Les grands diffuseurs culturels: attirer ceux qui ne les fréquentent pas

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Par Stéphanie Paradis
Les grands diffuseurs culturels: attirer ceux qui ne les fréquentent pas
La salle du Théâtre Belcourt. (Photo : Marie-Eve Veillette)

MRC DE NICOLET-YAMASKA. Les grands diffuseurs culturels (GDC) de la MRC de Nicolet-Yamaska pourront bénéficier d’une démarche en deux volets visant à leur fournir le soutien dont ils ont besoin pour poursuivre leurs activités avec succès. L’un de ces volets inclut une étude sur les non-publics, soit les gens qui choisissent de ne pas fréquenter certains milieux culturels.

Les grands diffuseurs culturels du territoire sont le Musée des Abénakis, le Musée des cultures du monde, le Centre des arts populaires de Nicolet, le Centre d’Archives régionales Séminaire de Nicolet, la Maison et atelier Rodolphe-Duguay et le Théâtre Belcourt.

La démarche de la MRC de Nicolet-Yamaska est menée de concert avec l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et la première action vient répondre à quatre objectifs précis : contribuer à redresser la situation de crise actuelle; collaborer au maintien d’emplois culturels stables et de qualité; encourager et faciliter le réseautage et la mutualisation; et améliorer les compétences en gestion des directions des GDC.

En second lieu, une étude sur les non-publics des GDC s’amorcera à la mi-mai. Il s’agit de vérifier les raisons pour lesquels les gens ne participent pas aux activités des GDC. L’objectif est d’augmenter et de diversifier la clientèle de ces institutions. L’UQTR a d’ailleurs développé une compétence de ce type d’intervention puisqu’en début d’année, les résultats positifs d’un travail similaire exécuté en Mauricie ont été présentés. «On connait notre clientèle, mais on ne connait pas celle qui ne vient pas. À voir ce qui a été fait sur la rive nord, on est très enthousiaste de voir les résultats», a affirmé Alexandra Carignan, directrice du Théâtre Belcourt.

«On sait que le développement des publics et la fréquentation des lieux culturels sont un enjeu important du milieu, et ça ne date pas d’hier», a affirmé Marie-Claude Lapointe, professeure à l’UQTR. Ainsi, dans les prochains mois, des gens des non-publics seront rencontrés afin d’identifier les raisons de leur absence de ces lieux culturels. Ce seront des non-publics spécifiques à chaque diffuseur afin que chaque institution reçoive des recommandations propres à elle.

«L’équipe du développement économique de la MRC s’intéresse depuis plusieurs années à la situation des grands diffuseurs culturels du territoire. Nous avons commencé une démarche de soutien pour les GDC dès 2015 et nous avons profité de nos ententes de développement culturel avec le ministère de la Culture et des Communications pour y insérer des projets que nous réalisons en collaboration avec l’UQTR», a déclaré la préfète, Geneviève Dubois.

Bien avant la pandémie, la situation de ces entreprises était fragile : problèmes de financement réguliers et de gestion financière; absence d’outils ou de stratégies de développement sur le moyen long terme; documents ou enlignements obsolètes, ainsi qu’un roulement du personnel fréquent et des difficultés à recruter. On ajoute maintenant à cette situation, la pandémie et ses effets.

Ces actions s’inscrivent dans le cadre de l’entente de développement culturel avec le ministère de la Culture et des Communications (MCC). Pour ces actions, la participation totale de la MRC se chiffre à 52 000 $ calculée sur une période de quatre ans (2020 à 2023). On y ajoute le soutien financier du MCC de 122 000 $, soit un investissement de 30 500 $ par année.

Des actions déjà entreprises

Entre 2017 et 2019, la MRC a mis en place quelques actions de soutien ou de facilitation : soutien financier et technique pour des projets divers par ses fonds d’économie sociale, formation d’un comité des GDC, participation financière à la réalisation de diagnostics organisationnels, rencontres de réseautage ou de planification des actions, banque de temps de professionnels et participation à un PICOM avec l’UQTR.

Cela a permis aux GDC participants d’apporter des modifications à leurs structures ou d’adapter certains aspects de leurs pratiques. Par exemple, le Théâtre Belcourt s’est appuyé sur les recommandations inscrites dans son diagnostic organisationnel pour, entre autres, mettre en place le processus de relève de son équipe de direction (formation d’un comité ad hoc, révision des rôles et responsabilités, etc.) puis il a profité de la banque de temps pour offrir une formation en gestion de salles de spectacles à sa nouvelle directrice générale.

Le Musée des cultures du monde, quant à lui, s’est davantage intéressé à la dimension marketing de son institution, poussant plus avant sa démarche de changement de nom et d’orientations notamment par un recours à du soutien financier offert par la MRC et par l’utilisation de la banque de temps pour bâtir sa nouvelle signature graphique.

Quant à la Maison et Atelier Rodolphe-Duguay, elle a stabilisé son mode de direction et travaille actuellement à l’actualisation de sa planification stratégique, comme recommandé dans son diagnostic organisationnel.

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