Pas d’usine de biométhanisation à Sainte-Sophie-de-Lévrard

Photo de Marie-Ève Veillette
Par Marie-Ève Veillette
Pas d’usine de biométhanisation à Sainte-Sophie-de-Lévrard
Le maire de Sainte-Sophie-de-Lévrad et copropriétaire de la ferme Sainte-Sophie au moment de l'annonce. (Photo : (Photo Marie-Eve Veillette))

SAINTE-SOPHIE-DE-LÉVRARD. Le projet d’usine de biométhanisation prévu à proximité de la ferme Sainte-Sophie, à Sainte-Sophie-de-Lévrard, ne se réalisera pas.

Cette usine devait traiter le lisier, le fumier, la paille et les autres résidus verts de la ferme, de même que les matières organiques de la municipalité, afin de capter les biogaz générés naturellement durant le processus de compostage. Ces biogaz auraient par la suite été transformés en gaz naturel renouvelable (GNR) distribué par Énergir.

Le projet avait été annoncé en grandes pompes à l’été 2020. Évalué à 16,25 M$, il était porté par le ­Groupe ­Bioénertek inc., qui avait obtenu un peu plus de 3 M$ du gouvernement du ­Québec pour l’aider à financer la mise en place de l’usine et de ses activités.

«  C’est tombé. Ça n’existe plus  », mentionne ­Jean-Guy ­Beaudet, copropriétaire de la ferme ­Sainte-Sophie et maire de ­Sainte-Sophie-­de-Lévrard. «  ­Tout le monde y a cru, mais ça ne marchait pas. Il y avait trop de complications. Nos animaux sont sur sable, et ça compliquait énormément la manipulation.  »

«  ­Au départ, ils voulaient trouver des techniques et des solutions pour utiliser notre matériel tel quel, mais ce n’était pas possible. On a essayé, étudié plein de choses. Ils nous ont finalement demandé de changer notre matériel, mais c’était hors de question car le sable, c’est le top au niveau du confort animal. Et chez nous, le confort animal passe avant tout le reste.  »

C’est d’un commun accord que le projet, tel que prévu au départ, a été abandonné, indique M. Beaudet. «  ­Oui, c’est un peu décevant, mais dans les circonstances, on n’avait pas le choix.  »

Groupe ­Bioénertek commente

Joint par téléphone, ­Philippe ­Laurencelle, directeur général du ­Groupe ­Bioénertek inc., confirme l’abandon du projet à la ferme ­Sainte-Sophie, mais précise qu' » il y a encore un projet en développement au ­Centre-du-Québec  ». Il refuse toutefois d’élaborer davantage, «  vu les discussions en cours  ».

Il précise par ailleurs que le défi de manipulation évoqué par M. Beaudet n’est qu’un des éléments ayant mené à cette décision. «  ­Oui ça rendait le projet plus complexe, mais il y a d’autres raisons qui ont fait que le projet n’a pas lieu, notamment tout ce qui a trait aux règles de la ­CPTAQ (Commission de protection du territoire agricole du ­Québec) et aux conditions de marché qui ne sont pas tout à fait bien attachées avec Énergir pour ce type d’­installation-là.  »

Rappelons que le projet de la ferme ­Sainte-Sophie faisait partie des huit projets appuyés par ­Québec dans sa volonté de développer une filière de production de ­GNR au ­Québec. Une somme de 70 M$ avait été réservée à cette fin pour une période de trois ans. La mise en service de l’usine était prévue pour la fin de 2022, sinon au début de 2023.

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CSNM
CSNM
1 mois

Bravo,
Ces usines n’ont rien d’écologique, au contraire ! En abandonnant ce projet vous sauvez vos nappes et votre air, vos sols et votre santé.
Regardez partout en Allemagne, France, USA, Italie, UK …
Le Collectif Scientifique National Méthanisation raisonnable