Oser le vert… au salon de coiffure!

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Par Marie-Ève Veillette
Oser le vert… au salon de coiffure!
Marye-Eve Laquerre dans son salon de coiffure «zéro déchet» de Saint-Pierre-les-Becquets. (Photo : Marie-Eve Veillette)

SAINT-PIERRE-LES-BECQUETS. Marye-Eve Laquerre s’est toujours démarquée des autres à sa façon. Au secondaire, c’était par ses cheveux colorés de façon flamboyante, puis par ses tatouages, qui se sont multipliés au fil des ans.

Aujourd’hui, elle gagne sa vie à colorer et à couper des cheveux dans son propre salon de coiffure. Un pied de nez à la direction de son école secondaire de l’époque, qui semblait douter, par moments, de son potentiel.

Oui, admet la jeune trentenaire: elle a toujours été un peu «bohème» dans son mode de vie. C’est d’ailleurs ce petit «côté givré» qui l’a aussi amenée à pratiquer et à enseigner le yoga. Mais ce trait particulier donne une couleur intéressante à l’entrepreneure en elle. Et cela teinte inévitablement le salon de coiffure qu’elle a ouvert l’été dernier, à Saint-Pierre-les-Becquets.

Sensible à ce qui l’entoure et accordant une importance capitale à l’environnement et à l’achat local, elle a donné à son salon une vocation fidèle à cette vision. Le tout s’est d’abord reflété dans le choix des matériaux utilisés pour l’aménagement du salon, dont le décor est constitué de bois de grange récupéré à Saint-Pierre-les-Becquets et dans les environs.

Plus de 95% des déchets du salon de coiffure Nomade de Marye-Eve Laquerre sont récupérés et réutilisés.

Les tablettes sont également remplies de produits écologiques, dont la plupart sont faits par des artisans aussi sensibles qu’elle à l’avenir de notre planète.

Un salon «Green Circle»

Mais sa plus grande fierté, c’est d’avoir intégré, à la mi-janvier, les Salons Green Circle, une organisation nord-américaine qui prône la récupération de tous les résidus et déchets produits en salons de coiffure.

«C’était l’objectif à atteindre», se réjouit Marye-Eve Laquerre, qui a pu payer les frais d’adhésion avec les contributions volontaires de sa clientèle et de son réseau de contacts.

Désormais, les bombes aérosol, les tubes de coloration, les résidus de colorant, les gants, les papiers d’aluminium, les cheveux, les plastiques, le papier et les emballages de toutes sortes, notamment, convergeront à l’usine de Green Circle, à Toronto, où ils seront valorisés et transformés.

Par exemple, les papiers d’aluminium serviront à fabriquer des cadres de vélo, les cheveux seront utilisés dans la confection de solutions de filtration des eaux et de barrières servant à contenir les déversements de pétrole, tandis que les déchets d’exploitation seront incinérés pour produire de l’énergie.

Des milliers de salons de coiffure et de barbiers au Canada et aux États-Unis ont joint les rangs de l’organisation depuis sa fondation en 2009. Au Centre-du-Québec et en Mauricie, quatre salons autres que celui de Marye-Eve Laquerre font partie du répertoire des salons verts affiché sur le site web de Green Circle. Ils sont situés à Drummondville (Salon Statik et L’Évidence) et à Trois-Rivières (Caméléon Coiffure et Illusion 2001).

Petit, mais gros à la fois

D’ailleurs, peu de salons verts sont situés dans de petites localités comme Saint-Pierre-les-Becquets. «Je ne voulais absolument pas aller m’installer en ville. C’était important pour moi de rester dans ma communauté», confie la jeune entrepreneure.

«Ça met de la vie dans le cœur du village, indique le maire de Saint-Pierre-les-Becquets, Éric Dupont, dont l’entreprise se situe dans la même bâtisse commerciale. Des gens qui innovent et qui se démarquent comme Marye-Eve, ça en prend dans des municipalités comme la nôtre. C’est ça qui fait notre force.»

Par contre, l’implantation du salon Nomade de Marye-Eve Laquerre ne s’est pas faite sans embûches. L’accès à des prêts a été compliqué, tout comme la recherche du local idéal.

«Il a fallu quelques mois pour ficeler tout ça, raconte le maire, qui a joué un rôle de facilitateur pour la jeune femme dans ce dossier. Mais il faut croire en notre monde et se battre pour faire avancer les choses.»

«On n’a pas besoin d’être à Montréal pour être cool. Il faut juste pousser la machine», conclut l’entrepreneure qui travaille fort dans l’ombre pour faire rayonner son entreprise et, par la bande, son village natal.

 

 

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Bravo ma Belle, lâche pas x