Air Canada, Air Transat et WestJet suspendent leurs vols vers Cuba
MONTRÉAL — Après Air Canada, c’est au tour d’Air Transat et de WestJet d’annoncer la suspension de leurs vols vers Cuba en raison d’une pénurie de carburant d’aviation sur l’île.
Air Canada a indiqué qu’elle enverra des vols à vide vers le sud afin de rapatrier environ 3000 voyageurs.
Dans un communiqué de presse, la compagnie aérienne précise avoir pris cette décision «à la suite des avis émis par les gouvernements concernant le manque de fiabilité de l’approvisionnement en carburant d’aviation dans les aéroports cubains», ajoutant que la suspension de ses vols prendra effet lundi.
«Il est prévu qu’à compter du 10 février, le carburant d’aviation ne sera plus offert à la vente dans les aéroports de l’île.»
WestJet a emboîté le pas plus tard dans la journée, annonçant qu’elle avait suspendu la vente de ses services vers Cuba et annulé les voyages prévus. Le transporteur avait initialement indiqué qu’il avait l’intention de maintenir ses vols comme prévu.
La compagnie aérienne a déclaré que cette décision affecterait WestJet, Vacances Sunwing, WestJet Vacations et Vacances WestJet Québec.
Air Transat a également changé d’avis en soirée et a prévenu sur son site web qu’elle suspendait temporairement ses vols vers Cuba jusqu’au 30 avril prochain.
La compagnie a mentionné qu’elle mettra en place des vols de rapatriement au cours des prochains jours et qu’elle remboursera les clients dont le voyage n’est pas amorcé.
Cuba est confrontée à une crise énergétique qui s’aggrave en raison du blocus américain sur le pétrole destiné à l’île. La pénurie de carburant est la dernière mesure visant à rationner l’énergie, l’administration du président américain Donald Trump ayant coupé Cuba de ses sources d’approvisionnement en carburant.
Le pays dépendait du pétrole vénézuélien, une source vitale qui lui a été coupée par le gouvernement américain. Le mois dernier, M. Trump a signé un décret autorisant l’imposition de droits de douane sur les marchandises provenant de pays qui vendent ou fournissent du pétrole à Cuba.
Prudence requise
Le 4 février, le gouvernement canadien a renforcé son avis aux voyageurs pour Cuba, exhortant ces derniers à «faire preuve d’une grande prudence» en raison de l’aggravation des pénuries d’électricité, de carburant et de produits de première nécessité, notamment de nourriture, d’eau et de médicaments.
«La situation est imprévisible et pourrait se détériorer, perturbant la disponibilité des vols à court préavis», a averti Affaires mondiales Canada.
Air Canada dit suivre de près la situation. La compagnie aérienne a initialement mis en place une offre de modification flexible des réservations pour les personnes voyageant à Cuba. Vacances Air Canada, la branche voyagiste de la compagnie aérienne, met en place une politique de remboursement pour les personnes ayant un départ prévu.
Pour les vols de retour depuis Cuba, «Air Canada transportera du carburant supplémentaire et effectuera des escales techniques pour se ravitailler au retour si nécessaire», explique la compagnie aérienne. Ces vols de retour sont prévus dans les prochains jours.
Marie-Ève Vallières, porte-parole d’Air Transat, précise que les autorités cubaines ont averti la compagnie aérienne d’une «suspension temporaire de l’approvisionnement en kérosène dans les aéroports du pays».
«Nous prévoyons d’assurer nos vols comme prévu en mettant en œuvre des mesures d’urgence, telles qu’une escale technique, si nécessaire.»
Air Transat ajoute avoir mis en place une politique de flexibilité pour les voyageurs ayant prévu un voyage à Cuba.
WestJet, qui a acquis Sunwing en 2025, dit avoir également activé des politiques flexibles pour permettre aux voyageurs de modifier leurs plans sans pénalité. «Notre priorité reste la sécurité de nos clients et de nos WestJetters», détaille la compagnie aérienne dans une déclaration.
«Il est également important de noter que tous les vols WestJet arrivent à Cuba avec suffisamment de carburant pour quitter l’île en toute sécurité.»
D’autres pénuries par le passé
La semaine dernière, des hôtels ont été fermés dans certaines parties de l’île, les touristes ayant été transférés vers d’autres complexes hôteliers en raison du faible taux d’occupation.
Moscou Côté, président de l’Association des agents de voyages du Québec, affirme que, malgré les difficultés, le niveau de service est comparable à celui dont ont bénéficié les voyageurs après la pandémie à Cuba.
«Dans l’ensemble, nous allons à Cuba pour le prix, et le prix reste très attractif», souligne-t-il.
Il y a eu des moments dans le passé où les aéroports cubains ont connu une pénurie de carburant d’aviation, ce qui a obligé les vols à faire escale aux Bahamas avant de rentrer chez eux, rappelle-t-il.
«Il faut comprendre que les voyagistes comme Transat, Air Canada et Sunwing travaillent avec Cuba depuis plus de 30 ans, explique M. Côté. Ils sont donc habitués à ce genre de problèmes opérationnels.»
Cependant, un pilote commercial témoigne lundi à l’Associated Press que, même si des problèmes de ravitaillement en carburant se sont déjà produits par le passé, une situation de cette ampleur est extraordinaire, même pour une île habituée à des crises perpétuelles.
M. Côté indique toutefois que toute personne souhaitant réserver un voyage devrait attendre de voir comment la situation évolue.
«On va voir ce qui arrive ce soir à minuit quand les avions ne pourront plus faire le plein avant le vol de retour, voir ce qui arrive au niveau opérationnel. On s’assurera que tout fonctionne très bien avant de commencer à prendre de nouvelles réservations.»
Entreprise dans cette dépêche: (TSX:AC)
— Avec des informations de l’Associated Press.
