Quand le lien père-mère-enfant se brise

Quand le lien père-mère-enfant se brise

L'aliénation parentale est un abus psychologique et une forme de maltraitance.

Crédit photo : Archives - Denis Germain

FAMILLE. Trop souvent, dans de nombreuses histoires de séparation, ce sont les enfants qui en paient le prix. Parfois même appelés à choisir leur clan, ils en viennent à rejeter un parent.

C’est ce que tente d’éviter Julie (nom fictif) qui vit une situation d’aliénation parentale depuis huit ans. Comme bon nombre de personnes, elle se bat devant les tribunaux pour la garde de ses enfants. Des frais qui peuvent parfois s’élever à quelques dizaines de milliers de dollars par année. La lourdeur du processus judiciaire peut engendrer une dépression.

Des situations qui entraînent de la frustration. En réaction, des parents se servent de l’amour de leur enfant pour les manipuler comme une «arme de vengeance», un «otage», ou un «espion» pour tenter de l’attirer de son côté au détriment de l’autre.

Dans le cas de Julie, une mère de la région qui a accepté de témoigner dans le cadre de notre cahier Portraits de familles, il n’y a toujours pas de rupture de lien, mais beaucoup d’éléments d’aliénation parentale à la maison.

Quand ils allaient chez leur père et qu’ils revenaient à la maison, elle raconte qu’ils étaient désorganisés et tenaient des propos dénigrants. «C’est laid chez vous. C’est un trou où tu vis. On aime mieux chez papa.» Voilà autant d’affirmations sans équivoques que ses enfants lui lançaient. Des propos blessants, à son avis, conditionnés par le discours de son ex-conjoint.

Même s’ils ne vont plus chez lui, elle tient tout de même à ce que ses enfants puissent passer du temps avec papa. Elle demande toutefois à ce qu’il y ait une supervision qui soit faite. Pour le moment, le tout est coordonné par la Maison de la famille de Trois-Rivières.

C’est que le lien de confiance est rompu depuis que son ex s’est fait prendre non pas une, mais deux fois pour une conduite avec les facultés affaiblies alors que les enfants étaient à bord. C’est pourquoi elle tente d’obtenir une supervision permanente d’un tiers, comme un membre de la belle-famille.

Un abus psychologique

Elle refuse toutefois catégoriquement que le lien soit rompu. C’est que la perte d’un lien avec le père ou la mère a des effets dévastateurs pour l’enfant. Les experts reconnaissent d’ailleurs l’aliénation parentale comme un abus psychologique et une forme de maltraitance.

On estime qu’il peut avoir un «effet boomerang» ou agir comme une «bombe à retardement». Pour les enfants pris dans ce genre de situation, on observe notamment des difficultés dans leurs relations intimes, une faible confiance en eux, un déficit dans la gestion de la colère ou des conflits, des troubles du sommeil ou de l’alimentation, de la vulnérabilité, de la dépendance, un problème avec l’autorité, un sentiment de culpabilité et même un plus grand risque de faire une tentative de suicide. Le tout peut aussi affecter leurs performances scolaires ou leurs activités.

Pour le parent, une tristesse innommable peut s’installer après avoir perdu le lien privilégié qu’il avait avec son garçon ou sa fille. Le tout peut se traduire un grand vide, de la haine, de la trahison et de la détresse psychologique, pour ne nommer que ceux-là. Les grands-parents, la belle-famille ou l’entourage sont autant de victimes collatérales qui en souffrent en silence…

Il existe plusieurs façons d’intervenir pour éviter ce genre de crises familiales. On pense ici à une thérapie individuelle ou familiale, de la médiation ou de la guidance. Plusieurs professionnels sont là pour aider à retisser les liens père-mère-enfant, mais il faut bien entendu que chacun y mette du sien.

Des signes d’aliénation parentale

– L’enfant s’allie à un parent préféré

– Il résiste ou refuse sa relation avec l’autre parent sans justification

– Rejet ou dénigrement du parent éloigné

– Critiques persistantes du parent rejeté

– Manque d’ambivalence dans ses sentiments ou ses opinions vis-à-vis le parent éloigné

– Lourde insistance sur sa libre opinion

– Soutien automatique du parent préféré contre l’autre

– Absence de culpabilité de l’enfant concernant l’exploitation du parent rejeté

– Présence dans son discours de scénarios empruntés à l’adulte

– Extension de l’animosité à la famille élargie du parent rejeté

(Source: Benoît Van Dieren, Myriam De Hemptinne et Jean-Louis Renchon)

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1 Commentaire sur "Quand le lien père-mère-enfant se brise"

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Marie-Laurence Roy
Invité
Marie-Laurence Roy

Le regroupement des familles monoparentales et recomposés de Laval est là pour vous soutenir. Également, le Carrefour Aliénation Parentale est une superbe plate-forme d’informations !!!