Un pont au nom de la prospérité

Photo de Marie-Ève Veillette
Par Marie-Ève Veillette
Un pont au nom de la prospérité
Le pont Laviolette de nos jours (Photo : (Gracieuseté de Philippe Muratori))

PONT LAVIOLETTE. C’est principalement pour des raisons de développement économique que les représentants de la Chambre de Commerce de Trois-Rivières militaient, de 1948 à 1960, en faveur d’un pont entre leur ville et la rive sud. Cinquante ans après qu’ils l’aient obtenu, force est d’admettre que le temps leur a donné raison.

Aujourd’hui, il se transige pour un demi-milliard de dollars en marchandises et en services chaque année sur le pont Laviolette, rapportait le directeur général d’Innovation et Développement économique (IDÉ) Trois-Rivières, Mario De Tilly, lors d’un dîner-conférence de l’Université du Troisième âge portant sur l’impact socioéconomique du pont pour les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

En plus de jouer un rôle de facilitateur en matière d’échange commercial, le pont simplifie grandement les échanges et les communications  de toutes sortes entre les deux rives, en plus de donner accès à la population à des services (éducation, santé…) et à des emplois qu’elle n’aurait pas autrement.

«Tous les jours, il y a un mouvement migratoire entre les deux rives, rappelle Mario De Tilly. En 2011, selon Statistique Canada, pas moins de 7210 travailleurs traversaient le pont quotidiennement, que ce soit dans l’une ou l’autre des directions, pour aller gagner leur vie. Globalement, ça représente des salaires totalisant 396 M$.»

De ces 7210 travailleurs comptabilisés en 2011, 1490 partaient de Bécancour chaque matin pour aller travailler à Trois-Rivières. À l’inverse, le même jour, 3285 travailleurs quittaient Trois-Rivières pour Bécancour, se dirigeant entre autres vers son Parc industriel et portuaire, qui fournit de l’emploi à plus de 2000 personnes, ou vers le Parc 30-55, qui regorge de PME offrant pas moins de 1200 emplois au total.

Si l’on en croit M. De Tilly, le développement de ces parcs ne serait pas étranger à la présence du pont Laviolette. «Pour qu’une entreprise décide de s’installer à un endroit, elle doit y trouver ce qu’on appelle un écosystème de production: de la main-d’œuvre qualifiée, des gestionnaires de haut calibre, des institutions de formation, des réseaux routiers, ferroviaires, voire portuaires facilement accessibles, des sous-traitants potentiels et fournisseurs de matière première. Le pont a joué un rôle extrêmement important dans la naissance de cet écosystème dans la région», fait-il valoir.

Développement inhérent

Si le pont contribue au développement économique, il contribue aussi, par la bande, au développement immobilier et à la création de services de proximité, estime Mario de Tilly. «On doit permettre à la main-d’œuvre de s’établir à proximité de son lieu de travail, par exemple.»

«Le développement du Domaine Godefroy à Bécancour et l’essor du secteur Saint-Grégoire en sont deux bons exemples», renchérit le président et directeur général de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Maurice Richard.

Aujourd’hui, les économies des deux régions sont intimement liées en raison de la présence du pont dans le paysage. En parallèle, celui-ci donne aux citoyens la chance de choisir la qualité de vie qui leur convient, que ce soit en milieu urbain sur la rive nord, ou davantage rural sur la rive sud.

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des