Les collèges et universités se préparent à accueillir moins d’étudiants étrangers

OTTAWA — Des observateurs préviennent que les prochaines réductions du nombre de permis pour les étudiants étrangers pourraient contribuer à l’étranglement financier des collèges et des universités au pays.

«La décision du gouvernement fédéral de procéder unilatéralement à un autre changement ayant une incidence sur les étudiants étrangers continue de contraindre les établissements d’enseignement postsecondaire de l’Ontario et de tout le pays à prendre des décisions difficiles concernant leur réussite et leur viabilité à long terme », souligne déclaré Spenser Maki, conseiller en communication du ministre de l’Immigration de l’Ontario, David Piccini, dans un communiqué envoyé par courriel.

Selon les derniers plans du gouvernement fédéral, le nombre de permis accordés à des étudiants étrangers passera l’an prochain de plus de 300 000 à 155 000.

Les responsables de l’immigration devraient annoncer au cours des prochaines semaines le nombre de permis étudiants pour chaque province et territoire.

Les établissements universitaires de l’ensemble du pays ont dû revoir leur budget à la baisse en raison de la perte de revenus. Les frais de scolarité des étudiants étrangers sont généralement quatre à cinq fois supérieurs à ceux de leurs collègues canadiens.

Maureen Adamson, présidente des Collèges de l’Ontario, dit s’attendre à d’autres réductions budgétaires.

«La forte baisse du nombre de permis d’études pour les étudiants étrangers délivrés par le gouvernement fédéral entraînera une perte de 2,5 milliards $ pour les collèges de l’Ontario, qui ont déjà perdu 8 000 emplois et 600 programmes. Parallèlement, l’Ontario aura besoin de 33 000 travailleurs de la santé et de 154 000 gens de métier au cours de la prochaine décennie», souligne Mme Adamson.

Le gouvernement fédéral prévoit des mesures visant à atténuer ce problème. Ainsi, les étudiants de maîtrise et de doctorat sont exemptés du plafonnement du nombre des permis.

Cette offensive de charme comprend aussi un plan de 1,7 milliard de dollars sur 13 ans visant à attirer des chercheurs étrangers et des étudiants de doctorat.

La présidente et chef de la direction du Bureau canadien de l’Éducation internationale, Larissa Bezo, croit que cette mesure permettra au Canada d’être une destination plus attrayante pour de futurs chercheurs de grands talents.

«L’objectif clairement énoncé est d’aligner le système d’immigration canadien sur les besoins stratégiques du marché du travail et de renforcer les voies qui permettent de mettre en relation les talents mondiaux avec les occasions réelles qui existent dans le contexte canadien, affirme Mme Bezo. Ce sont là des développements très positifs. »

La Stratégie d’attraction des talents internationaux comprend un plan visant à accélérer le traitement des demandes d’immigration des doctorants et de leurs familles, l’objectif étant de traiter leurs dossiers dans un délai de 14 jours.

«Ceux d’entre nous qui travaillent dans ce secteur comprennent parfaitement que ces personnes contribuent de manière essentielle à la mise en œuvre du programme d’innovation et de croissance du Canada à un moment où nous avons vraiment besoin de nous appuyer sur cela et de nous appuyer davantage sur la sécurisation de notre souveraineté et de notre prospérité future», dit Mme Bazo.

Même si la nouvelle stratégie gouvernementale est la bienvenue, elle croit que le gouvernement fédéral devrait en faire davantage pour attirer des personnes dans les métiers spécialisés.