Moches ou déclassés: s’il vous plaît, ne pas jeter!

Photo de Marie-Ève Veillette
Par Marie-Ève Veillette
Moches ou déclassés: s’il vous plaît, ne pas jeter!
Caroline Roy, chargée de projet à la Carotte joyeuse. (Photo : Marie-Eve Veillette)

NICOLET. Il y a de vrais petits miracles qui se font entre les murs du CITAN, un incubateur agroalimentaire situé sur la route du Port à Nicolet. Les aliments moches, poqués, flétris, déclassés, ou encore en surplus dans les champs ou potagers, y trouvent une deuxième vie.

C’est grâce aux activités menées depuis 2014 par le projet de transformation alimentaire La Carotte joyeuse que ces aliments mal-aimés sont «sauvés» du dépotoir ou du compost pour devenir de véritables plaisirs pour les papilles gustatives. «Notre but, c’est de récupérer un maximum d’aliments pour ensuite les transformer et les redistribuer à différents organismes de sécurité alimentaire de la MRC de Nicolet-Yamaska», résume Caroline Roy, chargée de projet à La Carotte joyeuse.

Normalement, la transformation passe par des plateaux de travail destinés aux adultes. Il s’agit d’ateliers de 15 semaines durant lesquels les 7 ou 8 participants, tout en étant en cuisine, reçoivent un coup de pouce pour améliorer leur employabilité. Pandémie oblige, ce sont des bénévoles qui prennent la relève depuis mars dernier pour cuisiner les aliments reçus en don. «On a une belle cuisine, mais avec la distanciation [physique] à appliquer, ce n’est pas possible d’accueillir de tels groupes», fait savoir Mme Roy.

Ainsi, même si les plateaux de travail sont sur la glace depuis ce printemps, les fourneaux ont continué de chauffer… Pas question de perdre quelque aliment que ce soit!

Caroline Roy.

Mobilisation

D’ailleurs, dès le début de la pandémie de Covid-19, La Carotte joyeuse a intégré la «cellule de crise» mise en place par la MRC de Nicolet-Yamaska pour répondre aux nombreux besoins engendrés par la situation. «Quand on a vu tout le monde qui perdait son emploi, on s’est dit que la demande d’aide alimentaire de dernier recours allait sûrement augmenter», raconte Mme Roy.

Les intervenants avaient vu juste. Lors d’un bilan provisoire dressé peu avant les vacances d’été des organismes communautaires, le directeur général de la MRC de Nicolet-Yamaska, Michel Côté, parlait d’une «augmentation fulgurante» des demandes depuis la mi-mars (popote roulante et comptoirs alimentaires).

Deuxième vague

«Aujourd’hui, ce n’est plus comme au début de la pandémie», admet Caroline Roy, dont l’organisation a distribué, entre mars et juillet 2020, un peu plus de 4400 kg d’aliments à des organismes tels la Ressource aide alimentaire de Nicolet, Ludolettre, le Centre d’action bénévole du Lac St-Pierre et le Centre d’action bénévole de Nicolet. Elle rappelle toutefois que «nous ne sommes pas à l’abri d’une deuxième vague.»

Le spectre de cette deuxième vague et toutes les mesures sanitaires encore en vigueur freinent la reprise des activités normales chez La Carotte joyeuse. «On n’est pas en mesure de mettre en place un vrai beau plateau de travail, même si on réduit le nombre de participants. On s’est dit qu’on allait attendre de voir [comment se passerait l’automne] avec le retour à l’école. On ne veut pas être obligé de tout stopper si une deuxième vague arrive.»

Projets

La Carotte joyeuse demeure tout de même active: «On revoit nos façons de faire temporairement.» Par exemple, de petits ateliers, en formule «mini-groupe», devraient bientôt démarrer.

Des capsules vidéo visant à sensibiliser Monsieur et Madame Tout-le-Monde au gaspillage alimentaire et expliquant comment valoriser ses aliments à la maison sont aussi dans la mijoteuse. Même chose concernant une possible implantation d’un concept similaire à celui de Maski récolte, dans la MRC de Maskinongé. Ce projet envoie des groupes de bénévoles dans les champs pour récolter les surplus des producteurs qui, autrement, pourriraient là. Des organismes communautaires, les bénévoles et les producteurs impliqués se partagent ces surplus à parts égales.

«On est en réflexion sur plein de choses, lance Caroline Roy. Il faut se mettre à jour constamment, sinon on risque de se faire prendre de court!»

Transformation

Évidemment, la transformation alimentaire se poursuit de plus belle en cette période d’abondance et de récolte. «On continue de prendre les aliments déclassés, de les transformer et de les redistribuer en petits plats», insiste Mme Roy.

D’ailleurs, tout don d’aliment est le bienvenu; que ce soit en petites ou grosses quantités, en provenance de producteurs, de transformateurs ou de particuliers. «On prend tout!»

Dans les prochaines semaines, la Carotte joyeuse sollicitera activement la générosité de tous. «On veut récupérer un maximum de ce qui est récupérable.»

 

Le saviez-vous?

Des petits plats de la Carotte joyeuse

Depuis la mise sur pied de la Carotte joyeuse, en juin 2014, près de 43 tonnes d’aliments ont été récupérés, transformés et redistribués à une douzaine d’organismes en sécurité alimentaire de la MRC de Nicolet-Yamaska. Le projet est une initiative de la Corporation de développement communautaire de la MRC de Nicolet-Yamaska, et il est notamment supporté par l’Alliance centricoise pour la solidarité et l’inclusion sociale.

 

 

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des