Un sondage indique que les Canadiens souhaitent des forêts protégées

Bob Weber, La Presse Canadienne
Un sondage indique que les Canadiens souhaitent des forêts protégées

Des Canadiens de l’ensemble du pays et de tous les horizons politiques s’entendent pour réclamer une meilleure protection des forêts, mais s’inquiètent des conséquences possibles sur l’économie, indique un sondage.

Le sondage commandé par trois groupes environnementaux indique que 83 % des répondants souhaitent que le gouvernement fédéral intervienne plus pour protéger les forêts et la faune.

L’appui à cette idée atteint même 89 % au Québec. Même dans les Prairies, plus réfractaires que la moyenne nationale, près de trois répondants sur quatre appuieraient une telle démarche.

«L’étendue des appuis dans toutes les régions et au sein des familles politiques est un peu surprenante», reconnaît Michael Polanyi, de Nature Canada, un des trois groupes qui ont commandité le sondage avec Nature Québec et le Natural Resources Defense Council.

Toutefois, au moins deux répondants sur trois s’inquiètent des répercussions économiques d’une protection accrue des forêts.

«Il existe des inquiétudes», concède M. Polanyi qui signale toutefois que plus du quart des répondants à cette question n’a mentionné que de légères préoccupations.

Le sondage a été mené auprès de 1036 Canadiens du 11 au 18 mars. Ses résultats ont été dévoilés alors que l’on s’attend à ce que le gouvernement fédéral dévoile bientôt son plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Selon M. Polanyi, si le Canada veut atteindre ses objectifs de réduction, il devra tenir compte des forêts.

«On n’y porte pas assez d’attention», juge-t-il.

Les données fédérales indiquent que l’exploitation forestière produit annuellement 140 mégatonnes de dioxyde de carbone. M. Polanyi dit que c’est un chiffre sous-évalué. En  octobre, Nature Canada a publié une étude faisant état d’une sous-estimation de 80 mégatonnes.

Replanter des arbres ne rend par l’industrie forestière carboneutre, dit-il. Cela prendra des décennies avant qu’un arbre nouvellement planté commence à capturer le carbone.

Selon lui, les entreprises qui brûlent des palettes de bois comme source d’énergie devraient payer la même taxe sur le carbone que les sociétés pétrolières ou qui utilisent le charbon.

Selon le sondage, trois quarts des répondants appuient cette mesure.

«Les Canadiens veulent une situation équitable», lance M. Polanyi.

Des organismes représentant les entreprises forestières défendent les méthodes de calcul mis en place par des scientifiques fédéraux. Ils mentionnent qu’elles ont été adoptées dans 25 pays et approuvées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

L’Association des produits forestiers du Canada affirme que la gestion actuelle des forêts imite le cycle naturel, comme les feux de forêt, pour permettre aux écosystèmes de fonctionner normalement. 

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