«Ce n’est pas facile pour nous non plus»

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Par Marie-Ève Veillette
«Ce n’est pas facile pour nous non plus»
Les syndiqués d'ABI sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018. (Photo : Sébastien Lacroix)

CONFLIT. Si les syndiqués d’ABI se font entendre de façon quasi quotidienne depuis le déclenchement du lockout, le 11 janvier, c’est le silence radio du côté des personnes cadres. Or, l’une d’elles a décidé de briser ce silence en livrant au Courrier Sud un témoignage qui apporte une autre perspective au conflit.

«Le 11 janvier, rappelle-t-elle, on a dû sortir des gens, des collègues, des amis, des pères, des mères de l’usine en leur disant que l’employeur déclarait un lock-out (…). Pour plusieurs, cette journée a été la plus dure de leur carrière», évoque-t-elle, notamment parce que les cadres de l’usine «n’ont rien à voir avec la décision».

Ce n’était que le début. Dans les heures suivantes, les cadres se sont fait ordonner d’arrêter une série de cuves, puis une deuxième. «C’était irréel. On avait le sentiment que c’était le début de la fin.» Puis, ils ont dû apprendre à opérer cette nouvelle usine; une usine de 240 cuves seulement. Ils sont à peine plus d’une centaine pour la faire fonctionner, dans un contexte qui est loin d’être facile.

Car leur vie aussi est complètement chamboulée: «Comme la vôtre», lance-t-elle aux travailleurs en lockout. «Ce n’est pas facile, pour nous non plus. On travaille fort, croyez-moi! Et ce n’est pas pour vous voler vos jobs ou vous écœurer qu’on est là. Les cadres d’ABI ont l’usine à cœur. C’est parce qu’ils y croient et qu’ils veulent la sauver. Ils veulent sauver leurs jobs et les vôtres aussi! Ils veulent que les propriétaires voient à quel point cette usine vaut la peine d’être opérée, et à quel point elle est belle cette usine.»

Ce n’est pas évident, pour eux, de franchir les lignes de piquetage tous les jours. «On est inquiets, nous aussi. Autant que ceux qui sont dehors (…). Nous voulons tous que le conflit se règle pour le mieux mais nous sommes tous conscients que les choses doivent changer.  Et ça ne se fait pas en quelques jours, malheureusement. Le conflit sera long. On sait tous que le temps passé ne se rachète pas, mais on peut faire mieux, tous ensemble, pour garder notre usine.»

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