Plongeon dans l’univers fantastique de Kuro Hasu Kitsune

Photo de Stéphanie Paradis
Par Stéphanie Paradis
Plongeon dans l’univers fantastique de Kuro Hasu Kitsune
Jean-Alexandre Bérubé a reçu une bourse pour l'écriture du 3e tome Des Chroniques du Phoenix noir. (Photo : Stéphanie Paradis)

BÉCANCOUR. Kuro Hasu Kitsune, de son véritable nom Jean-Alexandre Bérubé, est l’auteur de la saga Les Chroniques du Phoenix noir. Les romans de l’auteur de Bécancour se démarquent par un univers inspiré de la mythologie asiatique et des folklores européens. Cet univers fantastique, élaboré au départ aux côtés de sa conjointe et de son meilleur ami, avait tout d’abord été remarqué lors d’un concours d’envergure de Wizards of the Coast, la sous-division du géant du jeu Hasbro qui a produit Donjons et Dragons.

On doit remonter presque 20 ans en arrière, soit en 2002, pour découvrir les origines du projet de Jean-Alexandre Bérubé. Alors que Wizards of the Coast lançait un concours littéraire pour lequel les participants devaient développer un nouvel univers fantastique, Jean-Alexandre Bérubé a rallié ses troupes afin de se frayer un chemin dans la compétition. Wizards of the Coast, qui s’attendait à recevoir 3000 soumissions tout au plus, en a plutôt reçu 11 000. Malgré ce nombre impressionnant, Jean-Alexandre ainsi que ses deux co-auteurs, Camille et Alexandre, ont fait partie des 11 finalistes. Fait intéressant: ils étaient les seuls francophones dans une mare d’anglophones, pour la plupart américains.

« J’aimerais dire qu’on est allé plus loin, mais malheureusement ça s’est arrêté là pour nous. Mais le fait d’être parmi les 11 finalistes sur 11 000 soumissions nous a fait réaliser que notre projet avait vraiment beaucoup de potentiel. On a alors décidé de le pousser un peu plus de l’avant », mentionne Jean-Alexandre.

L’univers fantastique des Chroniques du Phoenix noir

C’est en 2016 que Jean-Alexandre Bérubé a démarré son projet solo en remaniant cet univers destiné à un jeu de table pour lequel il n’existait que des segments d’histoires griffonnées par lui et ses amis. Son projet, la série de romans Les Chroniques du Phoenix noir, a tout d’abord été écrit à titre d’un passe-temps qui a pris de l’ampleur.

Les romans de l’auteur de Bécancour se démarquent par un univers inspiré des folklores européens avec les loups-garous ou encore les fantômes, de la mythologie asiatique avec des personnages comme les kitsune qui sont des renards ayant la capacité de se métamorphoser, ou encore de la mythologie hindoue avec les rakshasa, des espèces de créatures félines démoniaques.

« J’aime réinventer certains mythes, certaines coutumes, et leur donner d’autres explications. J’aime beaucoup jouer avec l’histoire, avec les légendes. Je prends plaisir à développer également des appendices dans lesquelles je vais expliquer toutes les races », explique Jean-Alexandre Bérubé.

Soutien financier pour projets artistiques et littéraires au Centre-du-Québec

Jean-Alexandre Bérubé a reçu 17 000 $ pour la recherche et l’écriture du troisième livre de sa saga, Les Chroniques du Phoenix noir: Le Prince. Ce financement lui a été accordé dans le cadre du Programme de partenariat territorial du Centre-du-Québec par le Conseil des arts et des lettres du Québec, en collaboration avec les MRC d’Arthabaska, de Drummond, de L’Érable et de Nicolet-Yamaska, les villes de Bécancour, Drummondville, Nicolet et Victoriaville ainsi que Culture Centre-du-Québec.

Ce montant accordé à l’auteur lui permettra de diminuer un peu ses heures de travail afin de consacrer plus de temps à l’écriture. Au-delà de ce montant qui a été attribué à Jean-Alexandre, un partenariat a également été formé avec le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).

« J’ai beaucoup de mes héros qui sont d’anciennes victimes. Je parle d’esclavage, de prostitution, de choses assez dures qu’on ne voit pas nécessairement dans une partie de jeu de rôle, parce que l’emphase n’est pas là-dessus », raconte l’auteur de Bécancour. « Je voulais brosser un univers le plus crédible possible. J’ai commencé à écrire en faisant des recherches sur les milieux criminels, par exemple. J’ai travaillé beaucoup à montrer mes personnages comme étant des gens qui voulaient changer. »

C’est donc dans le souci de rendre ses personnages le plus crédibles possible que M. Bérubé rencontrera des intervenants du CALACS afin d’aligner ses recherches. Comment peut se reconstruire une victime? Quel est le processus de guérison? « Contrairement aux recherches mythologiques, les aspects psychologiques demandent de parler avec quelqu’un d’autre et de confronter les idées », mentionne M. Bérubé.

« Même dans un univers qui n’est pas le nôtre, les lecteurs peuvent s’identifier aux réalités des personnages. Ce sont des sujets très actuels. Je parle de racisme, de la place de la femme, de l’inégalité des sexes, de la violence ». D’ailleurs, le public visé est âgé de plus de 16 ans.

Bien que le second roman de Jean-Alexandre Bérubé soit disponible depuis plusieurs mois déjà, la pandémie avait empêché un lancement digne de ce nom. C’est pourquoi un événement pour le lancement Des Chroniques du Phoenix noir: L’archiduc est prévu le 15 septembre prochain, à 19 h, en direct sur Facebook sur l’événement Lancement de L’Archiduc. Il est également possible d’y assister en personne au Repère des mauvaises langues au 127 rue Radisson à Trois-Rivières, mais les places sont limitées. Pour y assister, il faut se procurer un billet via la page Facebook de l’événement.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires