Les Treize Lunes pour le mieux vivre ensemble

Par Boris Chassagne | Initiative de journalisme local
Les Treize Lunes pour le mieux vivre ensemble
Coup d’œil sur une répétition. (Photo : Isabelle de Blois)

ODANAK. Lorsque le théâtre permet de désamorcer les préjugés et de comprendre l’autre, il devient alors le vecteur d’idées nouvelles et d’approches inédites. La pièce Les Treize Lunes explore avec pédagogie et au nom de la jeunesse les questions du racisme et de la discrimination.

La pièce produite par le Théâtre Parminou cherche  à développer le sentiment de fierté identitaire chez les autochtones et allochtones de partout au Québec. Elle mise sur la rencontre entre les nations et une meilleure connaissance des uns et des autres.

Les Treize Lunes se présente comme une expérience d’immersion numérique, retransmise simultanément dans deux classes d’écoles primaires par le truchement de la visioconférence. L’œuvre est présentée aux enfants de 8 à 12 ans des classes des 2e, 3e cycles du primaire.

La pièce est portée par les textes de Nicole O’Bomsawin, autrice et militante abénaquise originaire d’Odanak. Nicole O’Bomsawin puise dans son enfance et dans sa vie de grand-mère pour traverser la mémoire de Nokemis et Nmahom, deux grands-parents abénakis. C’est alors que Wanaki, âgé 16 ans, et Natanis, 12 ans, découvrent les coutumes, le mode de vie et les croyances de leurs ancêtres.

«C’est qu’on a été absents de l’histoire du Canada. On est présents au début avec le commerce des fourrures, mais à partir de là, on disparaît. On parle des Algonquins et des Iroquoiens, mais ce n’est jamais au présent» – Nicole O’Bomsawin

Avec Étienne, un ami et complice allochtone de Natanis, les trois compères apprivoisent la différence qui les unit, leur relation avec la nature, les quatre saisons, les treize lunes et le soleil.

« Les Treize Lunes, c’est quelque chose qui faisait image », raconte Mme O’Bomsawin dont l’univers artistique est souvent lié au conte.

À cet âge, les jeunes peu exposés aux réalités autochtones.

« C’est qu’on a été absents de l’histoire du Canada. On est présents au début avec le commerce des fourrures, mais à partir de là, on disparaît. On parle des Algonquins et des Iroquoiens, mais ce n’est jamais au présent. Pour les enfants, c’est comme si on était disparus. Les autochtones vont bien réagir parce que ça se passe dans le présent. Quand je vais dans les écoles, je leur dis que je suis une Algonquienne qui vit aujourd’hui et que je ne suis pas venue en raquettes ou en canot, mais en auto. Je suis obligée de faire ces distinctions », raconte l’autrice.

« Il y a plein de choses à intégrer dans l’éducation. Il y a beaucoup de travail à faire. On connait surtout les autochtones par les conflits ou par ce qui ne va pas. Il était temps de faire autrement. La pièce expose les  richesses et la belle poésie que possède la culture abénakise », précise Jean-François Gascon, metteur en scène des Treize Lunes.

Vingt-cinq représentations virtuelles prennent l’affiche dès les mois de mars et avril dans tout le Québec, de Victoriaville à Puvurnituq, en passant par Jonquière et Odanak.

Et le projet fait déjà des petits. Les Treize Lunes pourrait dès cet été sortir de son cadre originel pour prendre la scène et quitter le virtuel, ajoute Nicole O’Bomsawin.

 

 

 

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