Les fonctionnaires demandent de l’aide juridique face aux suppressions de postes

OTTAWA — Plusieurs cabinets d’avocats à Ottawa affirment recevoir un afflux d’appels de la part d’employés fédéraux qui souhaitent connaître leurs options et savoir comment négocier, ou s’opposer, face aux compressions budgétaires.

Malini Vijaykumar, associée chez Nelligan Law, explique que les employés syndiqués doivent passer par leur syndicat pour déposer des griefs ou des plaintes en leur nom.

Mais elle ajoute avoir également constaté une augmentation des demandes de renseignements de la part de cadres et d’employés non syndiqués des ressources humaines qui tentent de s’adapter aux changements.

Selon Mme Vijaykumar, certains employés ont été informés que leur poste pourrait être menacé d’ici un an, tandis que d’autres ont entendu dire que des licenciements pourraient avoir lieu dans les mois à venir.

«Ils sont vraiment stressés et essaient de comprendre quelles sont leurs options», a-t-elle mentionné.

Un programme gouvernemental et un examen des dépenses visent à supprimer environ 40 000 emplois dans la fonction publique d’ici 2029, par rapport à un pic de 368 000 postes en 2024.

Cela comprend 1000 postes de direction qui doivent disparaître au cours des deux prochaines années.

Contrairement aux travailleurs du secteur privé, les fonctionnaires ne peuvent généralement pas mener de négociations individuelles en matière d’indemnités de départ, a expliqué Mme Vijaykumar.

«Au lieu de cela, vous examinez le processus décisionnel et vous voyez s’il y a eu quelque chose de discriminatoire, a-t-elle précisé. Le simple fait que vous soyez touché par un ajustement des effectifs (…), ce n’est généralement pas quelque chose que vous pouvez négocier ou contester si vous êtes un employé du gouvernement.»

«Le système est tellement différent et une grande partie de l’éducation des gens consiste à leur faire comprendre cela», a-t-elle ajouté.

Les syndicats fédéraux ont mis en garde contre les menaces qui pèsent sur les services et la sécurité publique, et l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada a organisé vendredi une manifestation à Ottawa contre les coupes budgétaires à l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Le syndicat a organisé une exposition publique de produits alimentaires couramment rappelés afin de montrer l’impact potentiel des coupes fédérales au sein de l’agence.

Le syndicat représentant les employés de l’Agence canadienne d’inspection des aliments avait indiqué à la fin du mois dernier que le personnel avait été informé que 1371 emplois seraient supprimés dans le cadre du programme de réduction des coûts du gouvernement.

Le Syndicat de l’Agriculture a dénoncé «catégoriquement» ces coupes et a averti qu’elles laissaient présager une «crise imminente de la sécurité alimentaire» au Canada.

Christopher Achkar, associé directeur chez Achkar Law, a souligné que son cabinet connaissait une «forte augmentation» de son activité en raison des ajustements de la main-d’œuvre dans la fonction publique fédérale.

«Beaucoup de gens reçoivent ces avis et ne savent pas vraiment ce qu’ils signifient ni comment ils les affectent, a-t-il avancé. Cela concerne tout le monde et beaucoup de gens ne savent pas quelles options s’offrent à eux.»

Un site web du gouvernement fournissant des données sur les réductions d’effectifs au 1er février montre que le gouvernement vise une réduction de 8706 postes d’employés et 465 postes de cadres dans près de 30 ministères par le biais de processus de réaménagement des effectifs ou de transition de carrière.

Le gouvernement fédéral n’a pas encore confirmé le nombre d’emplois supprimés dans certains ministères.