Moisissures dans le maïs : gare aux toxines !

Par superadmin
Moisissures dans le maïs : gare aux toxines !
Moisissures dans le maïs : gare aux toxines !

Par Brigitte Duval, agronome, et Alain Fournier, agronome M.Sc, MAPAQ, Direction régionale du Centre-du-Québec

Au Centre-du-Québec, quelques cas de contamination des épis de maïs par les moisissures ont été recensés. L’impact le plus important des moisissures est leur potentiel de production de mycotoxines, lesquelles représentent des risques pour la santé des humains et des animaux. La vigilance est de mise.

Le sud de l’Ontario a été particulièrement touché cette année par les moisissures de l’épi de maïs en raison des conditions climatiques propices à leur apparition. Des données préliminaires provenant de centres de grains indiquent que le Québec aurait aussi été touché par ce problème, car un certain nombre d’échantillons de maïs contiendrait des mycotoxines.

Le printemps pluvieux, les journées chaudes et humides de juillet, les fortes précipitations et les vents violents de cet automne sont autant de facteurs ayant pu favoriser l’apparition de moisissures dans le maïs. Les moisissures sont causées par différentes sortes de champignons. Cependant, seulement quelques-uns produisent des mycotoxines. Le plus connu d’entre eux est Fusarium. Ce champignon est assez facile à reconnaître lorsque sa présence est importante sur les épis, car il produit une moisissure blanchâtre à rose dont les ramifications partent du bout de l’épi ou d’une blessure sur l’épi. Mais attention : l’absence visuelle de moisissure ne signifie pas que ces microorganismes ne sont pas présents.

Des impacts importants

Les moisissures endommagent les grains et réduisent sa qualité et les rendements. Cependant, l’impact le plus important des moisissures est leur potentiel de production de mycotoxines, lesquelles posent des risques pour la santé des humains et des animaux.

La poussière et les criblures de grains infectés peuvent contenir plus de mycotoxines que les grains, car les champignons croissent en surface des grains. Les lots contaminés doivent donc être manipulés dans un endroit bien aéré et l’utilisation d’un masque serait préférable pour éviter les intoxications. On mesure la concentration des mycotoxines en ppm (1 ppm = 1 gramme de toxine par tonne de grain). La consommation de mycotoxines par les animaux, même à très faible concentration, peut se traduire par une diminution des performances et de la réponse immunitaire face aux maladies et à l’apparition de troubles de reproduction. Les porcs et les vaches laitières, durant la période entourant le vêlage, sont particulièrement sensibles aux mycotoxines.

Soyez vigilants !

La présence visible des moisissures n’indique pas nécessairement qu’il y aura des mycotoxines. Il est donc important de faire analyser les lots de grains suspects. Il est fortement recommandé d’utiliser une sonde pour échantillonner les grains secs (5 à 10 prélèvements). Pour les échantillons de grains humides, on prélève 5 à 10 échantillons dans le volume de maïs généralement utilisé pour l’alimentation. Suite au mélange de ces échantillons, on prélève un échantillon représentatif. On dépose dans un sac de papier les grains secs et on congèle les échantillons humides dans un sac de pastique. Par la suite, il faudra envoyer rapidement l’échantillon à un laboratoire.

Lors de la récolte, on doit éviter de mélanger des grains suspects avec des grains propres. De plus, il faut sécher les grains à moins de 14 % d’humidité le plus rapidement possible. La culture de maïs ne devrait pas être laissée au champ pendant l’hiver, car cette pratique favorise la production de mycotoxines par les champignons. Un prélèvement adéquat du maïs grain humide dans les structures non hermétiques évite la prolifération des moisissures et la probabilité d’avoir des mycotoxines.

Mis à part les conditions environnementales et les dommages physiques infligés aux épis par la grêle, les oiseaux ou les insectes, d’autres facteurs plus facilement contrôlables peuvent réduire l’apparition des moisissures. De bonnes conditions de semis tôt au printemps sur un sol adéquatement fertilisé minimiseront les problèmes de contamination. Les plants en bonne santé résistent mieux à l’envahissement des moisissures. Le précédent cultural et le choix de l’hybride de maïs sont aussi des facteurs non négligeables.

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