Leadership de Dominique Anglade: le PLQ a besoin de stabilité, disent des libéraux

Caroline Plante, La Presse Canadienne
Leadership de Dominique Anglade: le PLQ a besoin de stabilité, disent des libéraux

YAMACHICHE, Qc — Le Parti libéral du Québec (PLQ) a besoin de «stabilité» dans les prochaines années, alors qu’il tentera de rebâtir les ponts avec la majorité francophone, ont plaidé des libéraux réunis en caucus à Yamachiche, mercredi.

Cette rencontre — la première depuis l’élection d’une super-majorité caquiste — devait permettre aux 125 libéraux élus et défaits de revenir sur la campagne et de se prononcer sur la suite des choses. 

Dès leur arrivée, tous semblaient s’entendre sur la nécessité de renouer avec les francophones, qui ont boudé le PLQ comme jamais, le vote libéral s’étant carrément effondré dans toutes les régions, sauf Montréal.

Les libéraux ont tout de même fait élire 21 députés et réussi à former l’opposition officielle. La cheffe Dominique Anglade sera néanmoins soumise à un vote de confiance en 2023, comme prévu dans les statuts.

Selon la candidate défaite dans Jean-Talon, Julie White, le PLQ ne peut espérer former le gouvernement tant et aussi longtemps qu’il sera rayé des régions, en particulier celle de la Capitale-Nationale, selon elle.

«Il faut qu’on retourne à la base», a déclaré Mme White, qui a terminé en quatrième place derrière la Coalition avenir Québec (CAQ), Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) dans sa circonscription de Québec.

«Tout vient de la base. Si on a des associations qui sont fortes, on est capable de faire du financement, on est capable d’amener de l’argent. C’est un tout. Terrain, terrain, terrain», a-t-elle martelé en impromptu de presse.

Tous derrière Anglade

Malgré des résultats désastreux dans la plupart des comtés, le candidat défait dans Laval-des-Rapides, Saul Polo, et le député Marc Tanguay ont déclaré qu’il fallait continuer d’appuyer Dominique Anglade.

«Le parti, les militants, les élus méritent une certaine stabilité», a soutenu M. Polo, qui croit que le message d’inclusion porté par Mme Anglade résonnera de plus en plus fort chez les Québécois. 

«Il faut faire un gros tour de roue de nouveau, comme quoi le travail des quatre dernières années n’était pas suffisant. Il faut rebondir et je crois sincèrement qu’on a les éléments pour rebondir», a-t-il dit. 

Dominique Anglade a «prouvé son énergie et sa valeur durant la campagne», a ajouté la candidate élue dans La Pinière, Linda Caron. «C’est notre cheffe, on l’appuie et on continue de travailler avec elle», affirme-t-elle.

«On adore Dominique, on l’admire. Femme d’intégrité, de résilience, c’est une femme de cœur», a renchéri Désirée McGraw, élue dans Notre-Dame-de-Grâce.

L’ancien joueur de hockey Enrico Ciccone ne se berce pas d’illusions: redresser une équipe prend au moins cinq ans. «C’est sûr que ça prend plusieurs mandats pour se renouveler, c’est tranquillement, tu sais. 

«Ça va être bon en 2026, ça va être mieux, je vous le garantis», a-t-il lancé. Entre-temps, M. Ciccone refuse de voir la victoire du PLQ dans la métropole comme quelque chose de «négatif». 

«C’est le poumon économique du Québec, on a cette confiance-là des gens», s’est-il réjoui, laissant entendre que cet appui était non négligeable.

Battue dans Verdun par Alejandra Zaga Mendez de QS, et désormais exclue du caucus montréalais, Isabelle Melançon n’a pas caché que le résultat des élections lui faisait «mal». 

Quelle place pour QS et le PQ?

Plus tard, en point de presse, Mme Anglade a encore refusé de dire si elle voulait que QS et le PQ, qui ont chacun récolté environ 15 % du vote, soient reconnus comme groupes parlementaires.

QS a fait élire 11 députés, tandis que le PQ se retrouve avec seulement trois sièges. Le Parti conservateur d’Éric Duhaime, bien qu’ayant obtenu 13 % des suffrages, ne sera pas représenté à l’Assemblée nationale.

Pour être reconnu comme groupe parlementaire, un parti doit avoir obtenu 20 % des voix ou fait élire 12 députés.

«Ce sont des discussions qui ont lieu lorsqu’on entre à l’Assemblée nationale», s’est limitée à dire Mme Anglade. Pour le reste, la réforme du mode de scrutin, «c’est dans la cour du gouvernement», a-t-elle tranché. 

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