six mois de retard qui ont été pris, selon ce qu’a indiqué le maire Bédard. «On trouve que les délais sont justes. Parce que si l’usine est prête en janvier 2020, et que le programme termine en mars. Ça nous donne huit semaines de rodage.»

«C’est cette pression qui est difficile à gérer, parce que la Municipalité investit des sommes (900 000$), continue-t-il. On embauche une firme de techniciens-consultants qui nous supporte dans le processus. Si on arrive au final, que ce n’est pas fonctionnel et que nous n’avons pas les autorisations: ces argents-là (4,6M$), on ne les a plus.»

Des critères à revoir

Le ministre responsable du Centre-du-Québec, André Lamontagne, qui était sur place au nom de la ministre des Affaires municipales Andrée Laforest a été très sensible à cette préoccupation. Il a insisté sur l’urgence d’agir des fonctionnaires à collaborer entre les ministères et les paliers de gouvernement.

«Ce n’est pas qu’il y ait un échéancier le problème, c’est le fait d’être tributaire d’une partie tiers qui ne fait pas le travail. Je me suis engagé à le partager au conseil des ministres et on va faire un suivi», a-t-il assuré.

Le ministre de l’Infrastructure et des Collectivités, François-Philippe Champagne a également admis que la méthode «du premier arrivé premier servi» sera à revoir dans un volet 2. Parce que celle-ci a créé un bon nombre de frustrations, particulièrement dans les plus petites municipalités étant donné que celles-ci ne sont pas toujours prêtes quand l’appel de projets est lancé. «Parce qu’on n’a pas tous de grands services d’ingénierie ou l’aide de consultants pour développer ce genre de projet», indique-t-il.

Il ajoute que son gouvernement a fait du rattrapage sur les infrastructures et établi des délais en raison de l’urgence d’agir. Comme on investira maintenant sur du long terme, au cours des dix prochaines années, la façon de faire est à revoir. «On travaille sur les prochaines étapes. Pour voir comment on va structurer ça pour s’assurer que les municipalités grandes et petites puissent bénéficier des programmes qui seront mis en place», ajoute le ministre Champagne.

Il ajoute qu’une meilleure coordination sera également nécessaire entre les ministères. «On est en train de revoir nos pratiques pour aligner nos processus en fonction des saisons, continue-t-il. Particulièrement au Québec, où la saison de la construction commence au mois d’avril. Il faut s’aligner pour faire travailler des gens le plus tôt possible dans l’été.»

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