Un policier de Calgary est accusé de deux chefs de meurtre au deuxième degré

CALGARY — Un policier de Calgary fait face à deux chefs d’accusation de meurtre au deuxième degré après que les occupants d’une fourgonnette ont été tués par balle à la suite d’une poursuite à basse vitesse en 2023.

L’Équipe d’intervention de l’Alberta en cas d’incident grave, aussi connue sous le nom d’ASIRT, a annoncé les accusations dans un communiqué de presse mardi.

La police de Calgary a indiqué dans une déclaration que l’agent accusé était en congé.

La fusillade a eu lieu le matin du 29 mai 2023, après que la police a été appelée à intervenir pour la présence de personnes suspectes sur une propriété privée, qui ont ensuite pris la fuite à bord d’une fourgonnette volée.

La police a déclaré à ce moment que d’autres appels avaient été reçus concernant la conduite erratique de la fourgonnette sur Memorial Drive.

Une vidéo de la poursuite montre que la fourgonnette roulait lentement alors que plusieurs véhicules de police étaient à ses trousses. Au moment des faits, la police a indiqué que des «changements rapides de dynamique» avaient conduit un agent à tirer sur les occupants.

L’ASIRT a précisé dans son communiqué de presse que «deux des occupants ont été touchés et déclarés morts».

Ni l’ASIRT ni la police de Calgary n’ont fourni plus de détails sur les circonstances exactes qui ont poussé l’agent à tirer sur les occupants de la fourgonnette, invoquant le fait que l’affaire est devant les tribunaux.

Cependant, le communiqué de l’ASIRT indique que son enquête sur la gestion policière de l’incident «fournit des motifs raisonnables de croire que des infractions ont été commises» par l’agent qui a tiré sur la fourgonnette.

L’agent Craig Stothard a été mis en accusation lundi. Il a comparu en cour mardi pour les deux chefs d’accusation et a été libéré sous caution, sous conditions.

Son avocat, Don MacLeod, a confirmé que l’agent maintenait son innocence et qu’une défense vigoureuse serait assurée devant le tribunal.

Au moment de la fusillade, l’agent Stothard comptait 13 ans de service au sein de la police de Calgary.

La police de Calgary a reconnu dans une déclaration la gravité des accusations, affirmant que de tels événements peuvent miner la confiance de la population envers la police.

«Nous reconnaissons l’impact profond que cet incident a eu sur toutes les personnes impliquées et, au nom du Service de police de Calgary, nous présentons nos condoléances aux familles endeuillées», peut-on lire dans leur déclaration.

«Nous sommes déterminés à écouter, à apprendre et à prendre toutes les mesures possibles pour comprendre les leçons que nous pouvons tirer de ce qui s’est passé.»

Les deux victimes ont été identifiées par les médias après la fusillade. Il s’agissait de Wesley Davidson, 46 ans, et Levon Boyce Fox, 39 ans. Une troisième personne à bord de la fourgonnette n’a pas été blessée et a été placée en détention.

Dans une déclaration, la famille de M. Fox s’est dite soulagée de voir des accusations portées après «deux ans de deuil, de questionnement et de souffrances personnelles» à cause de ce qu’elle décrit comme un acte de brutalité policière.

«L’agent de police de Calgary qui a tué mon fils doit être tenu responsable de ses actes devant les tribunaux et ne mérite pas un traitement de faveur dans le système judiciaire», a affirmé Lena Wildman, la mère de Fox.

La déclaration identifie également la troisième personne qui se trouvait dans la fourgonnette comme étant le frère de M. Fox, Dennis Wildman, qui, selon la famille, souffre psychologiquement après avoir survécu à la fusillade.

«La famille poursuivra ce processus jusqu’au bout et nous réclamons que justice soit rendue par l’entremise de procédures judiciaires, indique la déclaration. Nous continuerons de plaider pour que les actions policières injustifiées entraînant la mort de personnes autochtones ne soient pas tolérées par les services de police du Canada.»

— Par Jack Farrell et Fakiha Baig à Edmonton