Au bureau 3 jours/semaine: 93 % des professionnels du SPGQ s’y opposent
MONTRÉAL — Alors que le retour au bureau trois jours par semaine se concrétisera lundi pour la fonction publique québécoise, quelque 93 % des membres du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec s’opposent à l’idée.
Le SPGQ — un grand syndicat indépendant des centrales — a tâté le pouls de ses membres, du 14 au 21 janvier, face à ce retour imminent au bureau trois jours par semaine. Et c’est dans une proportion de 82 % qu’ils ont participé à la consultation, avec un rejet à 93 %.
«On n’est pas tellement surpris du résultat», a admis en entrevue Guillaume Bouvrette, président du SPGQ.
À l’heure actuelle, les employés de l’État travaillent deux jours par semaine au bureau.
La première politique cadre sur le télétravail avait été mise en vigueur en avril 2022.
La présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau, avait annoncé, au début du mois de décembre, que les employés de l’État devraient revenir au bureau «minimalement trois jours par semaine» à la fin de janvier.
Elle avait justifié sa décision par une volonté de «renforcer la collaboration, la cohésion et le sentiment d’appartenance, tout en favorisant la créativité, le mentorat et l’intégration des employés dans leur équipe».
«Cette mesure contribuera également à rendre le travail d’équipe sur les dossiers complexes plus fluide, à réduire les délais décisionnels et à cultiver des liens de proximité entre gestionnaires et employés», avait-elle ajouté.
Contre le «one size fits all»
Les membres du SPGQ auraient aimé plus de flexibilité, «plus de latitude», selon M. Bouvrette, plutôt qu’une «politique mur à mur» de «one size fits all».
Pour encadrer ou former un nouvel employé, par exemple, un gestionnaire aurait bien pu demander temporairement à certains employés de venir au bureau, illustre le dirigeant syndical.
Selon lui, la décision du Conseil du trésor a été prise «avec une absence de données probantes» pour mesurer les avantages et les inconvénients de ce retour au bureau.
Il note que le Conseil du trésor a tout de même permis aux sous-ministres d’accorder une période de transition de 30 jours, soit jusqu’au 27 février, «pour faciliter une transition harmonieuse» et permettre ainsi aux travailleurs touchés de réorganiser leur vie familiale ou personnelle en conséquence.
M. Bouvrette souligne que le SPGQ avait prévu cette éventualité. «On avait une lettre d’entente, au niveau de la fonction publique québécoise, qui exigeait du Conseil du trésor de nous consulter avant toute modification à celle-ci. Dans le contexte, on a déposé un grief syndical en décembre, pour contester cette consultation-là.»
«Essentiellement, on (le Conseil du trésor) a annoncé publiquement, en conférence de presse, et le résultat et la date d’entrée en vigueur des modifications, le tout avant de lancer des consultations. Alors, on a été consulté a posteriori et on n’a, sans surprise, pas tenu compte de nos arguments», conclut le président du SPGQ.
