Maria Duval: sauver le monde un geste à la fois

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Par Marie-Ève Veillette
Maria Duval: sauver le monde un geste à la fois
Maria Duval. (Photo : Stéphane Lévesque)

NICOLET. Petite, quand on lui demandait ce qu’elle voulait faire dans la vie, Maria Duval répondait «sauver le monde».

«Je voulais aussi être coiffeuse et pompière, mais je souhaitais surtout contribuer à faire du bien autour de moi», mentionne la principale intéressée qui, toute jeune, était déjà sensible au bien commun, ayant vécu avec sa famille dans des pays sous-développés et aux prises avec des guerres ou des dictatures. «Chaque geste compte», a-t-elle assimilé rapidement.

Sa quête d’un monde meilleur l’a finalement menée à créer sa propre entreprise, il y a dix ans. «Je devais être logique et cohérente avec mes valeurs. J’en avais assez de me faire dire par des employeurs à qui je proposais d’essayer le café équitable que « ce n’était pas bon ». Le café équitable, ce n’est pas un goût! C’est une façon de gérer la production de café!», illustre-t-elle.

«Je me disais que j’aimerais ça, vivre dans un univers où les choses font du sens. C’est pour ça que j’ai décidé de lancer les démarches pour être à mon compte. Le projet s’est concrétisé en sept mois! Ç’a été expéditif. J’ai fait confiance à la vague. J’ai suivi le courant et dix ans plus tard, cette vague-là me porte encore.»

À l’avant-garde

Être écoresponsable, tendre vers le zéro déchet, aiguiser sa conscience sociale; tout cela était un vocabulaire similaire au mandarin à l’époque où elle a décidé d’ouvrir sa friperie pour hommes, femmes et enfants au cœur de la Ville de Nicolet. «C’était marginal, admet Maria Duval, mais maintenant, quand je dis « zéro déchet« , les gens comprennent le concept. C’est le fun de voir que dix ans plus tard, je ne suis plus une extraterrestre! D’autres pensent comme moi. Il y a eu toute une évolution! Les choses changent pour vrai.»

La tendance actuelle est à l’économie circulaire, une «nouvelle façon de mener nos activités qui consiste à retirer le plus de valeur possible des ressources en recyclant, réparant, réutilisant, convertissant ou remettant en état des produits et des matériaux», décrit le gouvernement du Canada. «Ce concept est implanté depuis vraiment longtemps dans ma vie. Ça fait partie de ma routine. C’est juste normal», souligne Maria Duval.

Dans sa boutique judicieusement nommée «Prêt-à-reporter», tout est de seconde main. «Tout est récupéré, recyclé. On redonne vie à plein de choses», explique la propriétaire, qui est par ailleurs dotée d’un talent en couture particulièrement utile. Talent qu’elle met aussi au service de sa clientèle. «La couture est un autre service qu’on offre, avec la buanderie et la vente de livres usagés et de produits nettoyants en vrac.»

Les «invendables» sont quant à eux redistribués à des partenaires susceptibles de s’en servir: les écoles, les artistes récupérateurs, les centres pour jeunes marginaux, les Cercles des fermières… «La liste est longue», évoque Maria Duval, soulignant cependant que la COVID-19 l’empêche maintenant d’accepter tous les dons, comme elle le faisait auparavant. «J’avais quatre employés et une de leurs tâches était de trier ces matériaux. Mais dans la dernière année, j’ai dû les remercier. Maintenant, je n’accepte que des dons très spécifiques au compte-gouttes.»

Impliquée

Son désir d’améliorer sa communauté s’est aussi concrétisé par une implication active dans divers comités. «J’ai travaillé à la revitalisation du centre-ville et j’ai siégé 12 ans au comité environnemental de la Ville et à divers conseils d’administration touchant entre autres à la culture et au tourisme. J’ai appris à connaître les commerçants, les organisations communautaires et les élus municipaux. J’aime faire partie intégrante de ma communauté.»

Maria Duval est également mentore à la SADC de Nicolet-Bécancour depuis peu. Un mandat qui consiste à épauler les entrepreneurs en leur offrant une oreille attentive et du soutien. Elle-même a bénéficié de ce soutien offert aux entrepreneurs de la région à deux reprises par le passé. «Ça me permet de redonner au suivant», souligne-t-elle, heureuse de pouvoir désormais aider certains entrepreneurs à y voir plus clair.

Cet article a été rédigé dans le cadre de la campagne «Nicolet-Bécancour résolument durable», initiée par la SADC de Nicolet-Bécancour. L’organisation souhaite mettre en lumière les entreprises du territoire qui portent des initiatives écoresponsables.

 

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