L’hypothèse de règlement: un copier-coller de la dernière offre de l’employeur

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Par Marie-Ève Veillette
L’hypothèse de règlement: un copier-coller de la dernière offre de l’employeur
Au centre: Clément Masse, président de la section locale 9700 des Métallos (Photo : Marie-Eve Veillette)

LOCK-OUT. Le Syndicat des Métallos dit prendre acte de la réponse favorable de l’employeur à l’hypothèse de règlement déposée la semaine dernière par le ministre Jean Boulet.

Dans un communiqué émis mercredi matin, la direction de l’Aluminerie de Bécancour disait espérer que la partie syndicale considère cette hypothèse de règlement comme «cadre de travail» pour une entente finale.

«On ne travaillera pas avec l’hypothèse du ministre car pour nous, c’est du copier-coller de la dernière offre patronale [qui a été rejetée par nos membres au début du mois de mars]», a déclaré en point de presse le président de la section locale 9700 des Métallos, Clément Masse.

«Le gouvernement de la CAQ a pris position [en faveur de l’employeur] dans le conflit, et c’est un peu ce qui explique ce copier-coller», a-t-il lancé.

Pourtant, des concessions «autant pour la partie patronale que syndicale» figureraient dans cette hypothèse de règlement, selon le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale Jean Boulet, qui parlait même d’un protocole de retour au travail bonifié. «On n’est pas du même avis», s’est limité à commenter Clément Masse.

Le président du syndicat assure que tous les travailleurs en lock-out auront l’occasion de prendre connaissance de l’hypothèse de règlement du ministre. Toutefois, il n’y aura pas vote à ce sujet. «Ce n’est pas dans notre plan de match de convoquer une assemblée [pour un vote] dans les prochains jours ou les prochaines semaines.»

Clément Masse a de nouveau invité la partie patronale à reprendre la négociation. «L’employeur est très au fait de ce qui nous sépare. Il n’a qu’à nous faire un signe. On lui a déjà dit qu’on était disponible pour négocier sept jours sur sept, 24h sur 24.»

Il a également signifié son ouverture à rencontrer le ministre Jean Boulet pour discuter de la suite des choses. «Si le ministre nous convoque, on sera là», a-t-il conclu.

Rappelons que les 1030 travailleurs et travailleuses d’ABI sont en lock-out depuis le 11 janvier 2018.

 

Bon à savoir

Un groupe de plus de 200 manifestants se rendra dans deux semaines à Pittsburgh pour manifester en marge de l’assemblée des actionnaires d’Alcoa, le 8 mai prochain.

 

Chronologie

Les trois conventions collectives chez ABI sont échues depuis le 22 novembre 2017. Le 11 janvier 2018, l’employeur a décrété un lock-out, conformément aux dispositions du Code du travail.

26 octobre 2018 : Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale rencontre le médiateur spécial et le conciliateur au dossier.

29 octobre 2018 : Le ministre rencontre la partie patronale.

1er novembre 2018 : Le ministre rencontre la partie syndicale.

6 novembre 2018 : Le ministre rencontre les hauts dirigeants de l’entreprise à Pittsburgh.

7 novembre 2018 : Le ministre annonce la mise sur pied d’un conseil de médiation pour aider les parties à conclure leur convention collective.

29 novembre 2018 : Le ministre prolonge le mandat du conseil de médiation jusqu’au 21 décembre 2018.

21 décembre 2018 : Fin du mandat du conseil de médiation.

7 janvier 2019 : Le conseil de médiation fait rapport au ministre.

14 janvier 2019 : Le ministre forme un groupe de travail afin de recenser tous les services susceptibles de soutenir les parties dans la résolution de leurs différends. Ce groupe d’experts travaille à partir des objectifs de négociation, qui sont d’accroître la flexibilité opérationnelle, d’améliorer la productivité, d’assurer la stabilité des emplois, d’assurer la pérennité de l’usine et d’améliorer les relations de travail.

21 février 2019 : Le ministre rencontre les parties à Québec et confirme leur volonté d’en arriver à une entente négociée.

4 mars 2019 : L’employeur présente une nouvelle offre définitive au syndicat.

11 mars 2019 : Le Syndicat des Métallos rejette l’offre patronale.

21 mars 2019 : Le syndicat présente une contre-offre.

1er avril 2019 : Le premier ministre et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale rencontrent les deux parties.

3 avril 2019 : La direction de l’Aluminerie de Bécancour rejette à son tour la contre-proposition du syndicat.

17 avril 2019 : Le ministre présente son hypothèse de règlement aux parties.

 

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