Nicolet en plein cataclysme

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Par Stéphanie Paradis
Nicolet en plein cataclysme
Guillaume Bélisle, agent de développement au Centre des arts populaires et organisateur pour L'Enclave. (Photo : Stéphanie Paradis)

NICOLET. «Nicolet, 21 juin 2020. Depuis quelques jours, le Québec connaît une vague de froid historique. Chute de neige et baisse des températures sèment la panique au sein de la population. Au Centre-du-Québec, divers regroupements vivent le solstice d’été à leur manière, tentant d’oublier l’anomalie naturelle qui les afflige. Or, la tempête qui approche les mettra face à leurs propres démons et les poussera dans leurs ultimes retranchements. Lorsque le monde s’écroule, vaut-il la peine de survivre si l’on doit y perdre son humanité?»

Guillaume Bélisle est agent de développement au Centre des arts populaires de Nicolet et organisateur pour L’Enclave, entreprise d’organisation d’événements immersifs de type Grandeur Nature. Ne vous étonnez pas, les 25 et 26 janvier prochains, de voir déambuler plus d’une centaine de personnes entre l’ancien Couvent des Sœurs grises, le Centre des arts populaires et l’école secondaire Jean-Nicolet. En effet, le plus gros évènement de l’histoire du Centre des arts se tiendra pendant ces 24h: Kun – Les Survivants.

Kun – Les Survivants, ce sont 120 participants, une trentaine d’animateurs et plus de 200 types d’accessoires (comme des armes ou de l’équipement médical) répartis dans 12 lieux de Nicolet qui vivront et interagiront dans une trame narrative contemporaine avec une touche surnaturelle et même d’horreur. « Il y a quand même des trames d’histoire qui peuvent être intenses », confie M. Bélisle.

Les participants, en plus de devoir faire face à un état de crise climatique (une tempête hivernale massive en plein mois de juin), devront résoudre les problèmes personnels de leur personnage et découvrir d’où provient cette vague de froid.

« La particularité de cet événement, hormis la durée, c’est qu’il s’agit d’un événement contemporain. Habituellement, dans des jeux Grandeur Nature, on va généralement se situer dans des époques du Moyen-Âge ou de la Renaissance », explique Guillaume Bélisle.

Également, M. Bélisle précise qu’il existe des jeux plus tactiques durant lesquels les participants voudront protéger leurs ressources, survivre et gagner, alors que dans le cas de Kun, l’objectif est plutôt de créer une trame narrative. « Kun, c’est jouer pour élever les autres (play to lift) et donner l’occasion de faire des scènes intéressantes. Si j’ai un couteau, ce serait facile de tuer celui qui veut dévoiler un de mes secrets, mais ça ne ferait pas nécessairement avancer l’histoire de manière intéressante », précise l’organisateur.

Afin de rendre la création de la trame narrative la plus efficace possible, les joueurs ont reçu une description de personnage avant l’événement. Il y a donc des intrigues pour chaque personnage, et les participants arrivent préparés. Lors de leur inscription, ceux-ci ont rempli un formulaire pour exposer leurs talents, leurs intérêts et leurs capacités.

« On encourage d’ailleurs les participants à créer des liens entre eux. Contrairement aux activités de L’Enclave où on peut voir des campagnes qui s’étirent sur deux ans à raison de huit activités par année, les personnages ont moins de temps pour se construire et évoluer durant Kun. On doit donc bien prendre en main les participants et les entretenir », indique Guillaume Bélisle.

Une expérience ludique et culturelle

Les inscriptions pour Kun – Les Survivants étaient de 80$ par personne, ce qui est très peu dispendieux selon Guillaume Bélisle, considérant qu’ils fournissent pratiquement tout, sauf les vêtements et les lits de camp. « On ne fera pas d’argent avec ça, parce qu’on réinvestit tout! », avoue-t-il. Le Centre des arts populaires a également reçu du financement du Fonds culturel Nicolet-Yamaska. « Oui c’est ludique, mais en même temps c’est une expérience culturelle. Au lieu d’aller voir une pièce de théâtre et d’être passif, c’est toi l’acteur qui crée l’histoire », ajoute Guillaume Bélisle.

Il mentionne aussi que cette activité est une belle vitrine pour la région, car aucun participant n’est originaire de Nicolet. Certains viennent de Montréal, de Québec et même de Gatineau.

Cependant, malgré l’engouement marqué (alors que l’événement ne devait originalement accueillir que 60 participants, celui-ci a reçu 114 inscriptions la première journée), « il fallait le prendre quand ça passait ». En effet, étant donné la logistique et toute la préparation derrière Kun, Guillaume Bélisle ne se relancera pas dans l’organisation d’un second événement du genre. Ils étaient d’ailleurs huit organisateurs à se pencher sur le projet depuis juin 2019.

Côté logistique, Kun – Les Survivants comporte trois régies, c’est-à-dire des postes permanents où se trouveront deux régisseurs dont le travail est d’animer et de prendre les initiatives des joueurs, et bien sûr d’y répondre. « On a notre scénario, mais on ne peut pas l’enfoncer dans la gorge des joueurs, sinon ce serait seulement une pièce de théâtre! On s’ajuste constamment », indique l’organisateur.

« Par exemple, si quelqu’un veut un chocolat chaud, mais qu’il n’y en a pas parce que c’est un état de crise, il pourrait dire : “Je vais au couvent afin d’explorer, voir s’il n’y aurait pas quelque chose”. On peut donc organiser quelque chose on the spot et si lui veut risquer sa vie pour avoir un chocolat chaud, qu’il le fasse! », conclut Guillaume Bélisle en riant.

 

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